La situation est actuellement très tendue à Abidjan, la capitale ivoirienne, où des éléments armés des deux présidents proclamés s'affrontaient lundi 13 décembre autour de l'hôtel où se trouve le gouvernement d'Alassane Ouattara, désigné président par la Commission électorale indépendante et la communauté internationale. Des forces de sécurité fidèles à Laurent Gbagbo, le président sortant qui a également revendiqué sa victoire au scrutin, ont entouré cet hôtel d'Abidjan en début de matinée. Des barrages ont été établis à chaque extrémité de la route.
Une cinquantaine d'hommes appartenant aux Forces nouvelles (FN), partisans de M. Ouattara, leur faisaient face, lourdement armés. Un porte-parole de M. Ouattara a déclaré que ce déploiement avait été précédé d'une première tentative des militaires d'installer un poste de contrôle près de l'hôtel. "Les rebelles des Forces nouvelles ont démantelé le poste de contrôle. Il y a eu des tirs, mais ils ont tiré en l'air", a déclaré Patrick Achi.
L'hôtel Golf sert de quartier général aux partisans de M. Ouattara et aux membres du gouvernement de son premier ministre et chef des FN, Guillaume Soro. Il est sécurisé par les FN, mais aussi par des casques bleus. Lundi, environ quatre-vingts soldats de la mission onusienne Onuci se trouvaient aux côtés des Forces nouvelles. L'armée, qui a fait allégeance à Laurent Gbagbo, n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat sur ce déploiement. Au cours du week-end, elle avait mis en garde l'Onuci et la force française Licorne, déployée en Côte d'Ivoire, de ne pas "faire la guerre aux Ivoiriens".
SANCTIONS INTERNATIONALES
L'Union européenne (UE) a décidé lundi d'imposer des sanctions ciblées contre le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo. Les ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept ont adopté une interdiction de visa vers l'Europe et un gel d'actifs financiers à toute personne qui "bloque le processus de paix et de réconciliation nationale et qui en particulier menace l'issue du processus électoral".
Le Fonds monétaire international a de son côté indiqué qu'il n'offrirait aucune coopération dans le cadre d'un programme d'aide internationale de trois milliards de dollars tant que le gouvernement actuel ne se sera pas effacé. Jeudi, la ministre des affaires étrangères française, Michèle Alliot-Marie, avait jugé qu'il était important de maintenir une "pression" internationale, tout en considérant prématuré de parler de sanctions. Elles ne les avait cependant pas exclues.
Comme l'UE, les Etats-Unis, l'Union africaine, la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et le Conseil de sécurité des Nations unies ont tous reconnu la victoire de M. Ouattara.
Guillaume Soro, son premier ministre, a annoncé lundi dans un communiqué vouloir s'installer dès vendredi au siège du gouvernement.
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