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2ÈME JOURNÉE NATIONALE DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION


Alidou Koussé parle d’un mal persistant

11 décembre 2007

par Karim Oscar ANONRIN

Imaginez-vous un pays qui a toutes les chances de devenir d’ici l’an 2025 un pays émergent avec une économie à l’image de celle des " dragons d’Asie ", mais à la seule condition que la corruption disparaisse. C’est du Bénin qu’il s’agit. Le phénomène de la corruption gangrène l’économie du Bénin et freine son développement. Les concepteurs de la lutte contre le fléau l’ont encore rappelé hier à la faveur d’une conférence publique à l’occasion de la deuxième édition de la journée nationale de lutte contre la corruption. La salle de conférence de la Direction nationale des impôts et des domaines était devenue trop petite pour contenir les participants venus écouter l’exposé de Alidou Koussé, Inspecteur général d’Etat. Placée sous le thème : " Le dispositif national de lutte contre la corruption : Etats des lieux, bilan des activités et perspectives ", la conférence a été l’occasion pour les participants d’avoir un bref aperçu sur les faits historiques de la corruption, les règlementations juridiques, les actions de lutte contre le fléau et les perspectives. En effet, selon Alidou Koussé, la corruption a toujours été au rendez-vous des différents gouvernements de notre pays depuis les premières années de l’indépendance ; ce qui a conduit à la création successive de plusieurs commissions pour juguler le mal. Ainsi, en 1965, il y a eu la Commission nationale d’enquête et de vérification, la Commission de vérification des biens en 1989, la Commission Amoussou Kpakpa en 1990 mais qui a dû déposer le tablier à cause des pressions, la Cellule de moralisation de la vie publique en 1996 avec à sa tête Mme Anne Cica Adjaï, la Commission Ahanhanzo-Glèlè en 1999, l’Inspection générale d’Etat en 2007, pour ne citer que celles-là.

En ce qui concerne la réglementation au Bénin, l’Inspecteur général d’Etat a laissé entendre que le Bénin dispose d’une armature juridique impressionnante pour lutter contre la corruption. Cependant, " bon nombre de textes font défaut pour la répression de l’enrichissement illicite et l’abus des biens sociaux ", a précisé Alidou Koussé. Toujours selon lui, le plan stratégique de lutte contre la corruption est aujourd’hui mené par trois organes non négligeables à savoir : l’Inspection générale d’Etat, l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des services et emplois publics sans oublier les efforts des membres des organisations de la société civile qui jouent le rôle d’éveilleur de conscience dans la lutte contre le mal. Pour conclure son exposé, l’Inspecteur général d’Etat, Alidou Koussé a déclaré que beaucoup de choses restent encore à faire pour bouter le phénomène de la corruption hors des frontières du Bénin. Il a également exhorté chaque citoyen à s’appropier la lutte contre la corruption. Notons que la conférence publique a connu la présence du président du Conseil économique et social (Ces), Rafiou Toukourou, et de quatre membres du gouvernement à savoir, le ministre de la réforme administrative et institutionnelle, Idrissou Bio Gounou Sina, le ministre chargé des relations avec les institutions, Porte-parole du gouvernement, Alexandre Hountondji, le Garde des sceaux, ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme, Gustave Cassa, et le ministre de la culture et de l’artisanat, Soumanou Toléba.

Karim Oscar ANONRIN

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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