APA-Cotonou (Bénin) Le Chef de l’Etat béninois, Yayi Boni, a jugé ‘’positif’’ le bilan de son quinquennat, allant de 2006 à 2011, un jugement contesté par la classe politique béninoise, notamment l’opposition.
« Au plan macro-économique, le taux de croissance a connu une courbe ascendante passant de 2,9% en 2005 à 3,8% en 2006, à 4,6% en 2007 et 5,1% en 2008 », s’est réjoui, le Chef de l’Etat béninois.
Le président Yayi Boni, qui s’exprimait dimanche à Cotonou, au cous du forum sur le bilan de son quinquennat, a estimé que « l’accélération de la croissance s’est également traduite à travers une amélioration des recettes, une maîtrise des dépenses publiques, des efforts pour respecter les critères de convergence de l’UEMOA et un niveau d’endettement public modéré ».
« La dette salariale évaluée à 180 milliards de FCFA environ en 2006 a été entièrement apurée par le budget national et l’opération de titrisation », a-t-il déclaré, soulignant l’évolution positive du du Produit Intérieur Brut (PIB).
« Le ratio dette publique sur le PIB est de 30% contre une norme de 70% fixé par le pacte de convergence de l’UEMOA ; ce qui permet de maintenir une large capacité d’endettement pour les besoins sains de financement du développement de notre pays », a-t-il fait observer..
Cette croissance ascendante, a-t-il expliqué, « aurait pu se poursuivre au cours des années 2009 et 2010 n’eûssent été les chocs extérieurs que sont la crise énergétique, la crise alimentaire et la crise économique et financière et les effets des changements climatiques dont les répercussions sur notre économie ont freiné ce rythme en ramenant le taux de croissance autour de 3% »
Pour le président béninois en fin de mandat, l’accélération de la croissance au cours des années 2006 à 2008 s’est accommodée avec le développement des infrastructures routières, énergétiques, portuaires, aéroportuaires et de télécommunications.
« Le réseau routier national s’est nettement amélioré qu’il s’agisse des routes bitumées ou des routes en terre », a-t-il indiqué.
En cinq ans,a-t-il souligné, « le réseau des routes bitumées ouvertes est de 400 km soit à peu près l’équivalent du 1/3 des efforts consentis dans le secteur depuis l’indépendance. Pour ce qui est des routes en terre, un linéaire de 624 km a été mis au gabarit et couvre l’ensemble des départements de notre pays ».
De même, a-t-il souligné, les infrastructures aéroportuaires ont également bénéficié d’une attention particulière de mon gouvernement avec l’agrandissement de l’aérogare de Cotonou qui est passé de 9 à 23 postes et la construction en cours de l’aéroport de Tourou
« Quant aux infrastructures de télécommunication, mon gouvernement s’est employé à améliorer le taux de couverture du territoire national tant pour la radio que pour la télévision nationale qui est passé de 40% à 95%. Mieux, les émissions de la télévision nationale sont désormais suivies en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, en Océanie, aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada, en Amérique Latine et dans les Caraïbes depuis le dernier trimestre de l’année 2010 », a-t-il révélé.
« Tous ces investissements visent à faire jouer pleinement à notre pays sa vocation de pays de transit par excellence, autrement dit de hub sous régional, en même temps qu’ils renforcent auprès de nos compatriotes de l’intérieur du pays et de la diaspora la fierté d’appartenir à une nation qui aspire au progrès social », a-t-il déclaré.
Selon le président Yayi Boni, toutes ces actions n’ont été possibles que grâce à l’existence d’un climat de paix sociale que le gouvernement s’est investi à préserver en maintenant le dialogue avec les partenaires sociaux au point d’en créer un cadre permanent de concertation.
« Ce qui a été fait en cinq ans est sans doute significatif mais n’est pas suffisant pour combler les attentes des béninoises et des béninois tout ceci n’étant qu’une œuvre humaine qui comporte certainement des faiblesses », a-t-il dit
Ce tableau élogieux de la situation économique et socio politique du Benin est vivement contestée par l’opposition de ce pays dont le président de la Banque Ouest Africaine de développement (BOAD), Abdoulaye Bio Tchané, candidat à la présidentielle béninoise de février prochain
Dans son programme décliné lors de la présentation de sa candidature à la magistrature suprême du Bénin, Abdoulaye Bio Tchané a estimé que depuis l’avènement du président Yayi Boni en 2006, le Bénin a régressé sur tous les plans, notamment politique, économique et social.
« Sur le plan politique, le paysage se caractérise par la déception manifeste de la population qui rejette un pouvoir inefficace et le sentiment que « l’émergence » prôné par le chef de l’Etat est celle du clientélisme », a-t-il déploré.
Sur ce même plan politique, a-t-il regretté, « les atteintes graves à la démocratie à travers le musellement de la presse, l’obstruction aux manifestations publiques des partis de l’opposition et tout groupe soupçonné d’avis contraire au pouvoir sont monnaie courante ».
Sur le plan économique, a-t-il souligné, le paysage se caractérise par le marasme économique total qui s’explique par la mauvaise gestion.
« L’exécutif béninois vit au dessus de ses moyens, dépense frénétiquement, contracte la dette intérieure pour financer sa campagne politique et les dépenses courantes , un effectif gouvernemental enflé et un manque de vision et d’objectifs clairs de développement »,a-t-il déploré.
Dans ce même registre, a-t-il fait observer, le taux de croissance économique demeure toujours faible passant de 5 pour cent en 2006 à moins de 3 pour cent aujourd’hui.
Sur le plan social, a-t-il expliqué, le paysage se caractérise entre autres par la détresse et la souffrance de la population ; la déception des acteurs sociaux et le bras de fer permanent avec toutes les centrales syndicales.
« Face à ce tableau sombre, il nous faut un plan d’urgence pour le prochain quinquennat en vue de sauver le Bénin », a-t-il déclaré.
MT/of/APA
09-01-2011
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