Bénin: Blocage d'un projet ambitieux de production de biodiesel au Bénin
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L'Autre Quotidien
29 Juin 2007
Publié sur le web le 29 Juin 2007
Depuis plus d'un an un Américain Jonathan Lewis se morfond à Cotonou, dans la profonde déception, faisant d'énormes dépenses, en attendant en vain qu'une des autorités béninoises qu'il a contactées daignent tout au moins lui accorder le temps d'étudier un projet de biocarburant et de biogaz pouvant aider le Bénin à produire de l'énergie à faible coût.
Il est d'autant plus sidéré que personne ne veuille l'écouter sérieusement et se pencher sur l'étude de ce projet à énorme valeur ajoutée pour le Bénin, alors même que depuis qu'il est à Cotonou, il vit avec acuité les difficultés énergétiques que le Bénin éprouve et la volonté sans cesse exprimée par le chef de l'Etat d'y trouver des solutions idoines à moyen ou long termes. Le défiétant de disposer d'énergie suffisante pour couvrir les besoins du Bénin, mais aussi trouver la source la plus rentable et la moins coûteuse sur le plan de la pollution atmosphérique.
Ce projet a un double volet agricole et production d'énergie. Aspect important : le projet se fera dans un esprit écologique pour ne pas toucher aux aires protégées, comme certaines forêts dans la zone choisie. L'étude part du fait que dans certains départements du Bénin et particulièrement dans la zone identifiée, beaucoup de terres restent improductives et inutilisées en dehors des aires protégées.
L'aspect rentabilité est de rendre ces terres productives et d'augmenter le rendement du travail agricole sur ces espaces, aussi bien en capital technique qu'en ressources humaines compétentes techniquement.
La zone concernée pour la culture de ces végétaux dont le Jatropha curcas ou Pourghère et autres oléagineux, est déjà identifiée et il faudra pas moins d'un million d'hectares de plantations pour ces arbres. Le projet aura besoin également d'environ 400 mille autres hectares pour d'une part, cultiver les plantes à fermentation(canne à sucre, manioc ) servant aussi à produire du biocarburant et d'autre part pour planter des arbres de produits comme le Karité, la mangue, le cajou etc.
La société de droit béninois créée à cet effet et nommée HCSL Biofuels extraira donc de l'huile des oléagineux et fermentera les tubercules comme le manioc pour produire du biodiesel. L'huile végétale et l'alcool(éthanol) produits par HCSL Biofuels représentera 99% de la production de biodiesel, le reste consacré.
Ce sont pour le volet agricole, pas moins de 4.ooo emplois que cet investisseur américain entend créer au Bénin dans le cadre du projet. Le volet production d'énergie devrait fournir davantage d'emplois. Les études faites projettent des retombées financières importantes dès la première phase et encore plus dans la phase production d'énergie.
Malgré quelques réserves, les biocarburants ont de l'avenir et des pays de l'Amérique latine tel le Brésil et l'Inde en Asie l'ont déjà adopté, afin de sécuriser leurs approvisionnements en énergie soumis aux caprices du marché du pétrole et de la grande pollution des combustibles traditionnels. La chaîne de production étant étendue les valeurs ajoutées sur la ligne seraient très importantes à la longue.
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Pour un pays comme le Bénin qui s'engage dans un processus d'émergence économique, le développement signifie aussi l'accroissement des besoins énergétiques donc la recherche de source de production qui assure à la fois une indépendance de sûreté et des sources sécurisées contre tous les aléas économiques ou géopolitiques.
Le biodiesel ne servira pas seulement de carburant aux véhicules, il est source d'énergie pour d'autres applications, notamment la production d'électricité par biogaz par exemple, les pompes à eau dans les zones rurales, la construction par HSCL d'équipements de purification d'eau, d'irrigation actionnés par biofuel, les transports par camions, trains, les engins et machines agricoles etc. en toute écologie et à des coûts nettement inférieurs au carburant fossile et en plus écologiquement plus rentables.
Dès lors, cela ne coûte rien aux cadres béninois d'écouter Jonathan Lewis, d'étudier avec lui la faisabilité, et surtout, si comme il le prétend, tout l'investissement sera de source privée et américaine. Une petite attention du ministère de l'énergie et de l'agriculture à ce projet au départ, pourrait déboucher sur des perspectives prometteuses. L'émergence c'est aussi exploiter toutes les opportunités. Peut-être qu'au delà de ce projet, le chef de l'Etat devra-t-il créer une agence qui reçoit, étudie et aide le Bénin à savoir saisir toutes les opportunités réalisables.
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