Le processus de réalisation de la liste électorale permanente informatisée poursuit à sens unique malgré les nombreuses irrégularités dénoncées par la classe politique et la société civile. En dépit du spectacle désolant qu’a suscité la troisième phase de l’opération dans les départements de l’Ouémé et du Plateau, le silence coupable des partenaires au développement laisse clairement transparaître leur volonté de voir le Bénin tourner la page de la paix et de la stabilité politique.
Le Bénin aura une Lépi forcée, n’en déplaise à ceux qui déplorent la chose. Plus le temps passe, plus on se rend compte des dessous de ce coup de force. Aujourd’hui, les langues commencent à se délier. L’Ambassadeur de France au Bénin et le représentant du Programme des Nations Unies au Bénin sont les manipulateurs de l’ombre d’une Lépi forcée au Bénin. Il y a environ un an, certains avaient dénoncé l’attitude de ces partenaires qui, de façon concrète, n’ont rien fait pour permettre à notre pays de disposer d’une Lépi crédible et consensuelle. Au contraire, depuis le démarrage du processus, ils n’ont fait qu’encourager le gouvernement à poursuivre, tout en étant conscients de ce qu’il y a des problèmes. Cela revient à dire que les cris des élus locaux, de la société civile et d’une partie de la classe politique par rapport à la manière dont le processus est conduit n’ont aucune valeur. Cela parait bien suspect et mérite qu’on s’interroge.
La première réflexion qu’un tel comportement suscite est qu’au nom de l’argent qu’ils apportent à notre pays, ces partenaires sont prêts à nous imposer une Lépi de leur choix. Ensuite, que cela conduise le Bénin dans la violence, ils ne s’en soucient guère. C’est comme si « le chien aboie et la caravane passe ». La troisième phase qui vient de s’achever dans l’Ouémé-Plateau a révélé d’énormes insuffisances qui suffisent en principe pour que ces partenaires exigent une pause. Mais c’est comme si tout s’est bien passé. Il revient dans ces conditions aux populations de prendre leurs responsabilités. L’Ambassadeur de France et le représentant du Pnud au Bénin, en cas de menace sur la paix, peuvent quitter le Bénin le plus rapidement possible, laissant les Béninois à leurs problèmes. Leur comportement face à la réalisation forcée de la Lépi doit être dénoncée tous les jours. D’ailleurs, on annonce à compter de ce jour, des marches de protestations contre la Lépi forcée dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. Des occasions pour porter à l’attention de la communauté internationale le jeu dangereux auquel se livrent ces deux personnalités dans notre pays.
Grégoire Amangb
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