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Mercredi 24 Octobre 2007
     
  Que restera-t-il de l’image de la Sonapra ?  
     
  Encore un nouveau rebondissement et le feuilleton sur la privatisation de l’outil industriel de la SONAPRA reprend de plus belle avec une nébuleuse dont on ne maîtrise pas encore les tenants et les aboutissants. A la fin, que restera-t-il de l’image de la SONAPRA?  
     
 

   Jamais un dossier de privatisation n’aura fait couler autant d’encre et de salive au Bénin. Alors qu’on croyait le sort de l’outil industriel de la Sonapra (Société nationale pour la promotion agricole) définitivement scellé, le gouvernement vient d’abroger le décret portant création de la Sodeco (Société pour le Développement de Coton). Motif : « des irrégularités constatées dans la procédure ayant abouti à la création de ladite société ». A l’origine de ce volte-face, une intervention télévisée du Président de l’Observatoire pour la lutte contre la corruption doublée d’une critique de la presse quotidienne dénonçant des tractations peu orthodoxes qui auraient prévalu dans l’attribution du capital de la nouvelle société à l’adjudicataire de l’appel à concurrence. Ainsi, le gouvernement vient de donner raison à certains observateurs du dossier pessimistes qui avaient parié que ce processus n’était qu’un épisode du feuilleton sur la privatisation de la Sonapra qui serait très loin de connaître son épilogue. Depuis le lancement du processus de privatisation en mars 2003 à ce jour, beaucoup de choses se sont passées. Suspensions de dossiers d’appel d’offres, diverses assignations de l’Etat, remontrances des bailleurs de fonds, mouvements des travailleurs de la Sonapra, au point que le dossier de privatisation de cette société d’Etat a fini par émousser l’intérêt des repreneurs potentiels. La belle preuve en est le nombre limité d’entreprises qui ont soumissionné au dernier appel à concurrence lancé par le gouvernement. Les premières personnes à marquer leur désintérêt pour la Sonapra au fil des quiproquos qui ont entaché le processus ont été les investisseurs étrangers.

   Un dossier qui fatigue

   Depuis la suspension du tout premier appel d’offre pour la sélection des banques d’affaires, le dossier a perdu de son intérêt dans les milieux d’affaires internationaux du coton, surtout que la situation du marché international du coton n’incitait plus tellement les capitaux étrangers à investir dans un pays comme le Bénin où le coton, en dehors de sa meilleure qualité ne présente pas assez d’avantages comparatifs sur le marché international. Du coup, les étrangers se sont retirés de l’affaire et seuls les nationaux se sont intéressés à la reprise de la Sonapra. Au regard des difficultés que connaît le processus actuellement en cours, des réelles inquiétudes subsistent quant à l’avenir des usines de la Sonapra. Car d’aucuns redoutent même que le gouvernement aillent au-delà de la Sodeco en remettant en cause les résultats de l’appel d’offres qui a concédé les 52% du capital de la nouvelle société à la Sbp (Société béninoise de participation). Dans ce cas, qui va encore s’intéresser à la Sonapra ? D’autant que l’adjudicataire serait, semble-t-il, un consortium d’égreneurs nationaux et que tous les égreneurs qui à un moment ou un autre se sont impliqués dans la cession de la Sonapra s’en sont sortis déçus. Si l’on n’y prend pas garde, il y aura un risque de perte totale d’intérêt de l’enjeu par les privés et il restera de la Sonapra l’image d’une société à problèmes. L’ultime solution serait le maintien des usines dans le patrimoine de l’Etat. Ce à quoi n’aspire certainement pas le gouvernement. Autrement, on n’en serait pas à ce nouveau blocage. Dans un autre registre, le fait que le gouvernement abroge à tout vent des décrets n’est pas un indicateur rassurant pour les investisseurs. Le secteur des Gsm n’en finit pas de livrer ses surprises. De même, les nouvelles difficultés qui surgissent dans la privatisation de l’outil industriel de la Sonapra confirment une fois encore la thèse du manque de confiance aux investisseurs nationaux. Toutes les fois que ceux-ci ont voulu reprendre une société d’Etat, l’initiative s’est souvent soldée par un fiasco. Le dossier Sonapra en est une parfaite illustration. Les hommes d’affaires béninois manquent-ils tous de crédibilité ou c’est la « béninoiserie » qui empêche les investisseurs nationaux de s’épanouir sans crainte dans leur pays ? Difficile de répondre à la question. Toujours est-il que le Bénin est un pays où tout finit par se savoir.

 
 
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2004© continentalmag.com

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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