PARALYSIE DES HÔPITAUX PUBLICS
Les praticiens hospitaliers menacent de démissionner29 janvier 2008
Depuis le 15 janvier dernier, les praticiens hospitaliers, les médecins, les pharmaciens et les odonto-stomatologistes observent chaque semaine une grève de 72 heures avec un service minimum sur toute l’étendue du territoire national. Mais face au mutisme des autorités publiques, le collectif a décidé de reconduire la grève dès ce jour, et ceci jusqu’au 31 janvier prochain. « Et si rien n’est toujours fait pour améliorer nos conditions de travail qui ne sont pas en conformité avec les exigences de l’article 71 du code de déontologie de la médecine qui stipule que le médecin ne doit pas exercer sa profession dans des conditions qui puissent compromettre la qualité des soins et des actes médicaux ou la sécurité des personnes examinées, nous allons démissionner de la fonction publique », a menacé hier, lors d’une conférence de presse tenue au service de cardiologie du Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), le porte-parole du collectif, le Dr Isaac Hans Houinsou. Pour le président du collectif des praticiens hospitaliers, le Dr Camille Kpadé, cette grève n’est ni de près, ni de loin une action politique. « Le but de nos actions est d’amener l’autorité à prendre des décisions concrètes pour l’amélioration significative de la qualité des soins administrés aux populations dans les établissements sanitaires publics », a-t-il expliqué. Aussi, a-t-il fait une description des mauvaises conditions de travail dans les hôpitaux publics où se posent des problèmes d’ordre matériel, structurel, d’équipements, d’infrastructures, financiers ainsi que des problèmes de ressources humaines dont les conséquences conduisent à une situation de non assistance à personne en danger. On assiste tous les jours dans nos hôpitaux publics à des drames qui laissent perplexes les médecins. Dans ces hôpitaux, on manque de tout, même du minimum pour sauver une vie. Les malades sont couchés à même le sol plusieurs jours durant dans l’attente d’un lit. Les patients manquent de soins d’urgence. Les soins dans les hôpitaux publics ne sont ni équitables, ni accessibles pour le commun des Béninois. On assiste dans ces hopitaux à des décès pouvant être évités. En un mot, l’hôpital public est devenu un mouroir où on décède d’une courte maladie. Il est ainsi devenu la vitrine de l’expression de la misère humaine.
Kessilé Tchala doit dialoguer les praticiensQue veulent les praticiens hospitaliers ?
Les médecins, pharmaciens et odonto-stomatologistes du secteur public réclament entre autres du gouvernement la mise en œuvre effective des résultats des travaux de la commission interministérielle chargée d’étudier leurs revendications ; le décaissement des cinq (5) milliards promis par le conseil des ministres du 11 avril 2007 pour la résolution des problèmes urgents d’équipements des hôpitaux ; le rétablissement de la prime de qualification à tous les médecins avec effet rétroactif ; l’octroi de primes de spécialisation à tous les médecins spécialistes ; la revalorisation de la grille indiciaire des médecins.
« La santé du peuple dans une nation est la priorité des priorités et l’hôpital public est une station de veille, d’où la consécration des moyens suffisants pour son bon fonctionnement », a déclaré le président du collectif, qui a exhorté le gouvernement à prendre ses responsabilités car son silence face à ce mouvement de débrayage est un manquement affiché aux dispositions de la constitution qui stipule que la vie humaine est sacrée et l’Etat a le devoir de la protéger.
Les praticiens hospitaliers menacent de démissionner
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