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Vote des Burkinabè de l’étranger: Une vraie histoire de nègres !  

 

07/12/2009

 

 

Une bonne frange de l’opposition l’a réclamé, le pouvoir l’a finalement concédé, et la représentation nationale l’a érigé en loi : les Burkinabé de l’étranger, à partir de 2010, ont droit de vote aux consultations présidentielles et référendaires.

 

 

Mais, alors que s’approche inexorablement l’échéance de cette première expérimentation électorale avec le scrutin présidentiel de décembre de l’année prochaine, nous parviennent des nouvelles aussi étranges que renversantes. En effet, lors de sa rencontre, le 2 décembre dernier, avec les partis politiques, le Premier ministre, Tertius Zongo, a relevé les stupéfiantes insuffisances de ce mimétisme aveugle et précipité que représente aujourd’hui le droit de vote de nos compatriotes de l’étranger, et surtout son coût exorbitant : « La loi reste infirme : le scrutin se tiendra-t-il dans les locaux, exigus, des 28 ambassades et 5 consulats ?

Quid des démembrements de la CENI ? » s’est, en substance, interrogé le chef du gouvernement avant de battre en retraite face aux dépenses prévisionnelles, de 20 milliards de francs CFA, de la présidentielle à venir : « Ce budget prévisionnel est insupportable pour la loi de finances gestion 2010 ».

 

Aveu d’indigence budgétaire, aveu cinglant de navigation à vue, qui semble être la marque de fabrique de nos dirigeants. On n’a pas besoin d’être un clerc pour savoir que la logique aurait voulu que l’on budgétisât, ne serait-ce qu’approximativement, la chose, pensât les conditions de sa mise en œuvre avant de s’y lancer tête baissée.

 

N’ayons pas peur des mots, ce qui vient de se passer relève d’une vraie histoire de nègres. Mettre les charrues devant les bœufs, vraiment, ça nous connaît. Car, la navrante impréparation qui a précédé le vote la fameuse loi sur le vote des Burkinabè de l’étranger est symptomatique de la gestion boutiquière de notre pays. Ce n’est même pas de la mal gouvernance, mais de la non-gouvernance.

 

Nous n’avons rien contre nos frères et sœurs résidant hors de nos frontières. Ils sont des Burkinabé autant que nous. Le choix des dirigeants de leur patrie et la participation aux consultations sur les grandes questions qui engagent l’avenir de la nation leur incombent aussi. Mais casquer 20 milliards de francs CFA dans une situation de trésorerie que tous connaissent, pour, hélas, des élections que tous connaissent également, il y a de quoi, à défaut de revoir la copie, la repenser.

 

 

 

 lobservateur



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Tag(s) : #EDITORIAL
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