Les ministres béninois ont perdu le sommeil
Chaises musicales
Les ministres ont perdu le sommeil. La psychose du remaniement ministériel amplifie les inquiétudes à une hauteur non chiffrable. Dan « l’électroyayibonigramme », très peu de ministres sont en confiance. Le remaniement est justifié par les impératifs du temps. A près d’un an de la présidentielle de mars 2011, le président de la république, candidat à sa propre succession, a besoin d’une équipe de coordination électorale. En fait, il est un usage dans les démocraties que le dernier remaniement se consacre à des réglages de stratégie électorale.
Pour le cas de Boni Yayi, on peut s’interroger sur les fondamentaux politiques qui pourraient justifier le meilleur alliage possible. La situation politique en fin 2008 n’est plus la même en cette année 2010. L’état des lieux est complexe. Le G13 s’est consolidé au point où il serait hasardeux d’envisager une fissure au sein de ce bloc. L’Alliance » UN » tente toujours de rallier des personnalités politiques de grande envergure, à l’image du très respecté au pays, Olympe Bhêly Quenum dont les prises de position pamphlétaires n’en finissent d’éclairer les plus intellectuels du groupe Fcbe. Comme point médian s’érige l’alliance Abt du président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané. Le candidat virtuel Tchané est perçu aux yeux de plusieurs observateurs comme un élément perturbateur de la stratégie électorale de Boni Yayi. En effet, fils de député et d’ancien ministre, Bio Tchané a été bercé dans la politique nationale et singulièrement dans le landerneau politique du septentrion. Autrement dit, la question est de savoir comment briser le nouvel élan mobilisateur du challenger le plus en vue. Un éventuel remaniement ministériel peut tenter de rallier certains piliers supposés du mouvement contestataire. Tâche ardue s’il en est une. Celle de recaser les partisans du mouvement Abt peut être une illusion, car à moins d’un an d’une échéance, il est difficile de détecter les hommes de conviction. A moins d’être muni d’un « conscienciomètre » perfectionné. Ce qui est de l’irrationnel.
Quoi qu’il en soit, Boni yayi est contrait de remanier pour cinq raisons fondamentales, à savoir :
2. Des ministres actuels n’ont pas de fiefs. Ils sont généralement boudés dans leur village. Ils n’ont d’aura que dans leurs maisonnées qui ne comptent pas d’électeurs. Disons que là, c’est des maisonnées de mineurs.
3. A des niveaux, la Gestion Axée sur les Résultats (Gar) est bien discutable avec une faible consommation des crédits. D’où la nécessité d’un nouveau contrat de performance.
4. Le gouvernement a perdu son point de gravité avec plusieurs pôles de décisions.
5. Les enjeux de la campagne électorale de 2011 nécessitent plus d’hommes de terrain que d’enjoliveurs présidents de clubs de jeux de cartes métamorphosés en partis politiques de la petite semaine.
A défaut de trouver des hommes et des femmes qu’il faut, Boni Yayi peut composer une équipe de technocrates sans couleurs politiques. Mais naturellement, avec tous les risques possibles.
Herbert Houngnibo
Publicité
/image%2F1217104%2F20191118%2Fob_f52d34_benoit-illassa-et-patrice-talon.jpg)