L’Editorial de la Rédaction :
Les syndicats maîtres du jeu
13 février 2008
Indubitablement, les syndicats sont en terrain conquis au Bénin de l’ère du changement. Ce sont eux qui dictent leurs lois au régime du changement. Le pays vit au rythme qu’ils veulent bien imprimer à nos gouvernants et au peuple tout entier. Cela se remarque depuis environ cinq semaines où, très déterminés, les syndicats des enseignants et ceux des médecins font feu de tout bois pour donner de la voix et empêcher le régime de dormir sur ses lauriers.
Le gouvernement du changement traverse une période très difficile. Alors les grèves perlées des syndicats du Front des trois ordres de l’enseignement perturbent les activités scolaires et académiques. Du coup, les apprenants et leurs parents sont inquiets pour l’avenir. Les praticiens hospitaliers aussi ne démordent pas. Ce qui compromet dangereusement la vie des malades. Il ne fait donc pas bon vivre d’être écolier, élève ou étudiant d’une part et d’autre part de tomber malade au Bénin en ce début de l’an 2008. Pendant ce temps, le gouvernement du changement donne visiblement des signes d’impuissance. Il n’a pas encore réussi à convaincre les partenaires sociaux afin qu’ils lèvent leurs mots d’ordre de grève. D’ailleurs, ceux-ci sont galvanisés par la couardise de la classe politique qui est incapable d’animer clairement l’opposition au régime du changement. C’est ce qui explique l’omnipotence des syndicats sur la scène nationale. Ainsi, au moment où la classe politique s’empêtre dans ses contradictions et n’arrive pas à s’organiser pour jouer convenablement le rôle constitutionnel qui est le sien, les syndicats leur ont ravi la vedette sur leur terrain de prédilection, l’animation de la vie politique. Ainsi, c’est Pascal Todjinou, Secrétaire général d’une centrale syndicale qui s’est fait élire président de la Cena (même s’il est ici le représentant de la société civile et même si, ce n’est pas la première fois qu’un syndicaliste occupe le poste le plus de l’organe chargé d’organiser les élections) au détriment des partis politiques. Comme on le voit, les syndicats règnent en maîtres sur la Nation. Ils sont en même temps des joueurs et des arbitres. Ils ont donné volontairement le top du jeu et derechef ils siffleront la fin quand ils le voudront. Le pouvoir le sait. Seulement, il ne se donne vraiment pas les moyens de prendre l’initiative. Puisque les syndicats qui ont mangé du lion sont toujours décidés à régner sans partage.
Maximin Tchibozo
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