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BENIN: Vos tombes seront profanées !

 

 

22 février 2011 par richard 

  

 

Le Bénin peut-il encore échapper à la spirale de la violence sous-régionale ? A l’appel de l’évêque Ganyé, encore crédible puisque n’ayant pas encore marché, plusieurs candidats ont répondu. Ils étaient, pour l’essentiel, à l’Eglise au temple de Dieu. C’est Jésus-Christ, dans l’au-delà, qui a dû sourire en voyant le cœur de ces hommes politiques aussi noir que le charbon d’une forêt classée. Les prédateurs de la paix sont allés à l’autel de Dieu. Ils ont souillé le temple, m’a dit un Béninois vivant à Lyon, activiste juriste bon teint. Il n’a pas tort. La plupart d’entre eux ne croient plus au confessionnal. Ils pêchent allègrement, volent, c’est-à-dire soustraient frauduleusement des choses appartenant à autrui, le peuple. Chaque jour, ils complotent contre l’Etat, tournent dos à l’esprit de la conférence nationale, refusent de partager ce qui appartient à tous. Le comble, il y en a en qui ont pris la communion. Jésus-Christ, là, carrément est tombé en syncope dans l’au-delà que personne d’entre nous ne voit.

Quand l’évêque a prononcé,  » Donnez-vous la paix « , ils se sont serré les mains. Ces mains là, il y en a qui sont gantées de sang. Des mains qui ont tué ont serré des mains immaculées pour faire croire aux mortels d’ici qu’ils sont dans le corps du christ. Dans l’assemblée, quelque part, l’âme de Dangnivo planait. Oui, Urbain Pierre Dangnivo, tel l’œil de Caen, les poursuit ; cet œil de la conscience voudrait se faire vengeance. Le corps périt mais l’âme subsiste. Birago Diop, poète émérite, nous instruit que  » les morts ne sont pas morts. Ils sont dans l’air, dans l’eau qui coule… « . Africain authentique, moulu dans la culture africaine est donc présent, partout où ses assassins se retrouvent. Dans ce temple de Dieu, les malfrats bien habillés, meurtriers économiques et politiques, au visage de républicain, ont prié pour la sauvegarde des finances volées, de l’épargne des pauvres usurpée dans Icc-services. Ces gens-là, l’ennui majeur de notre démocratie, ont dit avoir célébré l’anniversaire de la conférence nationale alors que le renouveau démocratique à laquelle ils sont redevables n’a pas permis à plus d’un de se faire enrôler, d’avoir une carte d’électeur.

C’est un anniversaire triste parce que célébré avec une Cour Constitutionnelle qui expose son indifférence au cri de raison d’autres acteurs. Le refus de dialogue conduit sur les chemins de la violence. Aujourd’hui, on sait, avec la vérité de l’histoire, que la Conférence nationale n’a été une réussite que grâce à Mathieu Kérékou. Lorsque le régime révolutionnaire battait de l’aile, Mathieu Kérékou, humble, a accepté d’écouter le peuple qui lui lançait des pierres. Il s’est refugié dans une église, a médité quelque instant avec sa conscience et a demandé à Pancras Brathier de ne pas tirer sur les innocents. Il a accepté l’organisation d’une conférence nationale qui n’est pas l’œuvre exclusive de Robert Dossou. Loin et loin s’en faut. Ce n’est pas l’actuel Président de la Cour Constitutionnelle qui a demandé à Mathieu Kérékou d’accepter la souveraineté de la Conférence nationale. Ce n’est pas lui qui a demandé à Mathieu Kérékou d’accepter les résolutions de la conférence et de les mettre en application sans réserve. Nul n’a le droit de falsifier l’histoire sur un plateau de télévision. Le turpitude historique, le refus d’entendre la raison raisonnante, conduisent à boucher les oreilles pour ne pas entendre le cri de détresse des populations. In fine, la messe ecclésiastique pour la paix n’a servi à rien puisque les vrais acteurs n’étaient pas présents.

 

On peut le dire, si l’édifice de vingt (20) ans s’écroule, les acteurs impliqués dans le processus électoral bâclé porteront jusqu’à la 21ième génération, l’entière responsabilité. Seront-ils fiers dans leur tombe si celle-ci arrivait à être profanée pour complicité de destruction du renouveau démocratique ? Il appartient aux acteurs de répondre clairement à la question. Refuser de tomber dans ces travers, c’est accepter de résoudre la crise politique par un investissement personnel appréciable au lieu de clamer sa notoriété internationale.

H-Tauyé

 

 
 
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Tag(s) : #EDITORIAL
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