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LES TURPITUDES DE L'ARCHE DE ZOE OU LES CONSEQUENCES INELUCTABLES DU DROIT D'INGERENCE POLITIQUE ET HUMANITAIRE
Le 24 octobre 2007, le gouvernement tchadien interpelle les membres de l'ONG appelée Arche de Zoé qui s'apprêtaient à convoyer en France, 103 enfants ramassés au Tchad, officiellement présentés comme des orphelins, pour les confier à des familles françaises qui pour la plupart attendaient dans un aéroport en France pour les accueillir. Beaucoup ont dû payer des sommes importantes à cette association, certains jusqu'à 6.000 euros soit près de 4 millions de Francs CFA. En compagnie des membres de l'ONG, il y avait des journalistes français et l'équipage de l'avion espagnol affrété pour le convoi.
L'indignation suscitée à travers le monde face à cette affaire rocambolesque et indécente est immense. Même Bernard Kouchner l'un des fondateurs et défenseurs zélés du droit d'ingérence politique et humanitaire a traité les membres de l'ONG de zozos, ce qui en français familier signifie écervelés ou illuminés, c'est selon.
Tout ceci nous amène aux réflexions suivantes :
1 - Avec les organisations démocratiques et progressistes internationales, béninoises et africaines, nous avons démontré que le droit d'ingérence politique est un droit qui permet aux pays puissants de dicter leur loi aux plus faibles. Jamais par exemple on ne verra un pays comme le Bénin exercer un droit d'ingérence politique vis-à-vis des USA ou de la France.
2 - De bonne foi, certains pensaient que cette politique permettrait de se débarrasser des dictateurs. Dans son application, ils ont constaté que chaque grande puissance avait ses bons et ses mauvais dictateurs et qu'en plus d'être un droit léonin sur le plan des relations internationales, le droit d'ingérence politique est une notion mystificatrice.
3 - Depuis qu'elle s'est ensablée sur les berges du Tigre et de l'Euphrate en Irak, la politique du droit d'ingérence politique a perdu de sa superbe et ses tenants font profil bas en tentant de plus en plus de se retourner vers le droit d'ingérence humanitaire.
DU DROIT D'INGERENCE HUMANITAIRE
1 - Le droit d'ingérence humanitaire, en réalité dans l'esprit de ses concepteurs n'est pas séparé du droit d'ingérence politique; il consiste à voler au secours d'un peuple en danger à cause de la politique répressive de son gouvernement, ou bien parce qu’il est victime d'une guerre qui se déroule dans sa région; c'est le cas actuellement au Darfour et à l'est du Tchad avec la guerre civile dont sont victimes les populations.
2 - On remarque que chaque gouvernement et les intellectuels qui se meuvent dans son sillage s'impliquent en général pour une cause selon l'importance des intérêts économiques de leurs Entreprises dans le pays. En Birmanie, le gouvernement français a fait profil bas à cause des intérêts de TOTAL dans le pays. En République Démocratique du Congo victime d'une agression de ses voisins encouragés et soutenus par les USA et d'autres puissances dans une guerre qui a fait 4 millions de morts c'est silence radio. Au Darfour région du Soudan où TOTAL et des sociétés américaines sont en concurrence avec des sociétés pétrolières chinoises qui occupent la place et où la guerre risque de déstabiliser le Tchad où opèrent des sociétés pétrolières américaines ainsi que le pouvoir de l'ami DEBY protégé de la France, la mobilisation s'est faite sur tous les médias occidentaux.
QUAND L'ENFER EST PAVE DE BONNES INTENTIONS
Avec la mobilisation massive en faveur du Darfour et la dramatisation orchestrée par certains, le climat était propice à des dérives du genre des agissements de l'ONG Arche de Zoé.
L'image dominante de l'Afrique dans les médias occidentaux, c'est la misère, la famine, les guerres, les enfants aux ventres ballonnés, en haillons etc. En gros, on présente les conséquences d'une situation mais jamais la cause qui est la domination que subit l'Afrique de la part des grandes puissances et de leurs monopoles par agents locaux interposés. De ce point de vue, on n'empêchera jamais des gens plongés du matin au soir dans des discours catastrophistes et les appels incessants à la générosité de se lancer de bonne foi dans le sauvetage de l'humanité ou de s'engager pour certains avec des desseins machiavéliques.
Voilà pourquoi on trouve de tout au niveau des ONG, des escrocs qui profitent de cette détresse pour se livrer à des trafics d'enfants et des illuminés qui sont convaincus qu'ils peuvent faire le bonheur des gens à leur place. On ne peut comprendre autrement la déclaration d'un des membres de l'Arche de Zoé: « Notre opération est un vaccin contre la connerie des hommes. »
L'ARCHE DE ZOE ET SES PRATIQUES D'UN AUTRE TEMPS
Selon ce que rapportent les médias, les membres de l'ONG allaient dans les villages avec leurs collaborateurs tchadiens, distribuaient des bonbons aux enfants pour qu'ils les suivent, donnaient de l'argent aux chefs de village ou de collectivités pour avoir leur accord afin d'emporter les enfants présentés comme des orphelins ; presque les mêmes méthodes que les anciens esclavagistes.
Le gouvernement français était au courant de ces agissements puisque le Secrétariat d’Etat aux Droits de l'homme indique avoir adressé des mises en garde à six ministères pour prévenir les familles susceptibles d'adopter des enfants, de l'illégalité de cette opération les 1er août et 27 septembre 2007 soit près de deux mois avant l’arrestation des aventuriers de l’Arche de Zoé. Curieusement, personne ne parle du gouvernement tchadien, et lui-même sur le territoire duquel ses ONG agissent en toute impunité ne lève le petit doigt. Ceci indique correctement la conception qu'il a de l'indépendance et de la souveraineté nationale de son pays. Alors, lorsqu'éclate l'affaire, et qu'Idriss DEBY, le satrape de N'djaména vient faire son cinéma en versant des larmes de crocodile sur le sort des enfants, il ne peut que provoquer du dégoût. Protégé par l'armée française qui stationne au Tchad et qui lui a sauvé la mise tout dernièrement contre ses opposants, DEBY ne peut rien refuser à la France qui fait la pluie et le beau temps chez lui. Ce n'est pas pour rien qu'il a fait siéger le tribunal un dimanche pour permettre à SARKOZY de repartir avec les journalistes et les hôtesses de l'air espagnoles. Les déclarations provocatrices du Président français indiquant qu'il irait chercher les membres de L'Arche de Zoé au Tchad quoi qu'ils aient fait indiquent le peu de considération qu'il a pour son protégé de N'djaména et pour le peuple tchadien. Une telle arrogance est inacceptable pour les peuples africains dont la dignité et la souveraineté sont ainsi bafouées.
Pour notre part, nous considérons comme le peuple tchadien, que les membres de cette ONG doivent être jugés au Tchad pour leurs forfaits. Toute autre solution ne contribuerait qu'à humilier encore plus le peuple tchadien et les peuples africains.
Dans une interview rapportée par un journal, un membre de l'Arche de Zoé se félicitait de leur succès lors du tsunami en Asie ; est-ce à dire qu'en Indonésie ou au Sri-Lanka aujourd'hui, des mères et des pères sont en train de rechercher leurs enfants « perdus ou morts » pendant le tsunami alors qu'ils seraient en France faisant le bonheur de familles en manque d'enfants?
Nous avons dit plus haut que dans une interview, Bernard Kouchner, l'un des inventeurs du droit d'ingérence politique et humanitaire a traité les membres de l'Arche de Noé de zozos. Le drame dans ce genre d'affaire, c'est que les plus zozo ne sont pas toujours ceux qu'on croit et que parfois, il y en a qui sont plus zinzin que les zozos.
Dans les méandres des relations internationales, les peuples africains doivent rester vigilants pour toujours discerner où se situent leurs intérêts, pour ne pas se laisser abuser par les marchands d'illusion et les hâbleurs de tout acabit.
Le CCDB et les démocrates béninois se tiendront toujours à leur côté dans la lutte pour la dignité, la démocratie et l'indépendance nationale.
Paris 14 novembre 2007.
La Direction
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