| Gestion des affaires de l’Etat : Des ministres mécontents de leurs collaborateurs | |
| Écrit par Le Matin du 22/11/2007 | |
| Le gouvernement a repris progressivement la nomination des responsables dans les cabinets ministériels. Mais dans beaucoup de ministères, l'ambiance de travail n'est pas conviviale... Certains ministres cohabitent difficilement avec leurs anciens ou nouveaux collaborateurs parce qu'ils ne sont pas satisfaits de leur rendement, par manque de confiance ou pour des questions d'humeur. Dans certains ministères, l'ambiance de travail est viciée. Ils sont nombreux, les collaborateurs des anciens ministres du général Kérékou qui continuent de travailler à leur poste sous l'autorité des membres du gouvernement de Boni Yayi. Ils sont ensemble mais la collaboration n'est pas franche. Il y en a qui s'ennuient et sont impatients de partir du ministère dans la mesure où le ministre leur confie rarement des tâches et préfèrent travailler avec d'autres qui sont du même bord politique que le chef de l'Etat et en qui ils ont plus confiance. C'est vrai qu'il y a aussi des ministres de Boni Yayi qui sont insatisfaits de leurs collaborateurs pour des raisons de compétences et d'efficacité mais dans la plupart des cas, chaque membre du gouvernement aussitôt nommé, souhaite lui-même choisir ceux avec qui il va collaborer. Pour les ministères où les membres du cabinet ont été déjà nommés, quelques problèmes se posent également. Des sources proches du pouvoir révèlent que les propositions faites par les membres du gouvernement pour leur cabinet ne sont pas dans la plupart des cas prises en compte. Le dernier mot revient au chef de l'Etat. En dehors de ce dernier, il y aurait un lobby au sein du gouvernement et autour du pouvoir qui arrive à positionner leurs hommes. Ceux-là se proclament les artisans de la victoire d u Président Boni Yayi à la présidentielle 2006. Ils estiment qu'ils se sont investis pour sa campagne électorale et que ce n'est qu'une question de justice que le chef de l'Etat privilégie d'abord ceux qui ont vraiment lutté pour son avènement au pouvoir. La conséquence de tout cela est que des collaborateurs sont nommés et imposés à des ministres. Ces derniers par crainte pour le chef de l'Etat et par devoir de discipline acceptent, malgré eux, ceux qu'on leur propose pour les postes de responsabilité. Mais cette situation ne fait pas avancer le travail. Si cela perdure, il sera difficile au pouvoir d'espérer de bons rendements des cadres et une bonne performance des départements ministériels. On a besoin parfois des hommes de confiance pour garantir la qualité du travail. Mais lorsque la méthode choisie ne donne pas les résultats escomptés, il est mieux, par sagesse, de se raviser afin de faire d'autres expériences. Car mieux vaut tard que jamais. Euloge R. GANGAHO |
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