11 février 2010
Probable candidature du G13 au Bénin: Des frissons pour le régime
Le projet de candidat unique des députés du groupe parlementaire G 13 annonce d’autres soucis et pas des moindres pour le président Yayi Boni. Et quelque soit la personnalité sur laquelle qui portera le choix, c’est l’opposition qui finira par se renforcer contre le chef de l’Etat dans les quatre régions du septentrion où il espère ses meilleurs suffrages.
Dans le processus de désignation de leur candidat unique pour les élections présidentielles de 2011, des députés du groupe parlementaire G 13 ont au plus deux choix. Le plus facile pour eux, c’est de se rabattre sur le groupe Abdoulaye Bio Tchané (Abt) ou de profiter de leur force actuelle pour entreprendre des négociations avec l’Alliance ‘’Union fait la Nation’’(Un). Parce que, contrairement à ce qu’on aurait cru, leur décision du mardi 09 février 2010 ne gène en rien les tractations au sein du groupe Bruno Amoussou. De tous les points de vue, l’option G 13 vient d’ailleurs réconforter les bases de l’ « Un » dans la mesure où c’est contre le président Yayi Boni que tout le monde agit. Dans un autre cas, ces élus du peuple ne peuvent que choisir l’un d’entre eux pour parvenir à leurs objectifs. Et à ce niveau, c’est le deuxième vice président de l’Assemblée nationale de la cinquième législature, l’honorable Antoine Dayori qui remplit au mieux, dans le groupe, les conditions pour porter un peu haut l’étendard du G 13. Déjà élu député un certain nombre de fois, Antoine Dayori d’abord candidat malheureux contre le président Yayi Boni en 2006, jouit d’une expérience certaine en la matière et devrait profiter de la visibilité qu’offre sa qualité de membre de bureau de l’Assemblée nationale pour faire valoir ses chances. Ainsi, dans l’un ou l’autre cas, cette décision du G 13 d’avoir son propre candidat fera plus mal au président Yayi Boni que quiconque. Parce que, si on se retrouve dans le cas où le groupe s’organise pour renforcer le candidat Abt, la chance du chef de l’Etat devient plus faible dans les quatre départements du nord. La situation devient plus compliquée pour lui si c’était Antoine Dayori qui prenait le devant de la scène. Très proche du Général Mathieu Kérékou et des fans de ce dernier, Antoine Dayori maîtrise bien d’autres localités du septentrion où il a fait élire des conseillers et des chefs de village qu’il continue d’ailleurs d’entretenir. A tous ces atouts viennent s’ajouter ses amitiés avec les groupes de cotonculteurs et ses œuvres sociales en direction de la grande masse des ressortissants des quatre départements qui pourraient bien jouer à son profit. Sans compter avec les campagnes d’intoxication déclenchée par les fils Kérékou dans plusieurs localités.
Mais, au-delà de toutes ces considérations, c’est globalement au moins trois candidats qui se partageront ces départements du septentrion. Le président Yayi Boni d’un côté, Abdoulaye Bio Tchané d’un autre et Antoine Dayori en troisième larron. C’est justement ce qui fera plus mal au président Yayi Boni dont les marges de manœuvres sont telles qu’il n’est sûr de rien. Déjà, c’est sur ces régions qu’il compte le plus alors qu’il est en baisse de forme un peu partout sur le terrain en dépit de ses grands travaux, les micro crédits aux plus pauvres, la gratuité des l’enseignement maternel, primaire et de la césarienne. Et puis, il y a le phénomène du fils du terroir qui va beaucoup jouer contre lui à Djougou, Matéri et leurs environs. S’il advenait qu’un député comme André Dassoundo aussi fâché que les autres partisans du chef de l’Etat venait à se porter aussi candidat, ce sera le désastre. Car, toutes ces candidatures visent simplement à faire émietter les voix dans les Collines pour le dernier et dans le nord pour les cas Antoine Dayori ou Abt. Une façon de donner carte blanche aux ténors de l’Alliance ‘’Union fait la nation’’ qui se battent autour de leur projet de candidature unique pour faire le plein dans le sud, grignoter un peu partout dans les autres régions et empêcher un second mandat au président Yayi Boni. A ce propos, on dira que le président de la République a eu du flaire en voulant empêcher le G 13 de réaliser ses objectifs. Car, comme il sera désormais très difficile d’arrêter le mouvement Abt résolument en marche, le bon sens recommande de réduire sa puissance et d’éviter que d’autres forces politiques s’y rallient. A ce titre, la politique de diviser le G 13 apparaît nécessaire pour Yayi Boni pour sauver les meubles. Même s’il faut retarder la formation du quatrième gouvernement dit de combat. Dans le cas d’espèce, c’est à des sacrifices que le président Yayi Boni est contraint pour réussir ce pari. Avec la preuve de respecter ses engagements, il n’a rien à perdre en concédant un nombre important de portefeuilles ministériels à des adversaires dans le seul but de reprendre la situation en main.
J-C H (Br.Ouémé-Plateau)
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