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Attentat contre Soro Guillaume
Faut-il soupçonner IB ?

samedi 30 juin 2007 par IvoireDiaspo

Le délai de grâce accordé à l’Accord de Ouaga, gage d’un retour à la paix en Côte d’Ivoire, avec au bout la trêve de la belligérance, va-t-il vers sa fin ? Sans jouer les Cassandre, disons que hier, à Bouaké, l’attentat contre l’avion du Premier ministre Guillaume Soro, qui a fait quatre morts à l’aéroport et de nombreux blessés, est un grain de sable qui grippe la machine de la paix.

Parti en effet pour installer des magistrats, dans le cadre des préparatifs des audiences foraines, le Premier ministre affronte, pour la première fois, dans son propre fief, une fronde. Un malaise aux origines diverses, que l’on pourrait résumer en deux. D’un. Il y a cette vieille rivalité, jamais éteinte, entre le secrétaire général des Forces nouvelles, Soro Guillaume et le Major IB, quant à la paternité de la rébellion. Et cette haine s’est exacerbée quand, de secrétaire général, le premier est devenu Premier ministre, à la suite de l’Accord de paix conclu le 4 mars entre le Président Laurent Gbagbo et lui. Cette haine, on ne sait si elle est réciproque mais, voici, aux lendemains du message du nouveau Premier ministre, Soro Guillaume, du vendredi 13 avril 2007, la réaction de IB, de son exil : « (…) M. Guillaume Soro qui fait office pour le moment de Premier ministre de la République de Côte d’Ivoire, n’a pas l’étoffe pour cette charge usurpée. Il n’est pas à sa place là où il est, parce qu’il n’est pas le fondateur du MPCI : en aucune façon il n’apportera la paix dans notre pays ». Cette réaction qui relève… de l’insubordination, le Chef de l’Etat ayant demandé, à l’époque, « de ne rien faire, de ne rien dire et de ne rien écrire qui soit de nature à compromettre la survenance de la paix dans notre pays », est révélatrice du malaise au sein des Forces nouvelles. La haine s’est-elle muée en une guerre ouverte et bruyante des armes ? Dans un récent rapport sur la situation de la Côte d’Ivoire, une ONG, International Crisis Group (ICG) attirait, entre autres, l’attention des uns et des autres sur l’Accord de paix de Ouaga qui « constitue un tournant majeur dans la résolution du conflit armé en Côte d’Ivoire, mais ne représente qu’un premier pas dans la bonne direction ». Dans ses recommandations, cette ONG avait invité également l’ex-chef rebelle, Soro Guillaume, « à agir pour prévenir des divisions au sein des FN ». Des partisans de IB, au sein des FN, se sont toujours sentis marginalisés ; victimes, selon eux, de cabale. Hier, à Bouaké, a-t-on déterré la hache de guerre ? Pour Alain Lobognon, homme de main, du cercle des familiers du Premier ministre, interrogé sur RFI, « c’est une tentative d’assassinat et on ne devrait pas accuser Soro Guillaume de montage grossier ». De deux. A propos de l’Accord de Ouaga. Ceux qui se sont rendus dans des zones sous-contrôle des Forces nouvelles, ont sans doute entendu des jeunes combattants lancer au détour des contrôles encore en vigueur : « Dialogue direct, c’est pour Gbagbo et Soro ». Ce bataillon des enfants de la guerre, qui y a grandi pendant cinq ans, estime avoir été pendu au poteau de la Primature. Il ne se sent nullement concerné par cet Accord. Ces enfants vivent si … bien de la situation de ni guerre ni paix, dans le « Soroland ». L’idée d’une fin de la partition du pays qui n’avoue pas son nom, est vue par eux, comme la fin de leur bonheur. L’adhésion massive au processus de paix, au niveau de ces subalternes est encore à venir. Il y a même plus. Depuis la signature de l’Accord de Ouaga, il se murmure qu’au sein des Forces nouvelles, l’unanimité n’est pas établie autour des décisions prises par l’ex-chef rebelle, Soro Guillaume, devenu Chef du gouvernement. Des chefs de guerre, dit-on, n’ont pas apprécié de n’y avoir pas été associés. Comme il le fallait. Dans une interview accordée à Nord/Sud le 27 juin dernier (P. 2), le Cdt Shérif Ousmane, « figure emblématique de l’ex-rébellion », à propos de son silence dans « le wagon de la paix », et des rumeurs d’une probable destitution du SG des FN, Soro Guillaume, a résumé tout cela comme faisant partie « d’une campagne d’intoxication grave ». Hier, l’intoxication a franchi le Rubicon, au moment où Bouaké s’apprête à recevoir, pour une cérémonie mémorable, le Chef de l’Etat, le 5 juillet, pour ce qu’on a appelé « La flamme de la paix ». Qui tire les ficelles ? La crise ivoirienne n’a pas encore fini de nous surprendre.

Michel Koffi (fratmat)

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Tag(s) : #Actualités Africaines
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