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BENIN: Un second tour Houngbédji - Boni Yayi-Aboumon inévitable

 

  

Écrit par Jean DOSSOU

  

  

Les grandes tendances de l’élection sont connues. On attend la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle pour être définitivement fixés. Mais les Béninois savent déjà que le choix se fera entre deux hommes : Adrien Houngbédji et Boni Yayi. Comme en 2006. Mais cette fois-ci dans un schéma qui semble à l’opposé de celui de 2006 et qui a permis à l’actuel président de l’emporter sans trop se gêner. Aujourd’hui, les réalités sont autres puisque c’est vers Me Houngbédji que semblent converger tous les soutiens de l’entre deux tours.

  

L’histoire va-t-elle se répéter ? Oui, par rapport aux deux candidats qui auront à s’affronter pour le second tour de la présidentielle qui se tiendra dans quelques jours. Il est en effet presque sûr que le K.o annoncé par les uns et les autres, même après l’annonce des premières tendances, relève d’une stratégie de déstabilisation psychologique de l’adversaire qu’autre chose. Il y aura un second tour pour départager Houngbédji et Yayi Boni, les deux candidats arrivés en tête. Maintenant pour ce qui concerne l’issue de ce deuxième round fatidique, il faut dire d’emblée qu’on est en face d’un autre schéma. Un schéma qui semble offrir plus de chance que jamais au candidat unique de l’Union fait la Nation. Il y a en effet bien des éléments aujourd’hui qui devraient permettre au candidat malheureux de 2001 et de 2006 de prendre sa revanche sur l’histoire et surtout sur celui qui s’est mis au travers de son ambition présidentielle, avec le soutien de l’ensemble des forces politiques du pays.

Aujourd’hui la situation est autre et semble plutôt à son avantage puisque c’est autour de lui que s’est refait un nouveau consensus pour, dit-on, permettre au pays d’« avancer maintenant ». Un consensus dont on a espéré qu’il allait permettre au candidat de se défaire de celui-là même qui s’est considéré comme un intrus entré dans la maison, dès le premier tour de l’élection présidentielle, tant l’engouement et l’enthousiasme qui ont accompagné cette union retrouvée de forces opposées par le passé étaient forts. Mais c’était vendre la peau du loup avant de l’avoir tué. C’était compter sans l’effet « pouvoir » (et tout ce qu’il induit) dont profite nécessairement tout chef d’Etat en fonction et candidat à sa propre succession. Quelles que soient les conditions qui ont favorisé ou conduit à ce résultat le constat est là que ce sont les deux candidats qui se dégagent du lot, comme sérieux prétendants au fauteuil de la Marina, avec diverses fortunes.

 

  

L’effet « Un » et les reports de voix

 

Passé l’euphorie des larges victoires ou du K.o annoncés, il faut analyser la tête froide les premières tendances pour des projections sérieuses par rapport au second tour. Dans cet ordre d’idées, la première chose à relever est que les deux candidats se marquent à la culotte même si chacun d’eux a pris soin de marquer son territoire. Deuxième chose, ils ont tous les deux amélioré leurs performances, faisant des scores qui dépassent ceux de 2006. En dehors de l’Ouémé-Plateau où il a confirmé sa suprématie, le candidat de l’Union fait la Nation a eu de très bons chiffres, notamment dans le Zou, le Couffo, Banikoara, Parakou, etc. Il a confirmé également sa mainmise sur Akpakpa et partage le reste du Littoral et l’Atlantique avec Boni Yayi. Ce n’était pas acquis d’avance, au regard des difficultés qui ont jalonné le processus et qui étaient de nature à handicaper sérieusement le candidat de l’Union fait la nation. On sait que c’est dans un sursaut patriotique, que Me Houngbédji qui voulait encore d’un report pour de meilleures conditions d’organisation du scrutin, a appelé ses militants à aller aux urnes. C’est dire que le candidat de l’Un a encore une marge de progression par rapport au second tour. L’Un n’a pas encore véritablement craché du feu comme beaucoup l’attendaient. On sait que ces ténors ont passé le clair de leur temps à se battre pour un scrutin juste et équitable, notamment avec la Liste électorale. Maintenant que les jeux sont faits et qu’ils ont décidé d’aller au combat, ils n’ont rien d’autre à faire que d’aller à la reconquête de leur électorat pour ce second tour. Il en est ainsi de la Rb, du Prd, de Force Clé, du Madep et de toutes les autres forces politiques qui jetteront tout ce qui leur reste dans cette bataille qui est par ailleurs, pour beaucoup d’entre elles, celle de leur survie politique. Quand à cela on ajoutera les reports de voix, dont certains ne peuvent aller ailleurs que vers Me Houngbédji qui reste le porte-étendard de l’opposition pour ce second tour, on peut dire qu’on est vraiment loin du schéma de 2006 où le leader du Prd s’était retrouvé seul contre tous face à un Boni Yayi qui a bénéficié par ailleurs de la soif de changement qui tenait les Béninois. Un changement qui a été à l’épreuve du pouvoir et qui a fait des heureux mais aussi beaucoup de déçus et de mécontents. Et cela risque d’être décisif pour le second tour.

 

 

 

Jean DOSSOU

Quotidien Le Matin

 

 

 



 
 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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