Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

MESURES URGENTES CONTRE LES INONDATIONS : A quand la mobilisation des grands moyens ?  
     
 
 
Si on s’en tenait au contenu du conseil des ministres lu sur les antennes de la télévision nationale le samedi, on devrait tout naturellement s'attendre à avoir dans les quartiers inondés, non pas seulement la visite de réconfort des autorités de l’Etat et de la municipalité, mais la mise en branle immédiate et massive d’un plan d’attaque des zones inondées. La mise en place de dispositifs déterminants ne se sent pas encore sur le terrain alors que certaines familles vivent dans une situation sanitaire critique.
 
     
 
Date de publication : 02-07-2007
Auteur(s) / source :
 
     
 

    Pourtant, le ton pris par le communiqué du gouvernement montre bien que le Bénin est en phase de sinistre ; puisqu'un appel a été lancé même aux partenaires pour qu'ils aident à faire face à la situation et aux problèmes récurrents des inondations à Cotonou. C'est également un appel de pied à ces mêmes partenaires face à la problématique du lotissement de la ville qui complique davantage la réponse appropriée à l'assainissement. Une ville dont les réceptacles naturels d'eau ont été colmatés et occupés par les habitations, quand ce ne sont pas les habitants eux-mêmes qui érigent des maisons précaires à l'intérieur des bas-fonds, un habitat saisonnier, donc inadapté à des aires marécageuses.

    Depuis samedi dernier, les habitants d'Akpakpa et autres zones sinistrées s'attendaient à voir les quartiers pris d'assaut par les engins du Génie, de la municipalité et d'autres intervenants pour une opération décisive tendant à évacuer les eaux et les habitants, comme le souhaitait le chef de l'Etat par une mobilisation tous azimuts, pour laquelle l'armée a été appelée à la rescousse. Une guerre à livrer contre les inondations qui suppose la mise en place d'un commandement opératoire pour juguler la situation, de façon générale et systématique, au lieu d'interventions, au coup par coup, et très peu limitées dans leurs effets.

    Aujourd'hui, il est évident que seule, la municipalité ne peut faire face à l'ampleur de la situation. Raison pour laquelle le chef de l'Etat a décidé d'une plus grande implication du gouvernement et une plus grande solidarité de tous les citoyens. Or tout cet engagement du chef de l'Etat ne se perçoit pas encore sur le terrain outre les interventions habituelles de la municipalité, limitées dans les moyens comme dans leur ampleur.

    Autrement dit, c'est quasiment une nouvelle structure qu'il faudrait mettre en place entre le gouvernement et la municipalité, pour recenser les zones à risques sanitaires, les habitations touchées qui auront besoin rapidement d'une évacuation dans un centre de transit ou définitif.En cela il faudra encore sensibiliser les sinistrés de la nécessité de ces déplacements les personnes qui peuvent rester dans leurs zones pour lesquelles un simple drainage ou pompage aura suffi etc... Il ne faudrait pas que l'on retombe en effet, dans la fatalité habituelle des habitants eux-mêmes qui, dès les premières lueurs du soleil et un peu d'accalmie de la pluie, pensent que la vie peut reprendre son cours normal. Une attitude qui coûtera de plus en plus cher à l'Etat et à la Municipalité, car elle entraînera toujours des interventions ponctuelles coûteuses en moyens à mettre en place et en drames. L'histoire rattrape toujours. On se souviendra qu'on en a voulu à l'actuel maire de la ville de Cotonou, Nicéphore Soglo, lorsqu'il était président de la république, alors qu'avec un réalisme cru, ils demandaient à ceux qui habitaient les zones de bas-fonds alors même que la loi l'interdisait de bien vouloir ne plus s'y installer parce qu'indubitablement c'est vers ces zones que se déversent une bonne partie des eaux évacuées, de la ville.

    La solution définitive aux inondations de la ville passe donc par l'évacuation des zones marécageuses de toutes les habitations à risque, le réaménagement de ces réceptacles pour la récupération des eaux de pluies pour des usages de développement (rizière, pisciculture, réservoirs d'eau pour les chantiers routiers etc.). Il serait également temps que la clarification foncière soit faite pour que certaines personnes ou collectivités cessent de vendre aux Cotonois des zones de Bas-fonds qui doivent être des aires protégées. Par ailleurs, la Municipalité doit renforcer son rôle de régulateur et d'incitateur pour le développement et l'urbanisation de la ville, avec des plans précis sur l'avenir de Cotonou : comment en faire une ville viable malgré ses bas-fonds et marais.

Publicité
Tag(s) : #Politique Béninoise
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :