| | Il ne reste plus que quelques entreprises d'Etat qui échappent encore à la volonté du chef de l'Etat de ne composer qu'avec les cadres béninois travaillant dans les institutions internationales. En effet, en dehors de la Société béninoise des manutentions portuaires (Sobemap) qui, du reste, est appelée, dans les mois à venir, à être privatisée, presque toutes les sociétés et entreprises d'Etat sont maintenant dirigées par les cadres venus des institutions ou organisations internationales. Le directeur de la Société nationale de promotion agricole, Nicaise Fagnon, était un cadre de la Banque ouest africaine de développement (Boad). De même, que Christophe Aguessy, directeur du Port autonome de Cotonou. Le directeur de la Société béninoise d'énergie électrique Raphaël Dossou., de même que celui qu'il a remplacé, Soulé Mana Lawani, étaient des cadres concepteurs à la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest. La récente mutation opérée à la tête de la direction de la Douane a encore retenu l'attention de l'opinion publique nationale. A peine, l'Inspection générale d'Etat a-t-il terminé ses investigations, que le chef de l'Etat a procédé à des révocations et nommé à la tête de l'institution Gilles Gérald Hounkpatin, inspecteur des douanes, admis à la retraite depuis une dizaine d'années et en service dans une organisation internationale sous-régionale. L'intéressé a d'ailleurs exprimé sa grande surprise lors de la passation de service. Le recours aux cadres béninois en service dans les instances internationales va probablement se poursuivre au fur et à mesure que Boni Yayi fera le constat de manquements jugés graves dans la gestion des structures appartenant à l'Etat. En effet, avec les différentes mutations ou nominations qu'il a opérées à la tête des entreprises ou structures d'Etat, depuis son accession au pouvoir, le chef de l'Etat donne la preuve qu'il ne peut compter sur les cadres moulés dans le système de l'administration béninoise pour atteindre ses objectifs. La mise en oeuvre du système de management des institutions ou organisations internationales lui paraît plus adaptée pour engager le Bénin dans la voie de l'émergence. Pour avoir présidé aux destinées de la Boad, pendant une dizaine d'années, Boni Yayi a côtoyé nombre de cadres béninois en service dans les institutions internationales à qui il préfère confier, une à une, la gestion des structures et entreprises d'Etat. Ces cadres constituent aujourd'hui, aux yeux du chef de l'Etat, les seuls recours nécessaires au redressement économique du pays. Mais il se trouve que ces cadres « rapatriés », pour la plupart, ont entre temps, perdu tout contact avec l'administration béninoise ou ignorent certaines réalités propres à l'environnement béninois des entreprises publiques. Ces considérations liées notamment aux mentalités pourraient constituer des obstacles à la réalisation des tâches qui leur sont assignées. Ils ont par conséquent besoin d'être eux-mêmes encadrés pour éviter les écueils. | |