Sur initiative de l’ancien président de la République, Emile Derlin Zinsou, soutenu par les anciens présidents, Nicéphore Dieudonné Soglo et Mathieu Kérékou, les candidats à l’élection présidentielle de 2011 ou leurs représentants et les présidents des institutions de la République ou leurs représentants ont pris part, hier mardi 22 février 2011 au Chant d’Oiseau, à une discussion autour de la liste électorale permanente informatisée devant servir au prochain scrutin présidentiel. Après plusieurs heures d’échanges, un comité de travail a été mis en place pour statuer sur cinq propositions faites et devant parfaire la Lépi ou aller à une solution alternative.
La Liste électorale permanente informatisée (Lépi) à l’épreuve de cinq propositions. Cinq propositions soit pour la parfaire, soit pour la remplacer par une autre liste. En effet, de la discussion entre la classe politique hier au Chant d’Oiseau, il est sorti cinq propositions allant dans le sens de trouver un consensus autour de la liste qui sera utilisée pour le scrutin présidentiel de 2011. La première proposition, celle du président-maire Nicéphore Dieudonné Soglo, consiste à rassembler dans des lieux publics, les populations de chaque ville, de quartier ou de village, les chefs quartiers, les conseillers municipaux, les députés de la localité pour asseoir une liste de ladite localité sous le contrôle de tout le monde. Cette recette a marché ailleurs, notamment en Inde et pourquoi pas au Bénin, s’est demandé celui qui l’a proposée. La deuxième proposition vient de l’Union fait la Nation. Elle demande à ce que la liste ayant servi aux élections communales et municipales de 2008 soit récupérée et qu’on y ajoute ceux qui ont pu avoir l’âge de vote, c’est-à-dire 18 ans, entre 2008 et 2011 pour constituer la liste qui sera utilisée pour le scrutin présidentiel prochain. Pour le candidat de l’Union fait la Nation, Adrien Houngbédji, c’est l’une des listes les plus fiables obtenues depuis 2006. Ces élections municipales et communales ont fait objet d’une surveillance de tout le monde. La troisième proposition est relative à l’expertise internationale de la Lépi. Quant à la quatrième proposition, elle suggère l’expertise de la Lépi par les partis politiques. Enfin, il est proposé qu’un téléphone vert soit installé afin que les exclus de la Lépi actuelle soient intégrés dans la liste afin de voter.
Course contre la montre
Les cinq propositions ayant été acceptées par l’assemblée d’hier, les participants à la réunion «Zinsou» ont mis en place un comité de travail pour les étudier et voir dans quelle mesure elles ou l’une d’elles pourrait être prise en compte pour avoir le consensus national. Alors, le comité a 24 heures pour travailler et rendre compte demain à la classe politique, les mêmes qui étaient à la réunion d’hier. Ce comité est composé de Me Raphaël Ahouandogbo, représentant du candidat Issa Salifou, Antoine Idji Kolawolé de l’Union fait la Nation, André Dassoundo de Abt 2011, le ministre Zachari Baba Bodi représentant le gouvernement, Chabi Sika, représentant du candidat Boni Yayi et Arifari Bako, le président de la Cps/Lépi. Au sujet du respect ou non de la date du 6 avril 2011, le président Nicéphore Dieudonné Soglo a fait savoir que ce sont les hommes qui font les lois et qui les respectent. «Si le destin d’une nation passe par un compromis, il faut le faire et revoir donc les dispositions prises par la loi », a-t-il ajouté. Ce que semble ne pas accepter le représentant du gouvernement à la réunion. Car, pour le ministre Zachari Baba Bodi, toute discussion autour de l’organisation du scrutin présidentiel de 2011 doit s’ouvrir et se refermer sur le respect de la Constitution. Même s’il reconnait que l’initiative du président Emile Derlin Zinsou est heureuse. Idem pour le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Pour Joseph Gnonlonfoun, la Cour a décidé que c’est la Lépi qui sera utilisée pour l’élection présidentielle de 2011. «Nous travaillons encore sur la Lépi qui nous a été transmise. Nous avons fait venir deux experts de la Cps/Lépi qui nous expliquent les dispositions techniques de la mise en place de la Lépi. Donc, je n’aurai pas de raison de dire maintenant que la Lépi ne sera pas utilisée pour le scrutin présidentiel de 2011». Alors, les regards sont désormais tournés vers les résultats du travail du comité mis en place. Le comité de tous les espoirs. Et pour le président Zinsou, initiateur de la réunion, c’est une concertation qui est engagée face à la situation conflictuelle actuelle autour de la Lépi. L’objectif de la démarche, a-t-il dit, est que l’on puisse travailler pour maintenir la paix car, le Bénin a été hissé à une grande échelle de la démocratie que lui seul a réussi et qui a rehaussé son image partout. Après l’élection, il faut que le Bénin garde son statut de pays de paix où il fait bon vivre, a voulu le président Zinsou.
Jean-Marie Sèdolo
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