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Promouvoir l'environnement au Bénin Guillaume Poulin-Goyer DELSON - Dans le village de So-Tchanhoué, situé au Sud du Bénin, les gens ne se recueillent pas pour pleurer lors de funérailles. Ils sortent génératrices et caisses de son et dansent toute la nuit. Ce fait n'est qu'une partie des découvertes que Mélissa Guillemette a faites en passant dix semaines dans la cité lacustre près de la capitale économique du pays africain, Cotonou. "Chaque jour était un spectacle au cours duquel il y avait 1 001 choses pour me surprendre", lance la Sainte-Catherinoise dont le séjour était organisé par le Club 2/3, en lien avec Québec sans frontières. L'étudiante en journalisme à l'UQÀM, qui devait y faire un stage au journal communautaire Tosô-Infos, a finalement effectué du travail de coopération internationale en environnement. Sa mission était de sensibiliser la population des environs du lac Nokoué à l'importance de la récupération, de la réutilisation et du compostage de déchets organiques. Chaque semaine, elle embarquait dans une pirogue pour aller rencontrer une association différente et sensibiliser ses membres aux enjeux environnementaux, discuter avec eux et leur enseigner des pratiques plus vertes. S'exprimant en français et parfois en toffin, Mme Guillemette leur expliquait notamment que la pollution produite par l'homme avait contribué à réduire le niveau de l'eau du lac Nokoué de cinq à deux mètres en 30 ans, rendant la pêche moins bonne. Comme il s'agit de la principale activité économique de l'endroit, il est primordial de préserver cette ressource et de lutter contre sa contamination. À titre d'exemple, elle illustrait qu'un adulte produit 55 kg de matières fécales par année, soit l'équivalent de son propre poids. Ces déjections entraînait des effets néfastes sur la santé des habitants des environs. La jeune de 20 ans raconte avoir constaté pareille pollution. "Je faisais de la pirogue et je tassais les crottes (avec ma rame)", indique celle qui donnait également des cours de français et d'informatique aux Béninois. Aux dires de l'aspirante journaliste, la sensibilisation fonctionnait. Et le fait que des étrangers s'inquiètent du sort de leur lac motivait encore plus les villageois. "Mais, on se frappait au mur qu'il n'y a pas vraiment de ressources financières disponibles", déplore-t-elle. Tout un dépaysement Durant son séjour en Afrique, Mme Guillemette vivait dans une famille. Le couple qui l'hébergeait offrait aussi leur maison sur pilotis à la mère du père de famille et à des enfants dont deux orphelins. Lors des repas, le père mangeait avec Mme Guillemette. Après s'être assurée de la satiété de la Canadienne, la mère pouvait s'alimenter à son tour. Ce qui restait était donné aux plus jeunes. "Je ne mangeais pas trop, car je voulais qu'il en reste pour les enfants", dit la voyageuse. Un repas ordinaire était composé de poisson assaisonné à la sauce tomate et accompagné de riz ou de couscous. "J'ai bien mangé", précise-t-elle. Comme le Bénin est le lieu de naissance du vodou, Mme Guillemette a été initié à cette pratique. Elle a rencontré un oracle qui, moyennant quelques francs CFA, la monnaie du pays, a aidé à ce que ses vœux se réalisent. "C'est un peu comme leur médecin et ils (les Béninois) y croit. Nous, on croit le médecin quand il nous donne une pilule. Eux, c'est la même chose." Le voyage lui a-t-elle donné la piqûre pour le travail humanitaire? Celle qui a l'intention de poursuivre ses études en journalisme se contente de répondre que le séjour a éveillé en elle un intérêt pour la coopération internationale. "J'ai beaucoup appris sur la communication interculturelle. L'expérience m'a aussi permis de prendre du recul versus ma culture et d'observer pour en comprendre une autre. Même quand on parlait en français, on ne parlait pas la même langue", affirme celle qui revenue au pays depuis quelques semaines. De retour au Canada la tête pleine d'images, elle restera marquée par les bons moments passés avec sa famille d'accueil. Elle retiendra surtout la fois où Alexis, son petit frère d'accueil presque sans revenu, a pris le peu de sous qu'il avait pour lui acheter un bonbon. "J'ai été touchée. C'est un beau souvenir", relate-t-elle. n | ||||||||||||
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