22 janvier 2010
Session extraordinaire à l’Assemblée nationale: Vers l’abrogation de la Lépi le 04 février
Les députés de l’Alliance ‘’Union fait la nation’’ demandent l’abrogation de la loi sur la Lepi. A cet effet, ils ont introduit le mercredi 20 janvier 2010 une requête au cabinet du président de l’Assemblée nationale en vue d’un vote en procédure d’urgence pour en finir une fois pour toutes avec tout le processus entrant dans la réalisation de la Lepi. Ci-jointe la liste des députés signataires.
Le mouvement en vue de l’abrogation de la loi 2009-10 du 13 mai 2009 portant organisation du Recensement électoral national approfondi (Rena) et de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi) entre désormais dans sa phase active. Il sera adopté en février prochain. Alors que le gouvernement se bat des pieds et des mains pour doter le pays d’un fichier électoral en perspective des joutes électorales de 2011 contrairement aux vœux de l’Alliance ‘’Union fait la nation’’, 44 députés toutes tendances confondues demandent une session extraordinaire pour le jeudi 04 février prochain pour voter contre la Lepi. L ’opposition a décidé de passer à la vitesse supérieure parce que l’ambiance de travail devenue très tendue depuis quelques jours et l’impossible entente entre le président de la Cps-Lepi Epiphane Quenum et ses collègues. Ils se sont retrouvés trois fois cette semaine sans avoir trouvé un terrain d’entente. Et à la sortie de la séance du mercredi passé, les députés de l’opposition ont pris leur destin en main. Et selon certaines indiscrétions, leur dossier pourrait passer en procédure d’urgence. Avec la bénédiction et surtout l’appui de bien d’autres de parlementaires de la mouvance présidentielle en instance de s’affranchir du dictat du président Yayi Boni. Et une forte pression serait en train d’être exercée sur le professeur Mathurin Coffi Nago pour l’obliger à accélérer le processus de la convocation de cette session extraordinaire. Selon les mêmes sources, c’est déjà le début d’une très longue crise autour de la Lepi dans le pays. Parce que le gouvernement qui vient de débloquer plusieurs millions dans le cadre de la réalisation de cette Lepi, n’entend pas reculer face à une opposition très organisée et suffisamment aguerrie pour tenir tête au président Yayi Boni à partir, dit-on, de janvier 2010 jusqu’aux échéances électorales pour les législatives et présidentielles de l’année prochaine. C’est pourquoi les services de l’Assemblée nationale ont vite fait de tenir informé le président Mathurin Coffi Nago de cette demande de convocation d’une session extraordinaire pour se pencher sur l’abrogation de la Lepi. Un coup de fil serait envoyé à l’instant même pour lui faire part de la volonté de ces députés d’en finir avec les activités liées à la réalisation de la Lepi. Avec la liste exhaustive des signataires de la requête.
De nouveaux mouvanciers adhérents au front anti Yayi Boni
De nouveaux parlementaires de la mouvance présidentielle commencent par tourner dos au président Yayi Boni. Alors que c’est seulement le cas des députés Edgar Alia, Janvier Yahouédéou, Eloi Aho, Luc da Matha Sant’Anna des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui était en sujet à réflexion dans cette mouvance en crise, on soupçonne déjà d’autres anciens grands ténors du Changement qui se préparent à agir à visage découvert. Certains d’entre eux seraient en discussion avec le président de la Banque ouest africaine de développement (Boad) dont la candidature pour les présidentielles de 2011 se confirme au fil des jours. Sans signer cette demande de convocation d’une session extraordinaire pour faire abroger la loi sur la Lepi , ils soutiennent le mouvement en cours et s’organisent dans les coulisses pour atteindre leurs objectifs. En dehors de ce beau monde qui a joué au cache-cache, leurs collègues Justin Agbodjeté et Isidore Gnonlonfoun et la parlementaire Justine Chodaton de la Renaissance du Bénin ont toutefois accepté de signer le document qui fait déjà très peur aux proches du chef de l’Etat à l’Assemblée nationale.
L’opposition ratisse large
Il paraît que la demande de convocation de cette session extraordinaire a déclenché une panique générale au Palais de la Marina où on ne sait plus où mettre la tête. La crise a été renforcée par les conclusions de la dernière séance de concertation des ténors de l’opposition non déclarée au domicile du président Nicéphore Dieudonné Soglo. Les groupes Séverin Adjovi et Kamarou Fassassi viennent d’intégrer l’union qui, apprend-on de bonnes sources, va en s’agrandissant. Car, d’importantes personnalités de l’entourage du chef de l’Etat ne tarderont pas à l’abandonner. Elles attendent seulement le remaniement ministériel pour jeter l’éponge pour prêter main forte à l’opposition qui a désormais le vent en poupe et a programmé ses actions. Après Séverin Adjovi et Kamarou Fassassi, ce sera le tour des responsables des autres petites formations politiques qui ne soutiennent pas les actes du Changement. Il semble aussi que c’est la capacité des ténors de l’alliance ‘’Union fait la nation’’ à ratisser large, son influence sur certains et la tendance d’un groupe de ne pas accéder à la pression qui déchirent actuellement le Front d’action pour le renouveau démocratique (Fard-Alafia).
Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)
Source: LEMATINAL
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