| Dossier Lépi : Le sort de Alain Adihou scellé ce jour |
15 juin 2007 L’ancien ministre chargé des relations avec les institutions, la Société civile et des Béninois de l’extérieur Alain Adihou incarcéré à la prison civile de Cotonou pour le détournement de plusieurs millions de francs cfa sera à nouveau devant la Chambre d’instruction de la Haute Cour de Justice ce jour, sans aucun espoir d’être entendu. Une énième audition qui risque de ne rien apporter de nouveau au regard du blocage que connaît la procédure. Une situation dans laquelle bien des voix s’élèvent pour exiger la libération de cet ancien ministre de Kérékou. ...Le blocage qui pèse sur l’instruction du dossier Lépi pour lequel l’ancien ministre chargé des relations avec les institutions, la Société civile et des Béninois de l’extérieur Alain Adihou incarcéré à la prison civile de Cotonou depuis plusieurs mois sera t-il levé ce jour ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain c’est que l’ex ministre sera présent ce matin devant le juge ; son état de santé qui s’est détérioré il y a quelques jours ayant connu un légère amélioration, ont rassuré ses avocats. Mais ces derniers restent sceptique quant à une quelconque avancée dans la procédure, la situation ayant conduit au blocage de l’instruction n’ayant connu aucune évolution. En tout cas jusqu’à l’heure où ils se confiaient à nous, ils étaient dans l’attente de la décision de la Cour constitutionnelle qui a été à nouveau saisi d’un recours en interprétation de la décision n°07-043 du 22 mai 2007. En fait, c’est depuis le 21 mai 2007 que la chambre d’instruction a décidé de surseoir à l’instruction suite au recours adressé à la Cour constitutionnelle pour constater le vice de procédure intervenu suite à la non prorogation du mandat de dépôt arrivé à expiration le 24 avril 2007 à minuit. Le 22 mai, la Cour dans sa décision ayant estimé que le juge d’instruction a commis une faute en considérant la détention de l’ex ministre comme non arbitraire, les conseillers de l’ex ministre l’ont à nouveau saisi en interprétation de sa décision car, selon eux, le vice de procédure que le juge reconnaît mais justifie, est sanctionné par la loi, la doctrine, la pratique et la jurisprudence, avec comme implication directe, le caractère arbitraire et même abusif de la détention de l’intéressé pour compter du terme échu de la période de six mois et par voie de conséquence sa mise en liberté d’office. C’est donc cette nouvelle saisine de la Cour qui a fait que le mardi 12 juin dernier, les avocats d’Alain Adihou ont demandé à la chambre d’instruction de surseoir à nouveau à l’instruction. Demande à laquelle celle-ci a accédé en convoquant une nouvelle audience pour ce jour. Une libération qui risque de gêner des intérêts Mais l’instruction peut-elle vraiment continuer ce jour ? Non, estiment les avocats de l’ex ministre pour qui l’instruction ne saurait continuer tant que la Cour n’a pas rendu sa décision ou plus exactement tant qu’on n’aurait pas tranché le débat ouvert suite à la non prorogation du mandat de dépôt de leur client dont la détention est devenu illégale depuis lors, le mandat de prorogation intervenu après coup n’étant pas, selon eux, valide. Naturellement la personne à plaindre le plus dans ce nouveau jeu de ping-pong est Alain Adihou. Lui qui depuis des mois passe son temps à attendre que tel greffier ou tel magistrat malade soit guéri ou rentre de mission pour être interrogé, la loi portant sur la Haute cour de Justice n’ayant prescrit aucun délai maximum pour l’instruction. D’où l’inévitable question : la libération de l’ex ministre Adihou exigée de droit par ses avocats gênerait-elle des intérêts ? C’est finalement ce à quoi on est tenté de penser. En effet, la nature du dossier permet d’aller sur ce terrain. Il y en a qui pensent aujourd’hui, à tort ou à raison, que Adihou dehors, c’est des intérêts qui sont menacés. L’homme pourrait bien faire des déballages. Il y a aujourd’hui dans l’entourage du pouvoir, affirme-t-on, bien des gens du pouvoir défunt (tant de l’Exécutif que du Parlement) que l’histoire pourrait rattraper. Surtout avec la nouvelle configuration de l’Assemblée. Il y a aussi que Alain Adihou reste une des valeurs de ce pays en terme de compétence et dont l’expertise est sollicitée tant au plan national qu’international. A l’heure de l’excellence, s’il venait à être rétablit dans ses droits, il pourrait entrer en concurrence avec bien des personnes. Surtout qu’on l’a vu soutenir sans ambages le chef de l’Etat avec une présence très active sur le terrain dès le premier tour pendant que bien de ses collègues se cachaient de leur choix. Selon des indiscrétions, le chef de l’Etat n’est pas indifférent au dossier qu’il suit avec beaucoup d’intérêt. Boubacar Boni Biao |
Dossier Lépi : Le sort de Alain Adihou scellé ce jour
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