Superviseur Général de la Lépi au Bénin ?
Par l'Abbé André S. Quenum
27/11/2009
A observer de près les confusions, les craintes, et les tensions qui grèvent la réalisation de la Lépi, nous sommes tous responsables, mais certains le sont plus que nous tous devant l’histoire et devant la nation. Et ce sont, au premier chef, les acteurs politiques et avec eux, la Commission politique de supervision qui émane d’eux. Pour que la Lépi devienne une réalité ou non, pour qu’elle devienne un outil scientifique pour une meilleure gestion des élections ou un projet mal géré qui fait basculer le pays dans des scénarios les plus catastrophiques, la Commission politique de supervision (Cps) a un rôle déterminant devant la nation et devant l’histoire.
De la Cps, l’opinion publique ne voit et n’entend surtout que le superviseur général, l’honorable Epiphane Quenum. Or, ces jours-ci, lors du lancement de la cartographie censitaire, certaines de ses déclarations inquiètent plutôt qu’elles ne rassurent. Et ce n’est pas servir la bonne cause que de les répéter. Un seul exemple suffira. Lorsqu’il parlait du retard du matériel imprimé qui devrait être livré par les Partenaires techniques et financiers pour que les opérations de la cartographie censitaire commencent effectivement, il a expliqué avec raison que le Pnud est responsable du retard. Mais on reste pantois lorsqu’il croit devoir ajouter que le Pnud est rattrapé par les faits pour avoir cru mieux faire en passant directement les marchés d’impression ! Si le superviseur général ne veut pas donner raison à ceux qui disent que c’est la gestion des milliards qui l’intéresse, s’il ne veut pas donner raison à tout ce qui se dit sur la manière dont il gère la Cps et même sur la manière dont il a été élu en cette position, il doit savoir que la nation attend de lui des déclarations plus apaisantes et plus rassurantes, quels que soient les coups qu’il reçoit dans cette position qu’il a désiré lui-même occuper et à laquelle personne ne l’a contraint. Il a besoin de repenser sa mission et son rôle entre l’opposition et la mouvance et le rôle de sa commission. Car si la Lépi réussit, la nation et l’histoire leur en sauront gré à lui et aux autres membres de la Cps et si la Lépi finit mal, ce ne serait pas sans leur responsabilité.
Abbé André S. Quenum
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