En 2004, l'aide publique au développement a atteint un niveau inégalé. L'Aide Publique au Développement, en abrégé l'APD devait à l'origine représenter 0,7% du PIB des pays qui l'offrent et son objectif est de permettre la réduction de la pauvreté. Mais jusqu'à présent, le pourcentage global de l'aide est aux alentours de 0,25%.
Le contenu de l'aide ne souffre d'aucune ambiguïté en théorie. Mais la réalité est différente. L'APD est en fait une imposture totale. Son contenu est vidé de tout sens. Que met on dans l'APD aujourd'hui? Dans l'Aide Publique au Développement, il y a les annulations de dettes. Dans l'Aide Publique au Développement de la France, il y a entre 30 et 40 % d'annulations de dettes. Ainsi cela permet dans un premier temps d'annoncer une augmentation de l'aide, et dans un second temps, on annonce les annulations de dettes, alors qu'il s'agit de la même opération. On fait croire donc qu'il s'agit d'une double action alors que c'est totalement faux. Dans l'APD il y a les frais d'accueil d'étudiants étrangers dont la comptabilisation requiert des critères précis mais non respectés et pourtant ils sont comptabilisés. Il y a également les frais de fonctionnement de l'OFPRA, un organisme français. L'écolage et les frais d'accueil de réfugiés font plus de 15% de l'aide totale. Même en cas de catastrophe naturelle, l'envoi des secours est comptabilisé dans l'aide alors que dans ce cas précis la partie la plus chère est l'affrètement de l'avion, les frais du personnel français utilisé. Les médicaments dont bénéficient les populations ne coûtent que peu. Les exemples sont légion et l'on remarque que la part de l'aide arrivant dans les pays de destination est très minime par rapport au montant total de l'aide déclaré. Même des prêts font partie de l'APD.
Selon le Sénat français, une bonne partie de l'aide ne se traduit pas par une aide sur le terrain. Comme en 2004 et 2005, les prêts contribuent à créer une « APD négative », le montant des remboursements étant supérieur à celui des versements opérés par la France. Autrement dit, les remboursements de dettes en direction de la France sont supérieurs à l'aide qu'elle octroie. La dette est un autre phénomène qui fera l'objet d'un autre dossier. Pour preuve, en 1999, l'aide publique au développement total s'élevait à 60 milliards de dollars environs. La même année, les pays du sud ont eu un transfert net sur la dette (Total des remboursements de dettes - total des nouveaux prêts) de 350 milliards de dollards. Actuellement , pour un dollard qui rentre dans un pays du sud comme aide au développement, il y a en a cinq qui sortent au titre de la dette.
Revenant au cas particulier du Bénin et de la France, je vous invite à voir l'intégralité du rapport sur la coopération Bénino-française 2003-2004 ici. Le contenu de l'aide est presque vide et les secteurs vitaux de l'économie sont carrément ignorés (investissement, infrastructures, équipements sanitaires et agricoles...). Les postes les plus fournis sont ceux qui profitent à la France et principalement l'amélioration du secteur cotonnier.
Pendant qu'on annonce à grand renfort médiatique l'augmentation de l'aide (environ 18 milliards de CFA de moyenne par an et en baisse) avec tout ce qu'elle comporte de fictif (plus de la moitié), les exportations de la France vers le Bénin ont doublé en dix (10) ans. En Afrique subsaharienne, le Bénin était en 2004, le 10ème client de la France et le 3ème en matière d'excédent commercial juste derrière le Sénégal et le Cameroun. Le bénéfice net pour la France était de 135 milliards de CFA (elle devance de loin la Chine) et autant de perdu pour le Bénin. Faites la différence avec les 18 milliards d'aide, il s'agit purement et simplement d'un pompage de ressources.
Pourquoi parler d'un pompage de ressources alors qu'il s'agit d'échanges commerciaux me demanderait-on. En effet qu'est que nous achetons en provenance de la France? Essentiellement des articles de bijouterie, les viandes de volailles, les produits pharmaceutiques, les automobiles, le matériel informatique, les produits agrochimiques ainsi que le matériel électrique et le matériel de télécommunications. Dans le même temps l'aide pour l'agro alimentaire ne concerne que le coton; autrement dit vendez-nous du coton moins cher et on vous vend de la nourriture chimique très chère. Imaginez le nombre d'emplois que créerait la production par le Bénin de la totalité de sa propre consommation en produits agroalimentaires. Les autres produits peuvent également être achetés bon marché ailleurs mais là aussi il y a des pressions et c'est une autre histoire. Notons qu'une bonne partie des importations françaises vient de l'Asie.
Malgré toute cette aide au développement voici l'évolution de l'écart entre populations riches et pauvres depuis 1820. En 1820, il y avait un riche pour trois (3) pauvres, en 1950 il y avait un riche pour 35 pauvres et en 1999 il y avait 1 riche pour 72 pauvres; cherchez l'erreur.
L'aide telle qu'elle se présente actuellement est nulle et de nul effet, est une imposture et ne représente qu'un trompe l'oeil, l'arbre qui cache la forêt du pillage, elle est comme les condoléances que vient présenter l'assassin à la famille de sa victime, c'est un marché de dupes que nos dirigeants pour des raisons scabreuses ne veulent pas expliquer à leurs populations. Je propose purement et simplement sa suppression car elle ne sert absolument à rien en réalité. Pour preuve je vous invite à faire ce petit calcul. Produisons la moitié des 135 milliards de balance commerciale déficitaire du Bénin vis-à-vis de la France et passons nous de l'aide (18 milliards dont 50% sont fictifs). Nous y gagnerons au minimum 50 milliards de CFA. L'APD est une grande imposture, elle ne réduit pas la pauvreté mais contribueà la la perpétuer, en nous rendant plus dépendant, il faut la démasquer, l'éradiquer et renverser la tendance.
Thomas O.
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