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07/10/2010 

Tout le monde sauf Agapit…

 

Ce que pense la mouvance Yayi des journalistes est de notoriété publique : des relais des mercenaires en intelligence avec des rébellions armées dans la sous région ; des complices du projet d’assassinat du chef de l’Etat ; des suppôts des trafiquants d’armes de guerre ; des amplificateurs d’intoxication et de mensonges sur le compte du bien-aimé-docteur-président-travailleur. Confère la déclaration solennelle du député Benoit Dègla à la tribune du palais des gouverneurs le 27 septembre 2010 confirmé en conseil des ministres trois jours plus tard. Mais comment ne pas se sentir violer, flouer, abuser lorsque quelqu’un qui a abondamment profité de ces mêmes journalistes dans sa quête de visibilité émergente nous fasse la lecture expliquée de cette paranoïa d’Etat ? On concède à Agapit Napoléon Maforikan de passer de l’autre côté de la palissade en tronquant la plume contre la partisannerie. Il aurait pu tout simplement nous demander de crier avec lui à tue-tête qu’il soutient Yayi. Nous l’aurions accompagné très certainement et gracieusement à travers nos colonnes. Un griotisme que d’autres ont essayé avant lui avec beaucoup de succès : Gbêgnonvi, Davo, Azannaï, Hountondji, Houédjissin et consorts. Nous avions eu la naïveté de croire qu’aucun des nôtres n’oseraient livrer ses vieux compagnons en pâture comme cela se fait dans l’arène politique. Agapit sait en effet ce que pensent ses anciens comparses du conseil des ministres dont il se propose de faire l’apologie. Il ne peut pas ne pas avoir pris connaissance des réactions des associations de professionnelles des médias qu’il a contribué à mettre en place et qui lui ont offert la rampe de lancement de sa prometteuse nouvelle carrière politique. Passons !

  

Revenons à notre péché supposé déclencheur de l’ire de notre ancien confrère : les échos donnés à des déclarations faites à l’Assemblée nationale. Sait-il seulement que ces propos en question ont été tenus dans le cadre des travaux parlementaires, publiés au journal officiel tant que le président de séance n’en a pas censuré des passages. Que nos organes se refusent de les relayer ne leur enlève pas leur caractère officiel et solennel. Je ne connais pas la déontologie qui nous interdit de présenter l’image réelle de nos institutions ou de leur en fabriquer de plus comestibles pour des supporteurs de Yayi comme l’ancien écrivaillon. Par contre, s’il faisait une lecture croisée des différentes déclarations sans trop se coller à sa confiance « aveugle » à Yayi, il verrait que Rosine Soglo a étayé ses propos avec des appels à de témoins aussi prestigieux que des membres du gouvernement et un ancien président de la République. Son camarade de parti Epiphane Quenum a évoqué des actes graves impliquant le ministre de la justice et deux anciens ministres en froid avec le régime. En face, le député qui défend Yayi a parlé de mercenaires, de rébellions armées, de trafic d’armes de guerre et de projet d’assassinat du chef de l’Etat sans aucune référence vérifiable. Notre rôle n’est pas de fabriquer le Bénin modèle mais de relayer le Bénin réel.

 

Et Agapit de se faire prédicateur dans un style que beaucoup même parmi ses fameux amis ne lui connaissaient pas : « Mon souhait c’est que chacun fasse son analyse de conscience et évalue son degré d’amour pour ce pays ». L’amour du pays, il l’a sans doute aperçu dans l’attitude de son champion lorsque celui-ci s’entichait publiquement sur le perron de la Marina en compagnie de gens qui volaient, pillaient et recelaient l’épargne des ménages déjà très fragiles. De l’amour pour la patrie dans cette manie d’aller effaroucher une brave vieille dame à son domicile avec la promesse de « cogner les députés » et de mettre le pays « à feu et à sang ». La conscience d’Agapit peut l’autoriser à conforter le régime dans son dessein à peine voilé de faire de certains journalistes une cible de choix en conseil des ministres. Mais, moi, je ne l’autorise pas à me faire une leçon juste parce qu’il aurait suivi une formation sur la presse incendiaire à Dakar.

 

La morale et l’éthique d’un émergent ???

 

arimi choubadé http://arimi.freehostia.com



 
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Tag(s) : #EDITORIAL
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