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Lutte contre la corruption : Houngbédji veut mettre de l’ordre dans la maison Bénin

 

 

Le discours du candidat unique de l’Union fait la nation continue de susciter des remous dans les rangs des proches du régime. Ceux impliqués dans les nombreux scandales perçoivent les déclarations de Houngbédji de « mettre de l’ordre dans la maison Bénin » comme une véritable menace.

 

« Mettre de l’ordre dans la maison Bénin », cette portion de phrase donne des sueurs froides dans le cercle du pouvoir. Elle est extraite de la déclaration de Me Adrien Houngbédji après sa désignation comme candidat unique de l’Union fait la nation. Aux yeux de nombreux Béninois, il s’agit-là d’une volonté affichée de mettre un terme à la corruption généralisée qui s’est installée dans les arcanes du pouvoir. En effet, depuis avril 2006, les affaires publiques sont largement dominées par les scandales dont le plus retentissant est celui lié à l’organisation du sommet de la Cen-Sad à Cotonou en 2008. A cela s’ajoute les nombreux cas de privatisation et de passation de marché gré à gré. La corruption a atteint un niveau tel que le président de l’Assemblée nationale, Maturin Nago, pourtant proche du pouvoir s’en est inquiété lors de son discours d’ouverture de la session ordinaire d’octobre 2009. Visiblement, la corruption risque d’être l’un des grands sujets de la prochaine campagne électorale. En terme d’image, le gouvernement du président Yayi Boni compte des ministres qui ont été emprisonné pour des affaires encore pendantes devant la justice. La mouvance présidentielle compte également des députés épinglés par le conseil des ministres présidé par le président Yayi Boni lui-même dans des dossiers de malversations notamment à la société distributrice d’énergie électrique. Tout ceci malgré la marche verte contre la corruption organisée par le chef de l’Etat et sa promesse faite aux étudiants du campus d’Abomey-Calavi de verser son sang pour préserver les caisses de l’Etat. On comprend alors l’inquiétude de proches du pouvoir face à cette volonté de moralisation de vie publique émise par le candidat unique de l’UN. C’est surtout la campagne électorale permanente instituée par le régime qui est à l’origine des dérives dans la gestion des fonds publics. Dès la nomination, le ministre, le directeur général d’une société d’Etat ou même le simple haut cadre promu est contraint d’organiser un meeting de remerciement à l’intention du chef de l’Etat. Des manifestations qui reviennent très cher et qui obligent les gestionnaires à puiser dans les caisses de l’Etat. « J’ai dépensé 22 millions Fcfa pour remercier le chef de l’Etat après ma nomination » a reconnu un ancien ministre aujourd’hui recasé à la présidence de la République. En dehors du meeting de remerciement il faut organiser des marches de soutien au chef de l’Etat à chaque crise institutionnelle majeure. Des fois pour des grèves de travailleurs il est demandé à des hauts cadres de l’Etat d’organiser des marches de soutien ou des séances de prière pour le chef de l’Etat. Après 4 ans d’exercice du pouvoir certains barons trainent de nombreux dossiers qui attendent d’être mis sur la place publique. C’est pour cela que l’annonce par Houngbédji de vouloir mettre de l’ordre une fois élu provoque la peur et la désolation.

Par Adrien Bidossessi

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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