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12/12/2010

 

Bilan du régime du change-menteur au Bénin: Une pile de promesses non tenues, un ramassis d’éléphants blancs

 

 

Scandales à répétition, innombrables promesses non tenues, éléphants blancs à foison sont les qualificatifs qui collent le mieux à l’image du changement. Thomas Boni Yayi a déjoué tous les pronostics et a battu tous les records d’une gestion décriée. Les finances publiques se portent mal. Aucun secteur pratiquement au Bénin n’a été épargné des promesses non tenues et aucun département n’a échappé aux éléphants blancs.

 

Changement rime désormais avec promesses non tenues. Ça, tous les Béninois le savent désormais. Même les sbires du régime qui semblent s’accrocher au bateau en naufrage ne peuvent contester cette rime parfaite. Ainsi, il fut un moment où les poses des premières étaient devenues si fréquentes qu’on se demandait si chaque rue du pays n’allait pas finir par avoir sa pose de première pierre. Les marches de soutien s’organisaient à longueur de semaine (les week-ends en particulier) et les préfets de département étaient de service samedi comme dimanche. Les Béninois y ont cru à un moment donné. Seulement, aujourd’hui, les pierres posées n’avaient plus de suite. Certaines poses de première pierre se sont limitées à la pose. Les villes chanceuses ont obtenu les premiers coups de pelle. Et c’en est fini. Il est judicieux, avant toute appréciation, de revisiter les promesses du Chef de l’Etat à l’état brut. Les plus importantes de ces promesses ont les suivantes : élévation du taux de croissance de l’économie béninoise à un niveau à deux chiffres ; vente du carburant au même prix qu’à la pompe au Nigéria ; lutte implacable contre la corruption (illustrée par la « marche verte ») ; accroissement de 400 000 à 600 000 tonnes de la production du coton ; gouvernance concertée avec la classe politique, la société civile et les autres acteurs sociaux ; assainissement des finances publiques ; sauvegarde de la liberté et de l’indépendance de la presse. A ce jour, malheureusement, trop peu parmi ces promesses ont été véritablement tenues. A tout ceci s’est ajouté le cycle infernal de fêtes de l’accession de notre pays à l’indépendance.

 

Changement et fêtes d’indépendance tournantes.

 

 

D’abord, on a voulu jouer avec la mémoire des populations béninoises en faisant croire que c’était la première fois que les fêtes du 1er aout suivent un mouvement rotatoire. Archifaux, a répondu Pierre OSHO, quand l’occasion lui en a été donnée. Sous le Parti de la révolution populaire du Bénin (PRPB), elles l’étaient aussi, a tenu à rappeler l’ancien ministre du général Mathieu Kérékou.

 

De plus, monts et merveilles avaient été promis aux communes qui devaient abriter les différentes fêtes. Cotonou en 2006, Abomey en 2007, Parakou en 2008, Lokossa en 2009, et Porto Novo en 2010. Ainsi s’est établie la chronologie pour la célébration en mouvement rotatoire de la fête de l’indépendance. Mais c’est la désolation totale au sein des communes, juste après les fêtes. Le constat a été le même à tous les niveaux. Retard dans l’exécution des travaux et précipitations de dernière minute, comité de suivi et descentes répétées des ministres et du Chef de l’Etat quelques jours seulement avant la fête. Mais toujours, les résultats ont été les mêmes voire pires d’année en année. A ce jour, Abomey, Parakou, surtout Lokossa et Porto-Novo traînent encore les séquelles de la mauvaise organisation de la fête de l’indépendance, qui devrait pourtant être objet de fierté. Avec l’éclatement du scandale Séricom Guinée, on se demande si d’autres chantiers, sauf ceux financés par la Banque ouest africaine de développement (BOAD) n’ont pas été réalisés à crédit ! Aujourd’hui, c’est la honte nationale avec l’abandon de la construction du Boulevard du cinquantenaire par l’entreprise Séricom Guinée. Motif : l’entreprise Séricom-Guinée a fonctionné sur fonds propres pour réaliser la première partie de la voie qui a abrité le défilé civil et militaire, dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale et internationale.

 

Une conclusion logique qui se dégage pour toute âme censée est que les chantiers inachevés des autres communes ayant abrité la fête de l’indépendance ne pourront plus rêver de lendemains reluisants. Pas en tout cas dans des délais raisonnables. Et le budget prévu pour ces fêtes ! Ou bien tenterait-on de donner raison à ceux-là qui affirment que les caisses de l’Etat sont vides ?

 

Et quoi encore !

 

L’Honorable Edgard ALIA a coupé le cordon ombilical le liant au Chef de l’Etat quand il s’est aperçu que ce n’était que pure chimère que de croire aux promesses de Thomas Yayi. On se rappelle sa fameuse question « où est le camp militaire (…) Qu’est-ce que j’irai dire aux populations ? », parlant de son Savalou natal.

L’échangeur de Godomey est en souffrance. Le marché de Natitingou promis aux populations de cette localité également. L’aéroport de Tourou dont les travaux ont été lancés depuis le samedi 23 février 2008 n’est jamais devenu un chantier digne du nom. Encore que les populations de Natitingou sont fâchées, puisqu’elles estiment que le régime du changement a déplacé ‘’leur aéroport vers Tourou’’. Le marché qui devait venir les réconforter est resté à l’étape de vœu pieux. Le port sec de Parakou également.

 

L’établissement du répertoire des chômeurs promis au moment de la prise de fonction reste invisible. La promesse des 30% de femmes au gouvernement faite le 08 mars 2009 n’a pas été respectée. Dans l’euphorie du sommet de la CEN-SAD, 5.000 ordinateurs ont été promis à l’université d’Abomey-Calavi. Les étudiants continuent de les attendre. C’est une tente qu’on a fini par inaugurer en lieu et place des salles de cours. Le découpage territorial aussi reste à l’étape de promesse. Tellement, un tapage médiatique a entouré ce découpage que finalement, le poisson a été noyé. Thomas Boni Yayi aura ainsi réussi à transformer tous les Béninois en de vrais St Thomas qui ne voient désormais qu’avant de croire.

 

Abdoulaziz ABOUBAR


 


 

 
 
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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