Octroyer la parole aux Africains ! J’accuse…

Il faut avoir le courage de le dire : la vérité africaine n’est plus « confidentielle » comme le souhaitent le béni-oui-oui, le « bounty », le colon cupide, l’impérialiste raciste, le lobby esclavagiste de Paris, le politicien assassin et menteur, l’historien falsificateur et révisionniste, ou le xénophobe de tout acabit.
Fini l’époque où les ouvrages coloniaux, où les médias de la bourgeoisie dirigeante française étaient détenteurs du monopole de la parole.
Ceux qui nous disent que nous ne servons pas les intérêts de l’Afrique, nous leurs laissons volontiers les discours lénifiants, les discours de ravalement et la protection des façades. Qu’ils se nourrissent des culs qu’ils lèchent, c’est leur problème !
Permettez-nous d’avoir un peu plus d’ambition. Permettez-nous d’avoir conserver le respect de la personne humaine dans cet endroit que l’on dit « Pays des droits de l’Homme » (sic). Permettez-nous d’utiliser notre cervelle pour lutter contre la décérébration et le complexe du nègre colonisé.
Vous le savez fort bien : qui veut son respect se l’en procure. Dans vos bouches, l’appellation « dictateur » devient « sage africain ». Dans vos bouches, le qualificatif « corrompu » est remplacé par « ami de la France ». Nous ne permettrons à personne, individu, organisation ou État, de spolier nos martyrs de leur sacrifice, ni de transformer les pères criminels en héros. Nous ne permettrons à personne, qu’il fusse Pape ou qu’il fusse Président, d’insulter nos savants noirs, nos inventeurs et nos civilisations.
La jeunesse africaine doit faire payer les dictateurs africains qui font joujou avec l’argent de populations qui manquent d’écoles, d’hôpitaux, de routes, bref qui manque de presque tout.
Rien n’a changé en réalité dans les dispositions de l’Élysée à l’égard de l’Afrique. Charles De Gaulle a créé un système, la « Françafrique » , pour remplacer l’ancien système colonial. Ce système fait de De Gaulle un criminel contre l’Humanité (Nous citons simplement les massacres au Cameroun) ! De De Gaulle à Sarkozy, ce système a perduré ! C’est toujours le même choix, en faveur des dictateurs, contre les peuples. Aujourd’hui encore, « Amnistie internationale a reçu des informations qui laissent entendre que l’armée tchadienne va poursuivre ses arrestations illégales visant des civils et des membres de la société civile, notamment des journalistes et des défenseurs des droits humains. Et le 6 février (2008), jour où les exécutions extrajudiciaires auraient eu lieu, le ministre français de la Défense Hervé Morin, présent à N’Djamena, a assuré le président Idriss Déby du soutien sans faille de la France. » (voir http://www.amnistie.ca/content/view/11427/107/)
Le gouvernement tchadien contrôle strictement la liberté de parole et de la presse et cette emprise s’est resserrée dangereusement au cours des dernières semaines. Les journalistes tchadiens sont la cible de manœuvres d’intimidation, de harcèlement et d’arrestations sans mandat et ce phénomène s’accentue quand le gouvernement est critiqué au sujet, en particulier, de sa conduite dans le conflit armé en cours dans l’est du Tchad.
Bref, encore une fois la France, aujourd’hui celle de Sarkozy, soutient un assassin, Idriss Deby, qui selon Amnistie Internationale, est coupable d’exécutions sommaires, d’arrestations arbitraires et de toutes sortes de crimes. Il a accédé au pouvoir par un coup d’État. Et voilà le « Pays des Droits de l’Homme » (droits de l’Homme blanc bien sûr) qui vole encore une fois au secours d’un dictateur. Nous nous souvenons du cas de Mobutu qui dut son salut à un certain Giscard d’Estaing. Un consensus universel rassemble partis politiques pour maintenir les nègres francophones sous le joug de la France. La seule région du monde où l’on ne voit jamais le président français intervenir pour faire libérer des prisonniers politiques, c’est l’Afrique.
Pour toutes ces raisons nous accusons le pouvoir français d’hier et d’aujourd’hui. Pour toutes ces raisons nous condamnons les dictateurs africains. Pour toutes ces raisons, nous devons sans cesse stigmatiser les dirigeants noirs qui ont accepté de se faire l’instrument du désespoir du continent noir. Nous avons le devoir et l’obligation d’inciter la jeunesse africaine à se révolter contre tous les dictateurs africains soutenus par la France ; pour que cette jeunesse puisse enfin retrouver sa liberté de parole, sa dignité. Tout peuple d’Afrique (comme tous les peuples libres de la terre) doit être responsable de son avenir, de son destin ; il doit être aux commandes de ses propres affaires dans son pays ; et aucun dictateur, aidé d’une bande de malfrats africains et français, ne doit plus confisquer au peuple son droit de vivre, son droit d’étudier son histoire, son droit d’être bien nourri, son droit d’être libre, son droit de vote…bref son droit d’être heureux sur la terre de ses ancêtres.
"Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés"
Que cela soit écrit, répété, relayé ; Que cela s’accomplisse.
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