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San Finna N°595 du 13 au 19 Décembre 2010

  

 

 

DECLARATION DE L’UNION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT (UNDD) SUR LA COTE D’IVOIRE

  

  

« La Côte d’Ivoire vit un contexte qui ne peut laisser indifférent. Pour la première fois au monde, la « communauté internationale » s’efforce d’instrumentaliser les Nations Unies pour qu’elles se substituent à un peuple pour légitimer la manifestation de sa volonté souveraine.

 

SAUVEGARDER LA PRIMAUTE DU DROIT

 

Il y a ici un activisme cherchant à instaurer un ordre supra national en foulant au pied la Charte de l’organisation mondiale qui stipule ce qui suit, en son article 2 alinéa 7 : « Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un État ni n'oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte; toutefois, ce principe ne porte en rien atteinte à l'application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII ». Chapitre VII, précisons-le, qui ne traite nullement de questions électorales mais de celles liées à la paix et à la sécurité pour lesquelles au demeurant l’appel à la contrainte nécessite des résolutions du Conseil de Sécurité.


Ce n’est pas le cas dans le dossier ivoirien. L’Assemblée générale des Nations Unies, d’ailleurs, a réaffirmé ce qui suit, en 1998, dans le cadre de la préparation de la 54 ème Session de l’ONU : «l'assistance électorale apportée aux États Membres par l'Organisation des Nations Unies ne doit l'être qu'à la demande et avec le consentement des États souverains concernés, dans le strict respect des principes de la souveraineté et de la non-ingérence dans les affaires intérieures des États ».

 

Si donc cette tentative de mise sous tutelle de fait de la Côte d’Ivoire réussissait, les conséquences seraient immenses. Il serait établi que dorénavant, toute expression de la volonté souveraine d’un peuple pourrait être suspendue à celle supérieure des Nations Unies, alias communauté internationale. Et c’est l’indépendance des nations les plus faibles, celles non dotées de l’arme nucléaire notamment, qui serait remise en cause.

Cette perspective sonne comme le glas de l’époque des Nasser, des Lumumba, des N’Nkrumah, des Sankara ; elle révèle le stade critique atteint par l’humanité avec cet affaiblissement de la règle de droit par le fait des forces corrosives que sont les mafias, les puissances financières, politiques et médiatiques. Elle vient hypothéquer en quelque sorte la lutte pour l’indépendance économique si chère aux nouvelles Générations, à notre parti l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD).

C’est ce qu’hier on voyait venir avec ce parti pris international d’adouber la rébellion ivoirienne depuis 2002, de refuser d’exercer des pressions pour le désarmement dans le Nord et qui se confirme aujourd’hui avec cette proclamation d’un candidat vainqueur et ce, contre la décision du Conseil constitutionnel et les règles établies en la matière par un Etat indépendant, membre des Nations Unies. C’est là aussi , à la charge de la communauté internationale, le fruit d’une politique insécurisante de « deux poids, deux mesures », qui consiste, à la bobine du client, selon ses intérêts stratégiques, économiques, diplomatiques…à valider des scrutins, à condamner ou à applaudir des instruments électoraux et des Conseils constitutionnels africains.

Cette « guerre mondiale », déclarée à un pays pauvre par de grandes puissances, est finalement une épreuve de force à la David et Goliath. D’ores et déjà, elle fait de ce pays le héraut auquel l’humanité entière devra reconnaissance pour sa juste fronde, quoi qu’il arrive.

Mais l’UNDD parie plutôt sur le sursaut des leaders, sur les forces libératrices du Droit, de la Justice et du Dialogue, pour sortir de la crise que sur la guerre.

  

PRIORISER LE DIALOGUE

 



S’il faut arrêter d’agiter des épouvantails pour discuter, dialoguer, comme c’est le propre de l’homme raisonnable, comme c’est la mission première des Etats pourvoyeurs de sécurité et des Nations Unies gendarmes de la Paix, une palette de solutions existe.

La première pourrait consister en la reprise des élections dans les zones litigieuses sur la base d’un consensus, après avoir éliminé toutes les conditions handicapantes à la tenue transparente, équitable, sécurisé, du scrutin.

Le gouvernement d’union, expérimenté ici et là notamment au Zimbabwe, au Kenya, en est une autre. Le fait que l’idée avancée par Thabo M’Beki, reprise par Mamadou Coulibaly, n’ait pas été désavouée par Laurent Gbagbo, laisse entrevoir une fenêtre de négociation importante.

Pour l’UNDD, cependant, cette solution pourrait être soutenue par d’autres propositions à ambition plus structurelle pour mieux cerner la véritable nature de la crise ivoirienne.

Une négociation entre les deux présidents proclamés par le Conseil constitutionnel (Laurent Gbagbo) et la Commission électorale indépendante (Alassane Dramane Ouattara) est possible. Epaulés ou non par de bonnes volontés (personnes physiques, ONG, Etats ou institutions internationales), cette négociation pourrait aboutir à une réforme des institutions visant entre autres le point focal de la mutation du régime présidentiel en régime parlementaire pur avec un président de la République et un président du Conseil.
On peut même aller au-delà pour réaliser un partage du pouvoir à l’exemple du Togo, voire un nouveau découpage de l’espace national qui promeuve, à défaut d’Etats fédérés ou confédérés, des régions autonomes.

Ces solutions ont l’avantage de transcender les egos des deux présidents proclamés afin de s’attacher à la recherche d’une sortie de crise durable. Il faut ici se convaincre que si la violence globale ne peut être envisagée comme une solution au problème, celle misant sur l’élimination d’un des protagonistes ne saurait non plus résorber définitivement cette rupture d’harmonie profonde entre Ivoiriens. Elle ne ferait que les aviver voire même les «Siciliser ».

Le Facilitateur, à notre entendement, ne saurait abdiquer de ses responsabilités. Nous pensons au contraire que sa position actuelle, à équidistance entre les adversaires, est indiquée. Elle découle de la substance de la Facilitation, de la nature des relations entre nos deux pays que l’on compare à la langue et aux dents, obligés de faire tandem dans la bouche. Cette option, instruite par le passé, traduit un souci de ménager l’intérêt de nos compatriotes vivant en Côte d’Ivoire. Ce ne sont ni les USA, ni la France, qui vantent actuellement ses aptitudes à régler avantageusement les crises régionales, qui verront d’un mauvais œil qu’il garde la main pour une amiable composition dans celle de la Côte d’Ivoire.

Nous nous félicitons du reste à l’UNDD que, dans son Message du 10 décembre 2010, Blaise Compaoré ait fait la promesse de garder le cap en matière de contribution à la résolution des conflits.

Nous en appelons enfin aux Juristes, aux Religieux, aux Hommes de bonne volonté attachés à la primauté du Droit, à la culture de la Paix et du Dialogue, à redoubler d’efforts pour que les Ivoiriens démontrent qu’ils ont compris les enseignements plus suppliants aujourd’hui qu’hier de feu le président Félix Houphouët Boigny, le Père de la Nation et qui l’amenait à marteler que «la paix n’est pas un vain mot mais un comportement », que «Le dialogue est l’arme des forts et non des faibles » etque « Dans la recherche de la paix, de la vraie paix, de la paix juste et durable, on ne doit pas hésiter un seul instant, à recourir, avec obstination au dialogue ». Tout le monde ici peut faire la sourde oreille, sauf les héritiers.

 

Ouagadougou, le 11 Décembre 2010

  

Deval MILOGO


Secrétaire général aux Relations Extérieures
De l’UNDD

 

 

www.undd.org
unddnew@yahoo.fr

 

 

 
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Tag(s) : #Politique Africaine
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