26 novembre 2009 par La Presse du Jour
L’insécurité a dépassé les normes du tolérable au Bénin. Malgré la bonne volonté affichée par les différentes forces chargées de veiller à la sécurité des personnes et des biens, les malfrats continuent, comme en terre conquise, de faire parler d’eux. C’est d’ailleurs sans vergogne qu’ils défient tous les dispositifs mis en place par le gouvernement béninois. La preuve est qu’ils viennent de frapper en mer. Les forces navales béninoises sous équipées n’ont fait que constater les dégâts.
Les Béninois ont maintenant de bonnes raisons de s’inquiéter pour leur sécurité. Pour ce seul mois de novembre, plusieurs attaques en bandes organisées ont été en effet signalées par les forces de sécurité publique avec divers bilans. La dernière en date est celle qui a été perpétrée par des pirates lourdement armés qui s’en sont pris à un navire battant pavillon Libérien dans les eaux territoriales du Bénin dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 novembre 2009. Les forces navales appelées à la rescousse par l’équipage du navire en détresse n’ont malheureusement pu rien faire, faute de moyens appropriés. Et pourtant, chaque année, il est prévu dans le budget général de l’Etat des lignes de crédits pour l’équipement des différentes forces d’intervention rapide du Bénin dont font partie les forces navales. Le plus important ici, c’est que les déclarations faites par le Colonel Maxime Ahoyo, Commandant des Forces Navales, ne rassurent personne. « Au nombre des dispositions que nous prenons pour éviter que ce genre de situations ne survienne à nouveau dans les eaux béninoises, premièrement nous allons continuer à faire les patrouilles avec les moyens dont nous disposons. Ensuite, il y a un programme d’acquisition de patrouilleur initié par le ministre d’Etat chargé de la défense nationale et soutenu par le Chef de l’Etat », a dit le Colonel Maxime Ahoyo. Loin d’apaiser les cœurs, cette déclaration aggrave malheureusement la psychose des populations et surtout des opérateurs économiques qui choisissent de faire passer leurs marchandises par le Port de Cotonou. Mieux, cette déclaration pose un problème très sérieux de sécurisation des eaux territoriales du Bénin dans un contexte où les moyens font cruellement défaut. Franchement, le Programme d’acquisition de patrouilleur dont parle le Colonel des forces navales est un pis-aller. La procédure pour acquérir cet outil indispensable pour les forces navales sera très longue puisqu’il faut passer nécessairement par les marchés publics. Mais en ce moment, que feront les navires qui doivent prendre par les eaux territoriales du Bénin ? Subir la loi des pirates qui savent maintenant que le Bénin n’a pas de patrouilleur et que loin des eaux périphériques, ils peuvent frapper sans être inquiétés. Sur tout un autre plan, c’est le pays entier qui est en insécurité. Puisqu’il suffit qu’une attaque armée vienne par la mer pour que nous soyons mis devant le fait accompli. Pour qu’il est encore qu’il est temps, le gouvernement du Dr Boni Yayi doit savoir définir les priorités. Pour faire face à l’insécurité galopante qui s’illustre sur terre, sur les lacs et dans les eaux territoriales, il urge que les différentes unités soient lourdement convenablement équipées. Cela n’exclut pas aussi l’ouverture d’une enquête sur la manière dont les différentes ressources qui ont été prévues dans les différents budgets des ministères en charge de la défense nationale et de la sécurité publique ont été jusque-là gérées.
Affissou Anonrin
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