17/10/2010
INONDATIONS AU BENIN: Le cri de coeur d'un béninois de la diaspora
Par Epiphane DEGUENON
Non! Non! Non! au politiquement correct. Je regarde tous les soirs la télévision officielle de notre pays et je vois les scènes ridicules et pitoyables qui s'y déroulent de la part de l'exécutif en place. Celle concernant nos concitoyens sinistrés de l'inondation est dramatique et suscite compassion car ces pauvres gens ne savent plus à quel saint se vouer et doivent se résigner à leur sort. Cela me fait mal et me fait pleurer parfois parce que mon pays ne mérite pas ce qui lui tombe dessus depuis deux ans.
Ca fait plus de trois décénies que notre pays connaît des innondations importantes dont certaines exceptionnelles mettent à mal la vie de nos concitoyens. Posons-nous la question simple de savoir pourquoi les gourvenements successifs et surtout l'actuel et son président n'ont pas prévu un fond de réserve pour venir au secours de leurs populations dans les périodes difficiles? Soyons sérieux, apprenons à nos concitoyens à prendre leur responsabilité. La leur aujourd'hui dans le drame qui les frappe n'est pas d'applaudir les personnes qui leur apportent quelques nattes et moustiquaires, mais de demander des comptes au gouvernement en place en lui posant des questions claires à savoir :
- - sa stratégie de régler globalement le sinistre actuel?
- - ce qu'il fera pour affronter la même situation qui se reproduira inéluctabllement à l'heure du dérèglement climatique ?
Sous d'autres cieux et pour des gouvernements soucieux de la vie de leurs citoyens, des plans sont prévus à l'avance pour faire face aux catasptrophes naturelles, encore qu'au Bénin nous avons la chance de ne pas en avoir beaucoup. Ce serait un pur divertissement que de vouloir faire un geste qui sans doute serait une goutte d'eau dans l'océan, et qui encouragerait nos gouvernants à persévérer dans la médiocrité. A l'heure où je vous écris, une bonne partie de ma famille est sous l'eau dans le mono, malgré cela, je ne vais pas prêcher pour des actions qui ne nous feront pas évoluer les mentalités et par conséqent notre pays. J'ai parlé toute à l'heure de la médiocrité de nos gouvernants, j'y reviens parce que je ne peux pas comprendre qu'un pays comme le RWANDA qui a connu des années de guerres atroces soit mis radicalement sur la voie de sortie de la pauvreté et vers le développement, alors que mon pays qui a toujours connu la tranquilité et qui regorge de talents n'arrive pas à sortir la tête de l'eau. La réponse que j'ai trouvé à cette interrogation est qu'au RWANDA, le Président Kagamé et son gourvernement sont soucieux du sort leurs concitoyens et de l'avenir de leur pays. Ils n'ont trouver d'autres solutions que d' imposer des choix radicaux de développement et cela marche, alors que, dans notre pays, l'amour pour la patrie n'existe pas chez nos dirigeants. l'improvisation est la règle de gestion, pas de méthode, ni de rigueur devant s'imposer à tous. Nous, béninois de la diaspora, en particuler de la France, seront utiles à nos concitoyens en les amenant à comprendre que nos dirigeants sont les dépositaires des ressources du pays, qu'ils ont l'obligation de bien les gérer et de rendre compte.
Pour finir, je serai d'accord pour une action matérielle dans les conditions suivantes:
- - que le Président de la République et son gouvernement renoncent à un mois de rémunération qui ira dans un fonds réservé à la résolution du sinistre de nos frères, soeurs, parents, grand-parents et enfants;
- - que les députés renoncent également à un mois de salaire et primes à destination du même fonds;
- - plus généralement, que tous les travailleurs du Public et du Privé donnent 5% de leur salaire mensuel pour alimenter le fons;
- - que le gouvernement crée un fonds permanent qui sera alimenté par le budget national, des aides et dons pour répondre à l'avenir à ces genres de situation.
Dans les conditions ci-dessus citées, je propose à mes frères et soeurs Béninois de France et sympathisants de donner 10% d'un mois de salaire (en numéraire ou en matériel) pour cette solidarité. Nous devons exiger d'avoir un droit de regard sur la destination des biens et sous récoltés.
Voilà ma réaction concernant ce drame qui touche nos concitoyens.
Epiphane DEGUENON