Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

CHRONIQUE DU JOUR
Sauver les élections municipales de fevrier 2008

7 janvier 2008

par Sulpice O. Gbaguidi

C’est une tradition nationale d’entrer dans la nouvelle année avec le refus d’aller dans l’avenir à reculons. Mais alors que l’an 2007est allé allonger la liste des années défuntes, les résidus fumants semblent submerger au plan politique les vertus de la démocratie.

2007 s’en est allé, laissant les gènes d’une bataille électorale indécise mais riche en semences politiques. On lit déjà les incertitudes, et les mille couleurs de l’année neuve.

Dans la valise de 2008 s’érigent les municipales, une certitude qui vient maculer le tissu du nouvel an. Politiquement, l’échéance de février prochain apparaît à coup sûr comme l’événement annoncé de l’entame de l’année. Les électeurs seront appelés à choisir pour la deuxième fois un destin pour nos communes. Les potentiels candidats empilent déjà les propositions sur le marché de suffrages. On retrouve naturellement dans les plaies de la politique, les infections de la félonie, de la démagogie et des luttes de clans rivaux. La mécanique de la course pour le contrôle de nos mairies a encore tranché et accouché de ses traits archaïques et ruineux. Et comme d’habitude, le cartel des candidats ne peut éviter de claudiquer dans les fers des ambitions. Les fumées de la passion du pouvoir offrent aux soldats de la politique, l’occasion de réciter les incantations dans le traditionnel rituel des partis politiques affamés de pouvoir. L’écho bouillant des premières salves de la bataille électorale est venu du palais des gouverneurs devenu la chambre des plaintes de l’existence. La désignation des représentants de l’Assemblée nationale à la Commission électorale nationale autonome (Cena) et ses démembrements génère un bras de fer qui semble s’éterniser. Majorité et minorité parlementaires se confinent dans les mailles du jusqu’au-boutisme et créent l’impasse autour de la Cena à quelques semaines du scrutin. Chaque camp s’efforce de prendre ses excès du vernis de ses ambitions. Du coup, la machine parlementaire de désignation des représentants de l’institution à la Cena prend l’eau et tangue sur les vagues alors que la perfidie des coulisses alimente la République des simulacres.

Seulement, le temps s’effrite et les heures s’égrènent devant le chaos miroité au palais des gouverneurs. Le constat est amer : les partisans du blocage, rognés par l’accumulation de revers électoraux se mettent en vedette dans la bataille de la Cena pour mieux masquer les affres du doute. Mais, c’est une évidence que quiconque mettra notre démocratie en péril se forgera un sinistre destin politique. Et le tribunal de l’histoire devrait se charger de juger les âmes perverties par la course effrénée et sans scrupule aux dividendes de la politique. L’Assemblée nationale a le devoir de sauver les élections mais cela ne peut se faire avec la surannée politique de la chaise vide, signe d’impuissance et d’abdication. Un report du scrutin n’est pas de nature à cimenter les acquis de la démocratie dans les veines de nos espérances. Or la classe politique nichée au palais des gouverneurs défie le temps et minimise les risques d’une dégradation de la situation créée par les partisans forcenés des antagonismes à l’hémicycle.

Les vapeurs du blocage à l’Assemblée nationale envahissent et caressent le processus électoral. J’espère que 2008 est chargé de bonnes sources d’inspiration pour nos politiques, acteurs des propagandes électorales et des envolées à la marée déversées sur la place publique.

17 février approche à grands pas, alors que le concert de lamentations des députés de la minorité prend de l’ampleur. En attendant le verdict de la cour suprême, le statu quo grippe le processus. Pour combien de temps encore.

Sulpice O. Gbaguidi

Publicité
Tag(s) : #Politique Béninoise
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :