Lentement mais sûrement l'étau se resserre autour de Kamarou Fassassi. Depuis la sortie du Fonac qui a révélé les actes de mauvaise gestion à la Société d'énergie électrique, certaines rumeurs avaient fait état de ce que, l'ancien ministre ne serait pas totalement étranger à ces actes. Ces rumeurs semblent progressivement se confirmer avec le rapport de l'inspection général d'Etat qui lui impute une part de responsabilité dont la portée sera appréciée par la Haute cour de justice si elle est effectivement saisie. D'abord ministre des Transports et des Travaux publics lors du retour au pouvoir de Mathieu Kérékou en 1996, il fut contraint par la solidarité à la démission collective du gouvernement des membres du Parti du renouveau démocratique, sa première formation politique. Artisan du second mandat de Mathieu Kérékou, transfuge du Prd, il a été rappelé au gouvernement et s'est vu confier le portefeuille des Mines et de l'Energie. Il le détiendra durant tout le quinquennat. Il faisait d'ailleurs partie de ceux qui ont appelé très activement à modifier la constitution pour permettre à Mathieu Kérékou de rempiler. Il avait justifié son choix, à l'époque, par le fait que " l'ancien chef de l'Etat était, pour le Bénin, un envoyé de Dieu".
Kamarou Fassassi est un pur produit de l'ancien régime auquel il est resté très attaché. Au sein du gouvernement de l'ancien chef de l'Etat, il est cité parmi les fidèles. Est-il l'un des commanditaires des actes qu'on impute directement à ses collaborateurs ou a-t-il simplement été négligeant au point de les laisser piller systématiquement le patrimoine de la Sbee ? Il appartiendra à la justice de situer les responsabilités. On retiendra surtout de la procédure initiée par le gouvernement un signal fort envoyé à ceux qui appartenaient à l'ancien système et qui ont rallié le camp de la majorité présidentielle. Jusque là, le chef de l'Etat est resté dans sa logique de lutter contre la corruption. Il s'attèle à donner un contenu réel à sa « marche verte contre la corruption ». Par conséquent, aucun obstacle ne doit être fait à la procédure qu'il a initiée, car le peuple a bien soif de savoir la vérité sur la gestion de la Sbee qui était l'un des fleurons de l'économie nationale. Le pillage de ses ressources l'a conduite à une situation de surendettement et de faillite qui oblige l'Etat à initier sa privatisation.