| Entretien avec l’Honorable Amissétou Affo Djobo Oloudé « A voir ce qui s’est passé mardi dernier, on peut dire que le Bénin est en train de descendre aux enfers (…) » Vous êtes députée à l’Assemblée nationale, 2ème secrétaire parlementaire. Vous suivez certainement depuis quelques jours l’actualité socio-politique nationale. Il y a notamment l’affaire Dangnivo, l’interdiction des manifestations. En relation avec l’affaire, la militarisation de la bourse du travail à Cotonou le mardi dernier. Qu’est ce que cela vous inspire toute cette situation que vit actuellement le pays ? 15-10-2010, Karim Oscar ANONRIN Je pense qu’à voir ce qui s’est passé mardi dernier, on peut dire que le Bénin est en train de descendre aux enfers. Tout le monde s’emploie à dire que le Bénin n’a que sa démocratie à vendre. Est-ce qu’aujourd’hui, on peut taper du point sur la poitrine, bomber le torse et dire que le Bénin est un pays démocratique ? Je pense que non. Aller jusqu’à interdire l’accès de la maison du syndicat au syndicaliste, je crois que le gouvernement est allé trop loin. Il a franchi le rubicond parce que, de mon point de vue, en tant qu’ancienne syndicaliste, je dis que la maison du syndicat est le lieu même de l’expression de liberté. Aller jusqu’à bâillonner tel qu’on l’a vu sur les écrans, avec le déploiement des forces de l’ordre, je dis que le gouvernement devrait revoir sa copie. Qu’il vous souvienne qu’en 1989, on n’est pas allé jusque là avant de faire partir le régime de Kérékou. Il faut aussi constater que ce sont ces mêmes syndicats, ces mêmes membres de la société civile, ces mêmes partis politiques qui en 2005-2006, ont contribué à l’avènement du changement. Aujourd’hui, que ce changement là, que nous avions tous souhaité, construit et mis en place, se comporte comme ça, je dis que ce n’est pas normal. La démocratie béninoise est en péril et tout Béninois, où qu’il se trouve, doit pouvoir se lever pour défendre ce que nous avons de plus cher ; ce que nous avons de riche à vendre à l’international. Alors, comment peut-on y arriver lorsqu’on sait que le dialogue politique est inexistant au Bénin depuis plusieurs mois ? Beaucoup de moyens sont à notre disposition pour sauver les meubles. Nous continuons de maintenir notre démocratie et nous allons refuser le bâillonnement des libertés. C’est ça ! Nous allons défendre cette démocratie et de façon pacifique. C’est surtout là où j’invite nos populations à ne poser aucun acte de violence. Tout ce que nous devons faire pour nous faire entendre doit être fait de façon pacifique et vous me donnez d’ailleurs l’occasion de rendre hommage aux forces armées béninoises. Elles ont été à la hauteur de la tâche le mardi dernier à la bourse de travail. Elles ont prouvé à l’opinion publique qu’elle est une armée républicaine. Parfois, je me plais à dire que l’armée béninoise est une armée d’intellectuels. Ce n’est pas l’armée sac au dos qu’on a connue dans notre pays. Ailleurs, ça n’atteignait pas le niveau du mardi dernier et on avait l’éclatement. Je profite de cette occasion pour rendre hommage à cette armée. Que pensez-vous de la situation qui prévaut actuellement à l’Ortb où des employés ont signé une pétition pour dénoncer un certain nombre de pratiques dans la maison ? De toutes les façons, on observait déjà les dérives. Aujourd’hui, si les journalistes de l’Ortb ont décidé de jeter les masques, c’est qu’ils en ont marre. La dignité d’un homme, on ne peut pas la lui arracher tout le temps parce qu’un homme, c’est beaucoup de choses en une personne. Ces journalistes ont été bafoués, maltraités, humiliés. C’est sûr que devant leurs miroirs, ils ne se reconnaissent plus. Il aura fallu qu’ils décident de se libérer et je voudrais les féliciter pour leur acte courageux. Je leur tire chapeau. Bravo ! C’est à ce prix que nous allons tous et chacun à son niveau libérer notre pays et reconstruire notre démocratie. Pourquoi avez-vous décidé de tourner dos au président Boni Yayi ? Nous étions 75% à porter le président Boni Yayi au pouvoir. Donc, ce n’est pas l’Honorable Amissétou Affo Djobo seule qui a porté le président Boni Yayi au pouvoir. Ça veut dire que 75% des Béninois ont cru au président Boni Yayi dont Amissétou Affo Djobo. Mais aujourd’hui, est-ce que nous pouvons affirmer que ces 75% sont encore intacts et sont encore prêts à reconduire le président Boni Yayi à la tête de notre pays ? Je crois que non, et de ceux qui ne sont plus prêts à lui redonner leur confiance, j’en suis une. C’est vrai que j’ai défendu corps et âme le régime du changement. C’est parce que j’y ai cru. Quand on a un idéal, on y croit. Malheureusement, cet idéal s’est effondré. Je n’y crois plus. C’est pour ça qu’entend que députée, élue de la Nation, j’ai le devoir de dénoncer ce qui ne va pas. Vous me direz peut-être que ceci a trop duré. C’est parce que j’y croyais toujours. Je me disais que seul celui qui ne fait rien ne se trompe pas. Comme Boni Yayi est au pouvoir, il était normal qu’on lui accorde certaines largesses. Mais un homme, un vrai homme, c’est celui là aussi qui sait s’arrêter pour faire le point. C’est ça que moi j’ai fait. Je me suis arrêtée et j’ai fait le point puis j’ai constaté que je ne me retrouvais plus dans ce qui se passait. C’est pour ça que j’ai décidé de parler haut. Peut-être qu’il y aura un sursaut du côté du président Boni Yayi et il va s’arrêter. J’ai parlé bas. Aujourd’hui, je parle haut et fort. Il va peut-être maintenant entendre. Il n’est pas encore tard pour se refaire. Qu’est ce que vous croyiez avant et que vous ne croyiez plus aujourd’hui ? Ce que je croyais avant, c’est simplement le développement de mon pays. Je reconnais aussi que ce n’est pas en 5 ans, 10 ans ou 20 ans que nous allons effectivement nous développer. Je suis consciente que ce sera au bout de beaucoup de sacrifices, beaucoup de convictions et beaucoup d’engagements. J’ai cru en ce que le président Boni Yayi nous a promis et pour cela, je me suis battue à l’Assemblée nationale pour le soutenir. Je me disais qu’il faut permettre à celui qui est au pouvoir d’avoir une certaine quiétude pour pouvoir conduire les affaires de la Nation, les affaires de l’Etat et c’est pour cette quiétude que je me battais ici à l’Assemblée nationale pour faire comprendre à ceux-là qui étaient les premiers visionnaires, qu’ils n’étaient pas indulgents vis-à-vis du président de la République. Mais aujourd’hui, quand même ! Je ne suis pas amnésique. Je suis tout à fait normal. Dans la vie, quand vous soutenez quelque chose et que vous voyez qu’au lieu que cette chose s’améliore, elle se dégrade, il faut dire tout ce que vous pouvez dire pour qu’on s’arrête pour faire le point. Ça n’a pas été le cas. Je ne suis pas le Chef de l’Etat. Si j’étais le Chef de l’Etat, vous auriez vu un changement. Pour au moins conserver ma petite dignité, il fallait que je freine. Que diriez-vous alors à ceux qui diront que vous avez bien profité du régime de changement pour vous faire élire députée puis 2ème secrétaire parlementaire ? Je leur dirai simplement qu’avant que je ne profite de mon élection pour me faire élire en tant que député, c’est d’abord Boni Yayi qui a profité de moi pour se faire élire président de la République. Nous avions fait les présidentielles de 2006 avant les législatives de 2007. C’est tout simple. C’est ce que je leur répondrai. J’ai soutenu l’avènement du régime du changement sans aucune contrepartie et j’ai joué ma partition pour qu’il soit élu président de la République. J’ai voulu être députée, j’ai été sur sa liste, il m’a soutenu et j’ai été élue. Après mon élection, je le soutenais corps et âme à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas parce que j’aurais contribué à élire Boni Yayi et qu’il m’aurait retourné l’ascenseur que si le boubou blanc de Boni Yayi est sale, je m’empêcherai de lui dire que son boubou est sale. Je crois que le soutenir, c’est lui dire la vérité. Je sais que ceux qui ne lui disent pas la vérité, c’est eux qui le conduisent dans les dérives que nous observons aujourd’hui. Est-ce que votre base partage les mêmes convictions que vous ? L’état d’âme de ma base est au beau fixe. Ma base est en parfaite symbiose avec leur députée que je suis. J’ai toujours échangé avec eux. Il n’y a pas de sujet tabou entre ma base et moi. Tout ce qui se passe de mauvais, de moins bon et de bon, elle est informée, cette base. Je n’ai pas la prétention de dire que je contrôle 100% de cette base, mais j’ai la majorité avec moi. Est-ce que vous avez déjà eu l’occasion de dire à vos militants que vous vous êtes trompé pour avoir contribué à l’avènement du régime de changement ? Je leur ai déjà dit ça à maintes reprises. Vous savez, la base, c’est plusieurs niveaux. J’ai déjà eu à le dire aux leaders à la base. Je leur ai dit que nous nous sommes trompés et véritablement trompés. Il y a l’Union fait la Nation, la Coalition Abt et la mouvance à laquelle vous n’appartenez plus. Pour qui roulez-vous ? Vous dites si bien la mouvance à laquelle vous n’appartenez plus. Vous avez cité l’Union fait la Nation. Je suis de ceux qui pensent que Abdoulaye Bio Tchané a un devoir vis-à-vis du Bénin et je sais qu’il a les capacités pour diriger ce pays là. J’appartiens à la Coalition Abt 2011. On vous a entendu le jour de la fête du Ramadan fustiger le comportement de certains de vos concitoyens en l’occurrence le pasteur Michel Alokpo contre qui vous avez été dure. C’était par rapport à l’affaire Icc-Services où il dénonçait le mémorandum de l’ancien Ministre Armand Zinzindohoué qu’il a toujours côtoyé. Si vous pensez que j’ai été dure avec le pasteur Michel Alokpo, je m’estime heureuse parce que j’avais voulu être très très dure. Moi je suis Musulmane croyante et pratiquante. Nous les Musulmans, nous étions en train de finir un mois sacré de Ramadan, un mois de repentir. Au même moment, on nous associe à une mascarade, un mensonge grossier et grotesque. Il fallait que je m’insurge contre cela. Aucun Musulman du cadre de concertation dont parle Michel Alokpo n’est associé à ce qu’il disait ce jour là. Aucun musulman du Cadre de concertation des confessions religieuses n’a participé comme Alokpo à l’affaire Icc-Services et consorts. De quel cadre de concertation parle t-il alors ? Vous ne pouvez pas savoir combien de gens m’ont appelé pour me remercier. Il ne fallait pas que je rate cette belle occasion pour replacer les choses là où elles doivent être ; c’est-à-dire dire à la face du monde que les Musulmans ne sont pas mêlés à cette mascarade qu’on a organisée ce jour là après le mémorandum de l’ancien Ministre Armand Zinzindohoué. Malgré toutes les promesses du gouvernement, les populations spoliées de ICC Services ne sont pas toujours rentrées en possession de leur argent. Qu’est ce que tout ceci vous inspire ? Je crois que lors des débats au Parlement sur cette affaire, la députée Amissétou Affo Djobo, a eu à dire ce qu’elle en pense. Si ma mémoire est bonne, j’ai eu à dire que pour une affaire entre privés, je ne comprends pas ce que vient y chercher le gouvernement. A l’époque déjà, on a conseillé au gouvernement de se replier. Mais le gouvernement s’est enfoncé. Aujourd’hui les résultats sont là. Il n’y a pas cette eau là avec laquelle le gouvernement peut encore se laver pour se départir de son implication dans ce pillage. Je ne dis pas que le gouvernement a participé, mais je me dis qu’il en a pour quelque chose. Ça s’est passé en Côte d’Ivoire et ailleurs sans que les gouvernements ne s’en mêlent. Pourquoi le gouvernement de mon pays en fait son affaire ? La question est là. Ensuite, il y a eu un papier que le Ministre des finances, Idriss Douada, a exhibé comme quoi, il y a eu faux et usage sur le compte du gouvernement pour un empreint de près de 25 milliards de Fcfa. Après cette exhibition à la télé, est ce que vous pouvez me dire qu’il y a une plainte déposée quelque part par le gouvernement contre Icc-Services ? Les Béninois ne sont pas dupes. Même s’ils n’ont pas été à l’école, ils sont dotés d’une forte intelligence. Qu’on arrête d’envoyer les gens dans les Communes pour dire que le gouvernement n’en est pour rien. Tout ça là, on connait. On connait aussi au sein du gouvernement, ceux qui sont ou pas mêlés à cette affaire. Mais on attend comment ça va se passer. En tant qu’observatrice, qu’entrevoyez-vous pour les prochains mois surtout si les populations spoliées ne sont pas remboursées comme l’a promis le gouvernement ? Qu’est ce qui pourrait se passer ? Je dis déjà à mes chers compatriotes qui ont été spoliés dans cette affaire d’escroquerie que je prie pour eux pour que Dieu les aide à se reconstruire leur vie. Au départ, on leur a dit que tout le monde sera payé. Maintenant, c’est le silence plat. Alors, vous pouvez déjà imaginer là où nous allons. J’invite ces populations à se réorganiser et à se dire qu’elles ont été dupées par de véritables escrocs malheureusement couverts par un gouvernement. C’est peut-être à ce niveau là que nous qui avions des parents ou des proches qui ont été spoliés, nous devons faire preuve de solidarité. Néanmoins, je souhaite que le peu d’argent qui a été soi-disant récupéré dans les comptes gelés puisse servir à payer les pauvres. C’est une procédure qui va être très longue. Il y en a qui vont peut-être mourir avant la fin de la procédure. Vous appartenez à un groupe parlementaire qui a déjà eu à se prononcer sur cette affaire. Aujourd’hui, rien n’a apparemment bougé. Qu’entendez-vous faire dès à présent ? Il ne se passe pas de jour où on n’en parle pas quand l’occasion s’y prête. Mais on crie tellement qu’on n’entend plus rien. Le mardi dernier, ce sont les libertés qui ont été bafouées dans la maison même de l’expression de la liberté. Peut-être demain, c’est un autre scandale qui va surgir puisque c’est le chapelet de scandale avec ce régime. Que faites-vous pour la promotion de la femme au Bénin ? Ce que je peux dire de manière sûre, c’est que je fais tout ce que je peux ici au Parlement pour montrer une bonne représentativité de la gent féminine béninoise. Mes sœurs, chaque fois que je les rencontre, elles me disent qu’elles sont fières de ce que je fais et je leur réponds que c’est parce qu’elles sont derrière à me soutenir avec leur prières et leurs belles pensées. Je leur demande de continuer à me soutenir. Je suis toute ouverte que ça soit par rapport aux hommes ou par rapport aux femmes parce que nous avons besoin de tout le monde pour le développement de ce pays. Au niveau de ma base, il y a des groupements de femmes avec lesquelles j’entretiens de bonnes relations. Certes, je ne peux pas dire que je fais déjà assez, mais si Dieu nous donne les moyens, nous ferons mieux en nous organisant entend que femmes pour aller à la conquête du pouvoir parce qu’il a été démontré que là où la femme se trouve, la gestion est meilleure. Je souhaite que le peuple béninois comprenne cela pour qu’en 2011, nous soyons au moins 30% de femmes au Parlement. Un mot sur la Lépi. Le superviseur Arifari Bako a eu à dire que sa mission prend fin en décembre 2010. Croyez-vous qu’on peut avoir une Lépi avant 2011 ? Vous savez, la Lépi est un instrument que nous avons souhaité de tous nos vœux. Malheureusement, telle qu’elle est conduite aujourd’hui, je me demande même si mon collègue, le superviseur Arifari Bako est bien dans sa peau. Par rapport à ça, mon souhait aurait été qu’on n’arrête pas forcément le processus de réalisation de cette Lépi. Qu’on continue de construire la Lépi. Mais qu’on enlève de la tête que c’est pour 2011. Aujourd’hui, j’ai entendu que les maires de l’Ouémé et du Plateau ont envoyé une pétition au superviseur Bako. Ça veut dire qu’il y a des contestations. Nous devons continuer la conception de la Lépi, mais qu’on ne se fixe pas sur 2011. C’est ça qui pose problème. Regardez un peu les inondations que ça soit dans l’Ouémé, le Plateau, le Mono, le Couffo, l’Alibori ou ailleurs au Bénin. Le souci des populations de ces zones n’est pas d’aller se faire recenser. Leur souci, c’est comment faire pour trouver un toit. C’est comment faire pour se nourrir parce que leurs champs ont été ravagés par l’eau. Par ailleurs, tant que les politiciens de quelque bord que ce soit ne seraient pas convaincus que leurs militants ont été enregistrés, cette Lépi ne sera pas exploitable pour 2011. Votre mot de fin Mon mot de fin, c’est de dire à mes compatriotes que l’heure est grave. Le peuple béninois est un peuple passif et nous sommes passifs à outrance. Il faut que nous rentrions dans l’action pas pour saccager ni pour créer des émeutes ou se détruire. Mais que nous rentrions dans l’action pour faire respecter les libertés publiques, les droits de l’homme et pour nous faire respecter. Nous devons rentrer dans l’action pour que plus jamais au Bénin, ce que nous avons observé mardi dernier à travers les médias ne se répète. Et pour que cela ne se répète, il faut que chacun joue son rôle à la place qu’il occupe. Encore une fois, je dis bravo à l’armée béninoise et j’appelle cette armée à rester républicaine pour ne pas tomber dans ce qui n’est pas digne d’une armée dahoméenne devenue armée béninoise. C’est une armée de référence et elle a prouvé cela le mardi dernier. On l’a envoyé certainement pour matraquer, mais elle n’a pas matraqué. Comme l’a dit quelqu’un, aucun Béninois n’aime le Bénin plus qu’un autre. Nous aimons tous le Bénin et si nous aimons le Bénin, nous devons faire attention pour qu’il ne disparaisse pas de la carte du monde. Je tiens à préciser que ce que le Bénin a de plus cher, c’est sa démocratie et nous devons nous lever comme un seul homme qu’on soit du Nord au Sud ou de l’Est à l’Ouest, pour défendre cette démocratie. Pour finir, je lance un appel aux femmes pour qu’elles commencent par s’organiser pour que nous soyons très représentées sur les listes des prochaines élections législatives et être au moins 30% de femmes au sein de l’hémicycle pour la 6ème législature.
Fraternité |
Publicité
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)