21/03/2011
COMMUNIQUE DE PRESSE NUMERO 3
COUP D'ETAT AU BENIN: SILENCE ON ETOUFFE
Camions de militaires, chars d’assaut dans la Capitale, état de siège et couvre-feu. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Journaux interdits, télévision sous contrôle, on n’entend pas la «Communauté internationale» à propos du putsch qui vient d’avoir lieu au Bénin. Silence, on étouffe la presse.
Alors que tous les membres, sauf un, de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) déclarent vainqueur du 1er tour l’avocat Adrien HOUGNBEDJI, le Président YAYI se fait, contre toute attente, proclamer vainqueur au 1er tour par Joseph Gnonlonfoun, le seul Président de la Commission Electorale, contredit par tous les autres membres.
UNDB
Listes électorales absentes, bureaux de votes fictifs, bulletins de vote tamponnés en bleu alors que c’es un tampon rouge qui devait être utilisé, bulletins de l’année 2006, cantines de bulletins de vote non scellées ni cadenassées, intervention de l’armée … Impossible de faire 200 mètres sans trouver un groupe de militaires ou de gendarmes, armes au poing.
Si ce n’est pas un coup d’Etat, comme cela lui ressemble !!!
Mais, ce qui étonne, ce n’est pas tant le passage en force de Monsieur YAYI que le silence de la «Communauté internationale» qui semble considérer le Bénin comme une brousse inculte.
Et du côté de la France, on aurait pu avoir un avis d’un ancien ministre, titulaire d’un passeport Béninois, Monsieur Brice Hortefeux en personne, qui ne peut tout de même rester insensible à ce qui se passe dans cette ancienne colonie française où Monsieur Bolloré a obtenu un contrat juteux pour l'extension du port de Cotonou.
Il nous tarde que la presse libre française, par solidarité avec celle qui est muselée au Bénin, permette la libre expression de l’information dans ce pays où même RFI a été interdite d’émettre.
La fable du «Maître singe»
Une parabole chinoise de Liu-Ji, datant du XIVe siècle,
illustre bien ce coup de force du dictateur Boni Yayi au Bénin:
Dans l’État féodal de Chu, un vieillard survivait
en gardant des singes à son service. Les gens
l’appelaient « Ju gong » (Maître singe).
Chaque matin, le vieil homme rassemblait les singes
dans sa cour et donnait l’ordre à l’aîné d’emmener
les autres dans la montagne ramasser des fruits
sur les arbres et dans les buissons. La règle
exigeait que chaque singe donne le dixième de sa
récolte au vieillard, et ceux qui ne le faisaient pas
étaient violemment fouettés. Tous les singes en
souffraient mais n’osaient s’en plaindre.
Un jour, un jeune singe s’adressa aux autres : « Le
vieil homme a-t-il planté tous les fruitiers et
buissons ? » Les autres répondirent : « Non, ils ont
poussé naturellement. » Le jeune singe insista :
« Ne pouvons-nous pas prendre les fruits sans la
permission du vieil homme ? » Les autres répondirent:
« Si, nous pouvons tous le faire. » Le jeune
singe continua : « Alors pourquoi devons-nous
dépendre du vieil homme ; pourquoi devons-nous
tous le servir ? »
Avant que le petit singe ne finisse sa phrase, tous
les autres avaient compris et s’éveillaient.
La nuit même, s’assurant que le vieil homme était
endormi, les singes détruisirent l’enclos dans lequel
ils étaient confinés. Ils prirent les fruits que le vieil
homme avait emmagasinés et les emportèrent
dans la forêt pour ne jamais en revenir. Le vieil
homme finit par mourir de faim.
Yu-zu-li conclut : « Certains hommes, dans le
monde, dominent leur peuple par l’imposture et
non pas par la justice. Ne sont-ils pas comme le
Maître singe ? Ils ne se rendent pas compte de
leur confusion d’esprit. Dès que leur peuple
comprend la chose, leurs ruses ne fonctionnent
plus. »
Cette histoire, « La règle par la ruse », vient de Yu-li-zi pseudonyme
de Liu Ji (1311-1375).
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