Un: peuvent-ils s’entendre ?
22 janvier 2010 par La Presse du Jour
L’Alliance » Union fait la Nation » » UN « a tenu un conclave chez les responsables de la Renaissance du Bénin. Le compte rendu de la séance est éloquent : « Des projets de textes déjà élaborés seront soumis à la ‘Convention Nationale ‘ qui est prévue pour les 30 et 31 janvier 2010. La procédure de désignation du candidat unique, le rapport de concession sur les listes pour les législatives, le projet de société que défendra le candidat consensuel, l’adhésion de plusieurs formations politiques…ce sont des sujets inscrits à l’ordre de la convention « .
L’UN avance à grands pas, méthodiquement, patiemment et avec une certaine cohérence qui oblige le chroniqueur à redoubler d’attention à ce regroupement. La question cruciale est celle-ci : » Pourront-ils y arriver ? « .
Tous les observateurs de la vie politique retiennent leur souffle. Les plus sceptiques qui s’accrochent à l’histoire récente de la politique dahoméenne et béninoise n’y trouvent qu’un marché élégant de dupe. Les plus optimistes ayant un regard fortement teinté de la théorie de l’évolution des mœurs politiques parlent plutôt de révolution politique en douceur.
La méthodologie adoptée par les parties de l’alliance ‘UN’ rassure du point de vue théorique. Il y a comme un séisme de grande amplitude qui voudrait s’opérer dans les mois à venir. Si l’alliance » UN » parvient à réaliser l’exploit d’une candidature unique, la politique béninoise prendra un autre visage et le regroupement des partis se fera tout naturellement. Pas besoin donc de l’inscrire dans la constitution. Une nouvelle coutume s’installera dans le pays quant au mode de désignation de nos chefs. Par un effet d’entraînement, le militantisme va jaillir à nouveau. Notre jeunesse aura à faire un choix de formation politique entre trois grands pôles d’action publique. Ce serait une évolution inestimable. Notre pays pourrait entrer ainsi dans l’ère des nations qui voudraient réellement émerger. Nos politiques sortiront ainsi de l’âge de la pacotille pour l’âge d’or dont l’avènement n’a fait que trop durer.
En cinquante (50) ans d’indépendance, la pagaille politique qui s’observe sur l’échiquier est assez significative de l’impréparation de nos leaders à assumer un destin collectif pour la nation. Et si le phénomène du grand regroupement s’opère en cette année de l’an 50 de l’indépendance qu’il n’aurait pas fallu avoir, ce serait le début du commencement de l’indépendance, sinon du réveil d’un peuple capable de surgir et d’agir. Le doute s’empare de plusieurs politologues. Le chroniqueur s’en démarque. Il est un impératif que nous ayons de grands ensembles. Dans un de mes livres de chevet, Sans tam-tam d’Henri Lopes, je garde un souvenir lointain de ces réflexions de Gatsé : » …Et ce n’est pas à toi, grand lecteur de Lénine, que j’aurai l’impudence de rappeler, que les bouleversements les plus profonds de l’histoire ne se font pas seulement quand les ’situations objectives sont mûres « , mais surtout quand » la prise de conscience » est profonde et généralisée. »
Si les leaders du G4 veulent seulement régler un compte à Boni Yayi, ils auraient eu tort. Une telle initiative serait vouée à des déboires parce qu’elle n’aurait pas intégré une pensée positive d’avenir. Voilà pourquoi, les alliances en construction doivent dégager un horizon futuriste sans lequel, il n’ y a pas d’espérance. Il est souhaitable de ne pas gripper la dialectique.
Herbert Houngnibo
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)