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Le président de la République a beau jeu de faire allusion à de tels précédents pour minimiser le cadeau qu'il a accepté de faire au dirigeant libyen. Il n'empêche : la hâte à recevoir le "Guide", les prévenances dont il est entouré pour une bien longue visite donnent à la France un rôle peu glorieux. En ne posant aucune condition à l'approfondissement de sa relation avec Tripoli, Paris accorde un blanc-seing à un vieux dictateur dont le principal atout semble tenir à ses réserves de pétrodollars.
A la différence d'Angela Merkel, qui défend les droits de l'homme et les principes démocratiques en tous lieux et quel que soit son interlocuteur, M. Sarkozy profite de l'incapacité de l'Europe à adopter une position commune sur ces questions pour se "placer" auprès des dirigeants les moins respectueux des libertés. Il n'est pas anormal d'avoir un dialogue avec la Libye, pays qui compte sur la rive africaine de la Méditerranée. Mais le langage de la France semble contraint par l'accord, resté mystérieux, qui a présidé à la libération des infirmières, le 24 juillet. Le malaise exprimé soudain par Bernard Kouchner et Rama Yade, membres du gouvernement, vise à désamorcer les critiques plutôt qu'il n'exprime une exigence.
Au soir de son élection, M. Sarkozy avait annoncé que la France serait "aux côtés des opprimés" et qu'elle était "de retour" en Europe. Il donne aujourd'hui au colonel Kadhafi l'occasion de pavoiser. Il aura été le seul dirigeant de l'Union européenne à féliciter Vladimir Poutine pour le résultat des élections législatives en Russie. M. Sarkozy ne tient pas parole.
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