27 janvier 2010
Onze députés, toutes tendances confondues, veulent comprendre la gestion qui a été faite des fonds, des dons de vivres et des autres matériels offerts à la République du Bénin du 06 avril 2006 à ce jour. A travers une question orale au gouvernement, ces élus du peuple invitent le chef de l’Etat à venir s’expliquer sur l’usage qui en a été fait.
On dirait simplement une nouvelle interpellation sensible au gouvernement. Alors que le débat autour de l’abrogation ou non de la loi sur la Liste électorale permanente informatisée (Lepi) bat son plein un autre front vient d’être ouvert à l’Assemblée nationale pour occuper un peu plus le président Yayi Boni qui a pourtant besoin d’assez de calme et de sérénité pour régler ses multiples problèmes. Et comme le dirait l’autre, c’est cette période sensible où le premier magistrat est très préoccupé par les derniers réglages de son quatrième gouvernement, gère difficilement la crise dans sa mouvance et ne parvient pas à contenir la pression de l’opposition que ce groupe de 11 députés l’invite à situer la représentation nationale sur la gestion qu’il a faite de l’aide extérieure depuis qu’il est aux affaires. La question orale initiée par le député Mamoudou Zoumarou et contresignée par 10 autres parlementaires sera transformée plus tard par une requête suivie de débat. En effet, suite aux nombreux déplacements du chef de l’Etat dans les pays amis et chez des partenaires au développement du Bénin, les différents comptes-rendus du ministre des affaires étrangères présentés dans la presse font état de ce que le pays bénéficie de dons de tout genre. A ce propos, les signataires de la question orale demandent au gouvernement de venir fournir à la représentation nationale le point total des fonds, vivres et matériels reçus par le Bénin au titre de ces voyages du 06 avril 2006 à nos jours. Ils exigent que le représentant du gouvernement qui planchera précise l’usage et les affectations qui sont faits de ces dons.
La mouvance désormais en position de guerre contre Yayi Boni
Les langues se délient de plus en plus et des députés de la mouvance présidentielle commencent par prendre des positions souvent critiques contre le gouvernement. Hier, c’étaient les députés Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) comme Eloi Aho, Janvier Yahouédéou, André Dassoundo, Edgar Allia et Luc da Matha Sant’Anna qui ne veulent plus jouer au griot. Aujourd’hui, le nombre devient important et quelques députés Fcbe tentent de jeter le masque. Les Sieurs Samou Séïdou Adambi, Amadou Tawo, Soulé Sabi Moussa et Bio Kansi ont cautionné la question orale qui fera mal au président Yayi Boni. Ainsi, le nombre de députés de la mouvance qui agissent désormais à visage découvert est si important qu’il faut craindre le pire pour le chef de l’Etat lors des prochains grands enjeux qui requièrent la mise au vote d’un sujet. Le cas de la constitution du 11 décembre 1990 par exemple dont le président Yayi Boni entend réviser un certain nombre de dispositions. Et on dit que la pression tous azimuts ainsi que les coups de fil incessants aux députés qui prennent des positions contraires à sa vision qui auraient surtout énervé ses partisans qui ne reculent plus.
J-C H (Br.Ouémé-Plateau)
Source: LEMATINAL
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