11 juin 2010 par richard
Le président Fagbohoun a reçu à son domicile hier une forte délégation de têtes couronnées, notamment tous les rois yoruba. Envoyés par le Président Boni Yayi, ils étaient allés solliciter le pardon du N°1 du Madep pour toute la misère que le gouvernement du Changement lui a faite depuis avril 2006.
Une démarche plutôt surprenante quand on sait que, dans le même temps, on continue de donner des coups mortels dans le dos de celui à qui on demande pardon.
Décidément le président Boni ne recule devant rien pour faire la paix avec des gens à qui il a fait mal et qui l’attendent au carrefour de 2011 pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Le président Fagbohoun fait partie de ces gens-là. Aussi est-il depuis quelque temps l’objet de toutes les attentions de la part du chef de l’Etat et de ses hommes. On ne compte plus le nombre de fois où des démarches de réconciliation ont été initiées à son endroit. La visite que l’homme a reçue à son domicile à Adja Ouèrè dans l’après-midi d’hier s’inscrit dans cette logique. Et cette fois-ci, le chef de l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens. Il a fait carrément appel à ce qu’il de plus important en terme d’autorité et de poids au niveau du terroir yoruba. Des rois envoyés en mission de bons offices. La finalité, faire plier le « coq » d’Adja Ouèrè. Une mission bien difficile quand on sait à quel point sont montés les rancoeurs que nourrit l’homme à l’égard du pouvoir dit du changement mais qui ne lui aura en terme de changement que la descente aux enfers. Séfou Fagbohoun a bien des raisons d’en vouloir à Boni Yayi dont les péchés à son endroit sont nombreux: humiliation, spoliation, prison…On comprend dès lors la complexité de la mission confiée aux têtes couronnées devenues les émissaires du Chef de l’Etat. L’autre chose qu’il faut ajouter et qui rend la démarche peu compréhensible est l’attitude du pouvoir vis-à-vis de l’homme. Une attitude qui laisse des doutes sur la sincérité de la démarche. N’est-ce pas là une initiative en trompe-l’œil pour se donner bonne conscience ou juste pour atteindre un objectif alors que c’est autre chose qu’on a dans son cœur ? On peut le dire, quand on sait que, jusqu’à ce jour, le président Fagbohoun continue d’être malmené, en tout cas dans ses intérêts. On continue de lui donner des coups, sans doute pour l’affaiblir et le mettre hors d’état de nuire. Bizarre, n’est-ce pas ? N’est-ce pas parce qu’il n’y a pas réussi que Boni Yayi est obligé, une fois encore, de choisir la voie de la réconciliation. Dans l’un et l’autre des cas, tout laisse croire que les carottes sont cuites et qu’aucune réconciliation n’est envisageable maintenant. Et, là-dessus, Boni Yayi ne peut que s’en prendre à lui-même. Demander pardon quand on se rend compte qu’on a fait injustement mal est une bonne chose. C’est une démarche plutôt noble et empreinte d’une grande humilité quand elle est menée avec sincérité. Malheureusement, il n’en est pas ainsi dans le cas d’espèce. Et c’est bien dommage.
Euloge Badou
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