Presque exclusivement noirs, les manifestants venus en train, en car ou en voiture ont pris pacifiquement d'assaut les rues de cette petite ville de 3 000 habitants du Sud profond des Etats-Unis, chantant "Libérez les six de Jena !". L'appel à manifester, relayé par des centaines de journaux, de blogs ou de radios, fait suite à l'inculpation très sévère de six jeunes Noirs impliqués dans l'agression, en décembre, d'un adolescent blanc qui n'avait été que légèrement blessé.
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Présent à Jena, Martin Luther King III, le fils du leader de la lutte pour les droits civiques, a affirmé que "la justice ne s'applique pas de la même façon pour tous les crimes et tous les gens". De son côté, le révérend Al Sharpton, combattant de la cause noire, a estimé que la marche marquait le début de la lutte pour les droits civiques du XXIe siècle, centrée, cette fois, sur les disparités du système judiciaire.
La communauté noire américaine s'est largement emparée de l'affaire. Le souvenir des luttes des années 1960 était présent à l'esprit des plus âgés, jeudi. Elizabeth Redding, 63 ans, qui participa aux marches de Selma, dans l'Alabama, qui furent le point culminant du mouvement pour le droit de vote des Noirs américains, a confié que marcher à Jena "est terrible, car, alors, nous n'avons pas fini le travail".
En juin, le premier des "six de Jena" à être jugé, Mychal Bell, 17 ans, a été reconnu coupable de coups et blessures par un jury entièrement composé de Blancs. Cette sentence a été cassée la semaine dernière par une cour d'appel qui a ordonné que l'adolescent soit jugé comme un mineur. Mais les manifestants veulent poursuivre leur action tant que Bell et les cinq autres inculpés restent menacés de prison.
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