| | Il y a quelques jours, c’étaient des femmes qui étaient dans les rues pour exprimer leur voeu de voir Nicéphore Soglo revenir aux commandes de la mairie après les prochaines élections communales de janvier 2008. Hier jeudi, ce sont des marcheurs, toutes catégories confondues , mais à majorité des conducteurs de taxi moto, qui ont défié la canicule pour crier haut et fort qu’ils voudraient susciter la candidature de Nicéphore Soglo. Le maire de Cotonou de son coté, fait depuis quelques semaines, une tournée dans les localités relevant de sa juridiction en vue de faire le bilan de ses actions à la tête de la municipalité et proposer des perspectives meilleures si ses administrés lui renouvelaient leur confiance. Dans les jours à venir, il faudra s’attendre à d’autres actions de grande envergure. La concomitance de ses différentes actions relayées par la presse ne laisse aucun observateur indifférent: l’ancien président de la République veut avoir une longueur d’avance sur ses adversaires, lui qui veut encore faire une autre expérience de retour devant les électeurs, un exercice redoutable dont il n’a sûrement pas gardé de très bons souvenirs, lors des présidentielles de 2001. « Cotonou est une chasse gardée de la Renaissance du Bénin », dit-on souvent. Et cela, dans une certaine mesure, s’est vérifié lors des précédents scrutins. Mais les données, semble-t-il, auraient considérablement évolué ces dernières années. La cote des Soglo à Cotonou se serait- elle vraiment érodée, ces dernières années, au point de susciter des inquiétudes chez les « houézêhoué» comme le prétendent les adversaires ? Difficile à prouver. Certes la Rb a connu bien des soubresauts notamment des démissions en cascade avant les dernières législatives. A cela s’ajoutent certaines, rumeurs devenues persistantes, selon lesquelles le chef de l’Etat, voudrait désormais contrôler la municipalité de Cotonou en ayant à sa tête un de ses proches. Toutes ses considérations expliqueraient-elles ces manifestations de soutien préélectoraliste? Il est certain que si elles ne sont pas suscitées directement par les autorités de ce parti, elles ont tout au moins leur aval et n’ont d’autres objectifs qu’à marquer le territoire électoral de la Rb et à prouver aux militants et aux Cotonois que le maire actuel a bien l’intention de garder son fief, contre toute tentative de le lui ravir. Selon certaines analyses, les prochaines élections municipales constituent un tournant important pour la carrière politique du leader charismatique de la Renaissance du Bénin. S’il fait une expérience malheureuse au terme de ces élections, il encourt le risque de sortir de la scène politique béninoise à une position peu enviable et laisserait ainsi son parti dans une situation de leadership difficile. En cas d’échec, la Renaissance du Bénin perdrait en effet un fief important et amorcerait quasi inévitablement une descente aux enfers. Dès lors, l’on comprend le sens des initiatives qui sont prises par ce parti pour conforter ses bases. Mais cette stratégie de sortie prématurée pourrait avoir un revers. Il pourrait en effet être perçue par le pouvoir en place comme une provocation, un véritable défi , car la municipalité de Cotonou présente beaucoup d’enjeux pour un chef d’Etat qui affiche de grandes ambitions. Le succès remporté par la liste « Force cauris pour un Bénin émergent », au sortir des dernières élections législatives, pourrait donner des idées. | |