Entretien avec Hubert Thura, Vice-Gouverneur du Lions Club de France
Bonjour Hubert Thura, présentez-vous à nos lecteurs.
Je suis Hubert Thura, j’ai été élu durant de nombreuses années au Grand Chalon dans une communauté d’agglomération en France. Nous avons beaucoup travaillé durant 15 ans sur le département du Plateau au Bénin. Je suis Vice-Gouverneur de Lions Club de France.
Vous êtes au Bénin depuis une quinzaine de jours dans le cadre d’une mission prospective sur le diabète. Parlez-nous de cette mission
Nous sommes effectivement au Bénin depuis une quinzaine de jours. Nous travaillons déjà depuis un an sur un projet qui concerne la santé étant donné que la santé, est un domaine préoccupant pour les populations béninoises en général et celles du département du Plateau en particulier. Comme nous travaillions au sein du Grand Chalon sur l’équipement des communautés, nous avons ainsi d’excellentes relations avec des Maires des Communes du Plateau et c’est par cet intermédiaire qu’il nous a paru essentiel de revenir monter un dossier santé axé plus particulièrement sur le diabète.
Alors, qu’est-ce que vous avez pu faire durant votre séjour ?
Durant notre séjour, nous avons pris des contacts. Bien entendu, dans un premier temps, il nous fallait les accords du gouvernement béninois ; ce qui est fait aujourd’hui. Nous avons rencontré toute la profession santé liée à cette maladie qu’est le diabète, en particulier Bruno Monteiro qui est le responsable de la Banque à insuline à Cotonou. Nous travaillons sur cette maladie en association avec la première Ong dans le monde, le Lions Club qui nous permet par le biais de sa fondation, d’avoir des subventions et bien évidemment, pour cela, nous travaillons avec les amis Lions de Porto-Novo qui seront partenaires dans cette opération.
Pourquoi avoir choisi la Communauté des communes du Plateau pour bénéficier de ce projet ?
D’abord, comme je vous le disais tantôt, nous avons depuis de très longues dates, des relations sincères, efficaces avec les collectivités. Il faut savoir qu’aujourd’hui, les Etats ont de moins en moins de moyens et les collectivités territoriales, au Bénin en particulier, qui ont beaucoup de compétences dont la compétence santé, sont les mieux placées pour répondre directement à la population. Le Plateau, parce que nous y avons beaucoup de relations. Nous y avons des gens qui sont très efficaces et nous sommes persuadés que c’est sur ce département que nous allons pouvoir faire ce test en vraie grandeur et pourquoi pas l’étendre après sur l’ensemble du territoire du Bénin.
Pourquoi avoir porté votre choix sur le diabète ?
Le diabète fait parti des maladies qui ont été identifié par les pouvoirs publics comme problème de santé publique. Mais si les maladies comme le Sida et autres maladies graves bénéficient d’un suivi, le diabète reste malheureusement une maladie assez ignorée. Les dépistages se font rarement, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. On s’est aussi aperçu que dans un département comme le Plateau et dans des Communes relativement éloignées comme Kétou ou Adja-Ouèrè, les populations ont une méconnaissance de cette maladie et sont obligées d’aller à Porto-Novo ou à Cotonou pour avoir des informations sur la maladie. Il nous a donc apparu important de décentraliser aussi ces informations sur le territoire du Plateau.
Est-ce que vous avez pu parcourir toutes les Communes du Plateau ?
Je vous dis que les Communes du Plateau sont très bien organisées. Elles sont rassemblées dans une communauté de Communes. Les Maires de ces Communes se voient régulièrement, travaillent ensemble sur l’économie et sur les questions de développement. Nous travaillons sur le projet effectivement depuis un an déjà et surtout durant notre séjour, nous sommes allés à Kétou, à Ifangni, à Adja-Ouère, à Pobè et à Sakété où nous sommes. C’est une population de plus de 400.000 personnes qui sera concernée par ce projet.
Qu’est-ce que les populations peuvent déjà espérer dans les prochains mois par rapport à ce projet ?
Maintenant que nous avons collecté un maximum d’éléments, d’autorisations et d’informations, nous allons tout de suite commencer par sensibiliser les populations pour les informer sur ce qu’est le diabète, les risques qu’il entraîne pour la santé, la façon dont on peut se nourrir pour éviter la maladie avec parallèlement l’ouverture de ces deux maisons de diabète que nous allons viabiliser à Pobè et à Sakété ; ces deux Communes parce que nous serons à proximité des deux hôpitaux de zone du Plateau, étant donné qu’on aura besoin du corps médical sur place. Nous avons pris des contacts importants en France avec des laboratoires parce que si on fait de l’information, de la formation, si on fait du dépistage, il faudra le traitement. Pour le traitement, nous avons essayé de penser à tout autour du diabète. Tout ce qu’on veut, c’est que cette opération dure dans le temps. L’outil existe et il revient aux agents des Communes de se prendre en main. C’est sur cette base que nous montons l’opération diabète.
Votre mot de fin
Déjà merci à vous les médias. Nous avons besoin de vous pour relayer l’information. On a besoin de vous pour parler de cette opération et nous serons à l’écoute de toutes les initiatives liées à cette maladie. Mon souhait est qu’on se revoie très rapidement pour couper le ruban de la première Maison de diabète du Bénin à Sakété.
25-01-2011, Karim Oscar ANONRIN
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