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Lundi 17 Septembre 2007 imprimer la page
     
 

MTN : Affaire d'Etats

 
     
     
     
 

   Ouf ! Fin de partie. Ce fut comme un rêve pour bien des consommateurs : Areeba le plus populaire des réseaux Gsm a été enfin, après un long bras de fer, autorisé à se remettre sous tension. Et cela, de la manière la plus inattendue : depuis l'Afrique du Sud.

   En effet, l'opérateur qui fut à l'origine des réticences de l'organe béninois de régulation des télécommunications à l'égard des modifications de nom qu'allait subir Areeba de Spacetel est le géant sud africain Mtn. Finalement l'affaire a été traitée par l'entremise de deux chefs d'Etat confirmant bien ce que laissait entendre la presse. Cette question des Gsm était donc loin d'être une affaire exclusivement nationale. Cela montre tout au moins que pour les Etats aussi, « business is business » et que chacun protège ses intérêts. En allant plus haut on a gagné du temps. Ce qu'il fallait faire dès le début. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Pour le Bénin et ses consommateurs, l'ardoise financière reste à contrebalancer avec la manne financière que laissent entrevoir les signatures des nouveaux cahiers de charge (globalement dans quelques jours, environ 60 milliards au titre de premier payement du prix de la nouvelle licence pour quatre opérateurs). Il y a d'autres avantages certains comme l'instauration de nouvelles règles et d'engagements réguliers et équitables, la transparence des accords. Le coût psychologique, de loin le plus important au niveau national, n'est pas à négliger ; car cette crise a ébranlé la confiance d'une partie de l'opinion publique, à mesure que le bras de fer se poursuivait et que les sacrifices supportés devenaient de plus en plus lourds. Un affaiblissement qui risquait de constituer un terrain favorable à la montée de la nébuleuse des problèmes sociaux hérités des gestions passées, problèmes que le gouvernement tente -avec plus ou moins de bonheur - de résoudre. Raison pour laquelle, le chef de l'Etat depuis la tentative de renouer le dialogue, par une brève entremise de l'organe de médiation de la présidence de la république, a repris le gouvernail de cette affaire. Et il n'a pas eu tort de le faire. Certaines dimensions de ce dossier dépassaient le seul contexte du Gsm. C'est tout l'avenir du Bénin émergent, en quête d'investissements massifs et durables, qui se jouait sur des méprises et une atmosphère de méfiance et de défiance, alors que les parties devraient vite prendre la mesure des intérêts énormes qu'ils représentaient, en dialoguant dans un état d'esprit de partenariat gagnant-gagnant. Fort heureusement, le président de la république a pris son bâton de pèlerin pour aller voir le Bon Dieu lui-même(une façon de parler !) au lieu de laisser les anges s'entredéchirer au risque de créer le syndrome d'une guerre économique qui aurait entamé le crédit de confiance nécessaire à des partenaires appelés à travailler demain, dans d'autres branches ou secteurs. Vu les effets pervers de la crise, les parties se doivent désormais, à travers leurs rapports et le respect de leurs engagements réciproques, s'efforcer de recréer des liens plus cordiaux, plus confiants, dans un esprit partenarial garantissant les intérêts, bien compris, de chaque partie. S'il y a des bénéficiaires, pour qui tous ces cadres ou dirigeants d'entreprises investissant au Bénin engagent des rapports contractuels, en vue de créer des emplois et des richesses pour les pays, c'est bien les peuples.

   Le message du chef de l'Etat, publié quelques heures après l'annonce de l'heureuse nouvelle, est à saluer pour son humilité, sa reconnaissance de la lourdeur des sacrifices sur le plan social, son invite aux Béninois à se préparer à d'autres défis qui supposent de nouveaux sacrifices. En définitive, comme le disait si bien notre consoeur de la télévision nationale, Annick Balley, pour débuter son journal télévisé sur cet épisode épuisant, : «Tout est bien qui finit bien ». Cependant, il n'y a point à se gloser, de quelque côté que penche nos opinions, de quelque triomphe que ce soit à l'issue d'une bataille dont le social sort ébranlé. Il s'agit maintenant, de tirer leçon de la crise pour mieux gérer les défis futurs d'assainissement de nos dysfonctionnements. Quels que soient les sentiments –dégoût, exaspération, révolte qu'ils nous inspirent- les cadres chargés de faire la chirurgie de nos structures économiques, sociales et administratives pour y extraire les cellules malades, se doivent de faire l'apprentissage de la sérénité, de la compétence, de l'expérience et du sang froid. Ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à tous ces dysfonctionnements sont toujours là, les mêmes cadres, trouvant hier de justification à toutes les tribulations commises par des actes politico-administratifs, se réfugiant sous le parapluie de la contrainte venue d'en haut, se complaisant -par réalisme ou par pragmatisme - au contexte. Ce sont eux encore qui sont appelés à fossoyer les errements d'hier dans le contexte d'aujourd'hui. « Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre ». Le travail de salubrité, en marche sous l'ère du changement, devrait être plus un acte de contrition générale, de renouveau, de pédagogie, dans un esprit d'humilité plus que dans un esprit de croisade. Comprendre quels sont les motivations et les mécanismes qui ont conduit à la construction de ces dysfonctionnements, s'attaquer aux éléments qui les ont favorisés, est peut-être aussi une des approches pour les éradiquer aujourd'hui et les supprimer totalement dans le Bénin de demain ; quand le contexte assaini sera propice aux bonnes attitudes, aux meilleurs comportements.

 
 
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2004© continentalmag.com

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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