MESSAGE DES VŒUX DU NOUVEL AN 2008
Chers compatriotes,
Je me permets, en ce nouvel an, de vous souhaiter la bonne année, avec l’espoir que la destinée qui nous est commune en tant que Béninois nous mènera à des horizons plus sereins, faits de santé, de bien-être et de progrès pour tous, non seulement pour 2008, mais également pour les années à venir.
Cette nouvelle année commence au moment où notre pays, le Bénin, est plongé dans une crise politique-économique sans précédent doublée par l’impunité totale pour les pilleurs de la richesse nationale.
Yayi Boni, dans son discours sur l’état de la Nation vient encore une fois d’avouer non seulement son impuissance, mais aussi son incompétence à trouver des solutions aux problèmes auxquels vous faites face chaque mois, chaque semaine, chaque jour et ce depuis 20 mois qu’il est au pouvoir.
Quand celui qui se dit chantre du « changement » et de « l’émergence » en vient à résumer son action avec des mots comme « j’ai parlé , j’ai indiqué la voie, j’ai tracé des sillons », c’est que nous avons atteint le degré zéro de l’incompétence. Pourtant, de mémoire de béninois, aucun Gouvernement n’a jamais compté autant de Docteurs, toutes disciplines confondues !
C’est bien beau de parler, même de marcher, d’indiquer la voie, de tracer des sillons. Encore faut-il pouvoir montrer, concrètement, ce que cette parlotte , ces marches et ses sillons ont changé de positif dans la vie des béninois en 20 mois de pouvoir sans partage.
Chers compatriotes,
En 20 mois de pouvoir, Yayi Boni a certes beaucoup parlé. Ces paroles faites de promesses creuses vous ont toujours laissé les mains et les estomacs vides. Yayi Boni a certes beaucoup indiqué la voie, mais cette voie a toujours été celle du ventre, de la corruption, de la gabegie et du vampirisme d’état.
La Communauté internationale n’a jamais autant injecté de l’argent dans les caisses de l’état béninois. Des obligations qui engagent l’avenir de nos enfants ont été lancées sans vision. Les sillons tracés par Yayi Boni en 20 mois de gestion désastreuse de notre pays ont fait de l’état béninois un état requin. Une requinerie, un bal des vampires où l’on suce sans pitié et sans humanité le sang des Béninois pour une poignée de CFA ensanglantés. Résultat, les Béninois passent aujourd’hui plus de temps dans les églises et autres sectes pour noyer leur chagrin.
Et comme à son habitude, à l’approche des élections (élections municipales de février 2008), Yayi Boni semble soudainement se réveiller de sa léthargie. Il vous promet, encore une fois, monts et merveilles, des système de santé sophistiqués, du travail pour tous, et j’en passe. Comme par miracle, Yayi Boni se dit désormais capable de faire en un an ce qu’il n’a pas pu faire en 20 mois. Comment expliquer que ce soit 20 mois plus tard que Yayi Boni en vienne à se rendre compte que le Béninois n’est ni employé, ni soigné, ni heureux? Comment expliquer qu’en 20 mois, Yayi Boni ne se soit rendu compte que dans son pays les Béninois meurent comme des chiens faute de médicaments dans les hôpitaux et faute de soins de santé digne de ce nom sur toute l’étendue du territoire national?
Chers compatriotes,
Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’il faut laisser du temps aux sirènes des change menteurs. Que 20 mois c’est peu! Yayi Boni, ancien DG de la BOAD à Lomé connaissait l’état du Bénin. C’est donc en connaissance de cause qu’il a demandé et obtenu le suffrage de ses concitoyens.
Le 12 mars 1990, Nicéphore SOGLO à qui tout le pays a confié « les travaux d’Hercule » de la période transitoire déclara:
« Nous héritons d’une économie sinistrée, en pleine décomposition. Aucun secteur ne tient plus debout, pas même l’agriculture. La Banque Mondiale estime qu’il faut un minimum de 7 à 10 ans pour restructurer une économie en pleine déconfiture et dont tous les indicateurs ont viré depuis longtemps au rouge. Et l’on ne nous accorde que 11 mois pour essayer de jeter les bases d’un redressement ».
Comme Hercule, Nicéphore Soglo réussira la mission en très peu de temps. Cela lui vaudra d’être élu Premier Président de la troisième République du Bénin.
Chers compatriotes,
Depuis sa création, la Cour Constitutionnelle de notre pays n’a jamais autant censuré les décisions du Gouvernement. C’est une preuve de l’incompétence notoire des gens qui rédigent des actes dans la précipitation éhontée. C’est dire aussi que la volonté dictatoriale des princes qui nous gouvernent existe bel et bien.
Les rapports d’audit de plus de 8000 pages ont épinglé plusieurs personnalités sans qu’on ne sache à ce jour ce qu’on en a fait. Des cadres notoirement corrompus sont laissés en liberté et peuvent organiser la disparition des preuves et jouir paisiblement des biens acquis illégalement avec les deniers de nous tous.
Deux Députés accusés des faits très grave continuent de siéger à l’Assemblée Nationale alors qu’ils ont été élu sur la liste du Parti-Etat FCBE. Dans un pays civilisé, ils auraient démissionné d’eux-mêmes pour assurer la défense de leur honorabilité. Quitte à réintégrer l’hémicycle une fois lavés de tout soupçon.
Chers compatriotes,
M’adressant enfin à vous peuple béninois, je vous rappelle de ne jamais oublier que vous êtes le souverain primaire, donc source de toute légitimité, et que vous devez résister par tous les moyens contre toute dictature d’où qu’elle vienne susceptible de compromettre les acquis de la Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990.
« Le désordre est apparu sur terre et en mer du fait des agissements des humains. Dieu fera expier aux hommes une partie de leurs méfaits: peut-être reviendront-ils de leurs erreurs ? ».
Encore une fois, bonne et heureuse année 2008.
Que Dieu bénisse le peuple béninois et la République.
Fait à CRETEIL, le 29 Décembre 2007
Benoît ILLASSA
Ad augusta per angusta !!!
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