Les opportunités de financement alternatif comme la micro finance deviennent, de par le monde, un créneau porteur pour de nombreux pays pauvres qui en font un véritable enjeu de développement. Mais comment faire pour optimiser la contribution des migrants dans ce secteur ? C’est à cette question que de nombreux acteurs du monde de la micro finance et des représentants de la diaspora venus de l’Afrique, de l’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est réfléchiront pendant deux jours à travers la conférence mondiale sur la micro- finance, les transferts d’argent et le développement qui s’ouvre demain au Palais des Congrès de Cotonou. « Cette conférence vise à définir avec des délégués des diasporas africaines des mécanismes pour diriger les transferts d’argent vers les institutions de micro finance », a déclaré hier Soukéya Ba, Directrice exécutive de INAFI (Fondation Internationale des Institutions de financement alternatif), hier au cours d’une conférence de presse. Il s’agit donc d’aider les institutions de micro finance à disposer de capitaux plus importants pour toucher le plus grand nombre de la population africaine et « consentir les investissements requis pour rentabiliser l’épargne des migrants, développer les communautés africaines et participer de manière plus déterminante à la lutte contre la pauvreté ».
Contrainte majeure
Le manque de ressources constitue l’un des problèmes qui conduisent nombre d’institutions de micro finance en Afrique à fermer leurs portes. Une étude réalisée en 2004 indique que 90% des 120 institutions de micro finance enquêtées évoquent le manque de ressources comme l’une des contraintes majeures pour leur croissance. Pourtant, une masse importante de fonds fait l’objet de transfert dans les pays en développement. Le volume de transfert des migrants dans le monde en développement serait au moins deux fois plus élevé que le montant de l’aide au développement. Les transferts représentent à ce titre, la plus grande source de capital extérieur dans la plupart des familles des migrants et servent pour l’essentiel à la consommation. Il est donc possible d’orienter la destination de ces fonds importants vers l’investissement. La mobilisation de l’épargne pour le micro financement permettra également d’accroitre la part du continent africain dans le flux des investissements des migrants. Faisant hier le point sur l’état des systèmes de micro finance au Bénin, Daouda Sawadogo, Président de l’INAFI, a relevé que l’investissement dans ce secteur s’est développé de façon plus lente en Afrique alors que ces trois dernières années, on a assisté à une explosion grandissante du volume du capital investi au niveau mondial, passant de 1 milliard de dollars en 2003 à 4 milliards de dollars en fin 2006. ‘’ Le montant du capital extérieur vers l’Afrique, et vers le secteur de la micro finance est absolument disproportionné et petit, comparé aux flux vers les systèmes de micro finance en Asie et en Amérique latine », souligne-t- il. Ces deux régions ont pu mobiliser en 2006, entre 6% et 41,8% du capital des institutions de micro finance à travers la contribution de leurs diasporas.