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9 janvier 2011 dans Dépêches, Politique, Société
  
  

APA-​Co­to­nou (Bénin) Le Chef de l’Etat bé­ni­nois, Yayi Boni, a jugé ‘’po­si­tif’’ le bilan de son quin­quen­nat, al­lant de 2006 à 2011, un ju­ge­ment contes­té par la classe po­li­tique bé­ni­noise, no­tam­ment l’op­po­si­tion. 


« Au plan ma­cro-​éco­no­mique, le taux de crois­sance a connu une courbe as­cen­dante pas­sant de 2,9% en 2005 à 3,8% en 2006, à 4,6% en 2007 et 5,1% en 2008 », s’est ré­joui, le Chef de l’Etat bé­ni­nois.


Le pré­sident Yayi Boni, qui s’ex­pri­mait di­manche à Co­to­nou, au cous du forum sur le bilan de son quin­quen­nat, a es­ti­mé que « l’ac­cé­lé­ra­tion de la crois­sance s’est éga­le­ment tra­duite à tra­vers une amé­lio­ra­tion des re­cettes, une maî­trise des dé­penses pu­bliques, des ef­forts pour res­pec­ter les cri­tères de conver­gence de l’UEMOA et un ni­veau d’en­det­te­ment pu­blic mo­dé­ré ».


« La dette sa­la­riale éva­luée à 180 mil­liards de FCFA en­vi­ron en 2006 a été en­tiè­re­ment apu­rée par le bud­get na­tio­nal et l’opé­ra­tion de ti­tri­sa­tion », a-​t-​il dé­cla­ré, sou­li­gnant l’évo­lu­tion po­si­tive du du Pro­duit In­té­rieur Brut (PIB).


« Le ratio dette pu­blique sur le PIB est de 30% contre une norme de 70% fixé par le pacte de conver­gence de l’UEMOA ; ce qui per­met de main­te­nir une large ca­pa­ci­té d’en­det­te­ment pour les be­soins sains de fi­nan­ce­ment du dé­ve­lop­pe­ment de notre pays », a-​t-​il fait ob­ser­ver..


Cette crois­sance as­cen­dante, a-​t-​il ex­pli­qué, « au­rait pu se pour­suivre au cours des an­nées 2009 et 2010 n’eûssent été les chocs ex­té­rieurs que sont la crise éner­gé­tique, la crise ali­men­taire et la crise éco­no­mique et fi­nan­cière et les ef­fets des chan­ge­ments cli­ma­tiques dont les ré­per­cus­sions sur notre éco­no­mie ont frei­né ce rythme en ra­me­nant le taux de crois­sance au­tour de 3% »


Pour le pré­sident bé­ni­nois en fin de man­dat, l’ac­cé­lé­ra­tion de la crois­sance au cours des an­nées 2006 à 2008 s’est ac­com­mo­dée avec le dé­ve­lop­pe­ment des in­fra­struc­tures rou­tières, éner­gé­tiques, por­tuaires, aé­ro­por­tuaires et de té­lé­com­mu­ni­ca­tions.


« Le ré­seau rou­tier na­tio­nal s’est net­te­ment amé­lio­ré qu’il s’agisse des routes bi­tu­mées ou des routes en terre », a-​t-​il in­di­qué.


En cinq ans,a-​t-​il sou­li­gné, « le ré­seau des routes bi­tu­mées ou­vertes est de 400 km soit à peu près l’équi­valent du 1/3 des ef­forts consen­tis dans le sec­teur de­puis l’in­dé­pen­dance. Pour ce qui est des routes en terre, un li­néaire de 624 km a été mis au ga­ba­rit et couvre l’en­semble des dé­par­te­ments de notre pays ».


De même, a-​t-​il sou­li­gné, les in­fra­struc­tures aé­ro­por­tuaires ont éga­le­ment bé­né­fi­cié d’une at­ten­tion par­ti­cu­lière de mon gou­ver­ne­ment avec l’agran­dis­se­ment de l’aé­ro­gare de Co­to­nou qui est passé de 9 à 23 postes et la construc­tion en cours de l’aé­ro­port de Tou­rou


« Quant aux in­fra­struc­tures de té­lé­com­mu­ni­ca­tion, mon gou­ver­ne­ment s’est em­ployé à amé­lio­rer le taux de cou­ver­ture du ter­ri­toire na­tio­nal tant pour la radio que pour la té­lé­vi­sion na­tio­nale qui est passé de 40% à 95%. Mieux, les émis­sions de la té­lé­vi­sion na­tio­nale sont dé­sor­mais sui­vies en Afrique, en Eu­rope, au Moyen-​Orient, en Océa­nie, aux Etats-​Unis d’Amé­rique, au Ca­na­da, en Amé­rique La­tine et dans les Caraïbes de­puis le der­nier tri­mestre de l’année 2010 », a-​t-​il ré­vé­lé.


« Tous ces in­ves­tis­se­ments visent à faire jouer plei­ne­ment à notre pays sa vo­ca­tion de pays de tran­sit par ex­cel­lence, au­tre­ment dit de hub sous ré­gio­nal, en même temps qu’ils ren­forcent au­près de nos com­pa­triotes de l’in­té­rieur du pays et de la dia­spo­ra la fier­té d’ap­par­te­nir à une na­tion qui as­pire au pro­grès so­cial », a-​t-​il dé­cla­ré.


Selon le pré­sident Yayi Boni, toutes ces ac­tions n’ont été pos­sibles que grâce à l’exis­tence d’un cli­mat de paix so­ciale que le gou­ver­ne­ment s’est in­ves­ti à pré­ser­ver en main­te­nant le dia­logue avec les par­te­naires so­ciaux au point d’en créer un cadre per­ma­nent de concer­ta­tion.


« Ce qui a été fait en cinq ans est sans doute si­gni­fi­ca­tif mais n’est pas suf­fi­sant pour com­bler les at­tentes des bé­ni­noises et des bé­ni­nois tout ceci n’étant qu’une œuvre hu­maine qui com­porte cer­tai­ne­ment des fai­blesses », a-​t-​il dit


Ce ta­bleau élo­gieux de la si­tua­tion éco­no­mique et socio po­li­tique du Benin est vi­ve­ment contes­tée par l’op­po­si­tion de ce pays dont le pré­sident de la Banque Ouest Afri­caine de dé­ve­lop­pe­ment (BOAD), Ab­dou­laye Bio Tcha­né, can­di­dat à la pré­si­den­tielle bé­ni­noise de fé­vrier pro­chain


Dans son pro­gramme dé­cli­né lors de la pré­sen­ta­tion de sa can­di­da­ture à la ma­gis­tra­ture su­prême du Bénin, Ab­dou­laye Bio Tcha­né a es­ti­mé que de­puis l’avè­ne­ment du pré­sident Yayi Boni en 2006, le Bénin a ré­gres­sé sur tous les plans, no­tam­ment po­li­tique, éco­no­mique et so­cial.


« Sur le plan po­li­tique, le pay­sage se ca­rac­té­rise par la dé­cep­tion ma­ni­feste de la po­pu­la­tion qui re­jette un pou­voir in­ef­fi­cace et le sen­ti­ment que « l’émer­gence » prôné par le chef de l’Etat est celle du clien­té­lisme », a-​t-​il dé­plo­ré.


Sur ce même plan po­li­tique, a-​t-​il re­gret­té, « les at­teintes graves à la dé­mo­cra­tie à tra­vers le mu­sel­le­ment de la presse, l’obs­truc­tion aux ma­ni­fes­ta­tions pu­bliques des par­tis de l’op­po­si­tion et tout groupe soup­çon­né d’avis contraire au pou­voir sont mon­naie cou­rante ».


Sur le plan éco­no­mique, a-​t-​il sou­li­gné, le pay­sage se ca­rac­té­rise par le ma­rasme éco­no­mique total qui s’ex­plique par la mau­vaise ges­tion.


« L’exé­cu­tif bé­ni­nois vit au des­sus de ses moyens, dé­pense fré­né­ti­que­ment, contracte la dette in­té­rieure pour fi­nan­cer sa cam­pagne po­li­tique et les dé­penses cou­rantes , un ef­fec­tif gou­ver­ne­men­tal enflé et un manque de vi­sion et d’ob­jec­tifs clairs de dé­ve­lop­pe­ment »,a-​t-​il dé­plo­ré.


Dans ce même re­gistre, a-​t-​il fait ob­ser­ver, le taux de crois­sance éco­no­mique de­meure tou­jours faible pas­sant de 5 pour cent en 2006 à moins de 3 pour cent au­jourd’hui.


Sur le plan so­cial, a-​t-​il ex­pli­qué, le pay­sage se ca­rac­té­rise entre autres par la dé­tresse et la souf­france de la po­pu­la­tion ; la dé­cep­tion des ac­teurs so­ciaux et le bras de fer per­ma­nent avec toutes les cen­trales syn­di­cales.


« Face à ce ta­bleau sombre, il nous faut un plan d’ur­gence pour le pro­chain quin­quen­nat en vue de sau­ver le Bénin », a-​t-​il dé­cla­ré.


MT/of/APA

09-​01-​2011


 

 
  
  
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Tag(s) : #Politique Béninoise
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