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La crise financière au delà du tête à tête Trichet Bernanke Version imprimable
03-02-2008

C’est une récession atypique qui s’annonce. La division entre Amérique et Europe sur la réponse persiste. Les regards se tourne vers l’Asie.

Par Ihsane El Kadi, Alger.

La crise née au mois d’août dans l’immobilier américain a avancé un peu plus pour prendre l’allure d’un krach boursier planétaire les lundi 20 et mardi 21 janvier. Les principales places mondiales ont perdu en moyenne 6% de leur capitalisation. Le trésor d’une année de hausse. La bourse a anticipé la récession américaine désormais donnée pour certaine dans le ventre mou de 2008. A Davos, le menu a forcément changé et tous les intervenants ont du proposer leur sortie de crise. Mais de quelle crise s’agit il ? Pour le milliardaire Georges Soros ce sera « la plus sérieuse à laquelle le monde devra faire face depuis la seconde guerre mondiale ». Mais encore ? Une crise mutante, qui ne ressemble pas à celles que l’on connaît et dont l’effet récessif est complexe. L'économiste indépendant Bernard Baumohl relève que, cette fois, la récession n’emprunte pas le scénario de la baisse de la production des entreprises, d’une hausse des taux un peu trop brutale ou des sur-investissements comme pendant la bulle internet : « ce qui pousse l'économie mondiale vers la récession, c'est la détérioration rapide du système financier mondial. Ce qui a commencé comme un problème limité aux subprimes aux Etats-Unis s'est transformé en resserrement rapide du système financier mondial ».

 

Jean Claude Trichet

 

« Ce qui pousse l'économie mondiale vers la récession, c'est la détérioration rapide du système financier mondial. »

Ligne de partage Dans une récession classique, les banques ne trouvent plus à qui prêter. Dans celle qui se profile les banques ne peuvent plus prêter. Que vaut alors la vieille ligne de partage Ben-Bernanke - Jean Claude Trichet ? Le premier, président de la FED, décide que la récession étant aux portes, il convient de donner un signe fort au marché en rétablissant les liquidités. La FED a baissé, dès le second jour de la panique boursière, de trois quarts de points son taux directeur, n’attendant même pas le jour de réunion mensuel de son board. Le second, gouverneur de la banque centrale européenne est arrivé à Davos attendu comme jamais : pour finalement répéter sa foi de toujours. Il ne suivra pas le mouvement amorcé par la FED. L’inflation doit être la seule préoccupation de la BCE et la croissance en Europe est « non négligeable ». Elle n’a pas besoin d’un coup de pouce, la baisse des taux directeurs, qui, en plus, n’en est pas un. Les deux continents historiques de la croissance mondiale, l’Amérique et l’Europe, n’arrivent plus à s’entendre sur la recette : lutter contre la récession ou contre l’inflation, pour la croissance ou pour la stabilité des prix. C’est l’occasion, pour le FMI, d’évoquer, par la voix d’un président hors profil, Dominique Straus Kahn, que le pilotage de la solution à la crise sera mondial ou ne sera pas. Le plan Bush de 150 milliards pour soutenir la croissance n’a pas fouetté les psychismes aux Etats Unis. Son tort, il n’était pas concerté avec le reste du G8. De même que seule la banque centrale du Canada voisin a suivi la FED dans la baisse des taux, une action qualifiée, en outre, de prématurée par Stephen Roach, patron des opérations asiatiques chez Stanley Morgan.

 

Ben-Bernanke

 

Fonds souverains Nous assistons à une crise de rareté des liquidités pour cause de dépréciations astronomiques des actifs financiers. Il va falloir s’y faire. Et chercher les solutions au-delà du tête à tête Trichet-Bernanke. L’épargne « souveraine » était à l’ordre du jour de Davos : 2900 milliards de dollars consacrés à l’investissement entre les mains d’Etat pétroliers ou commercialement excédentaires comme la Chine. Seuls 70 milliards de dollars sont venus à la rescousse des fonds propres des entreprises occidentales depuis que leurs banques ont la tête ailleurs ces cinq derniers mois. Les fonds souverains vont se renforcer dans les années qui viennent. La Chine avec 11,7% de croissance en 2007 continuera à produire des excédents et de l’épargne et le prix du pétrole ne redescendra pas sous les 75 en 2008, malgré le ralentissement qui s’annonce. Le capitalisme va-t-il se mondialiser réellement dans un mouvement circulatoire ?

 
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Tag(s) : #Politique Internationale
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