La Presse Française
et la crise ivoirienne
Dès le début de la guerre en Côte d’Ivoire, en septembre 2002, les ivoiriens furent les premiers à parler de complot contre leur pays en pointant la France d’un doigt accusateur. Nous fumes de ceux qui rejetaient cette théorie et cette obsession du complot permanent chez nous les africains, incapables de résoudre nos problèmes, nous voyons la main de l’étranger à tout vent et tout le temps dans nos affaires.
Aujourd’hui, en rapprochant les faits, on se demande bien s’il n’y a pas une bonne part de raison et de vérité dans la colère des ivoiriens contre l’ordre néocolonial instauré par la France dans nos pays africains. Le conseil national de la communication audiovisuelle, organe de régulation du secteur audiovisuel en Côte d’ivoire, vient de nous apprendre que :
Les émissions de RFI en modulation de fréquence et par satellite sont suspendues depuis le 31 janvier dernier sur toute l’étendue du territoire de la Côte d’Ivoire jusqu’à nouvel ordre, pour le motif que cette radio qui n’a pas de correspondant en Côte d’Ivoire. Rien qu’en relisant le communiqué du communiqué du conseil national de la communication audiovisuelle, on se rend compte que quelque chose vient de changer en Afrique.
Les journalistes français si donneurs de leçons, ont oublié qu’on ne peut pas faire un reportage sérieux sur un pays africain en restant bien au chaud dans un bureau parisien. Les ivoiriens parlent de traitement non professionnel de l’actualité ivoirienne par RFI, radio qu’ils ont surnommé : « la voix de l’Elysée ».
Cela fait bondir de rage la direction de cette radio : les africains se permettent de juger leurs méthodes de travail. ! C’est incroyable et inacceptable pour les blancs. Le Niger vient aussi de suspendre la diffusion de RFI et comme par hasard, c’est encore une rébellion qui menace ce pays, sa paix civile, et le gouvernement de Niamey.
Des similitudes troublantes
En observant la crise rwandaise on se rappelle que la zone de sécurité mise en place par l’opération turquoise avait facilité la fuite des génocidaires. Les militaires français auraient pu avoir un meilleur comportement. Car ils se gardèrent de désarmer les miliciens hutus du génocide qui eurent le temps de se réfugier au Zaïre, avec la totalité de leurs armes lourdes et les coffres de la banque centrale rwandaise.
Ils ne furent pas d’avantage capable d’interdire la radio extrémiste hutu qui diffusait des messages d’encouragement aux massacres depuis la zone de sécurité turquoise, qui leur offrait assistance et sécurité pour se reconstituer en vu de la reconquête du pouvoir.
Pour stopper le génocide, le front patriotique rwandais ( FPR ) attaque alors l’armée régulière rwandaise ( FAR), et gagne quelques batailles. L’attitude des autorités françaises traduit une précipitation à la limite de la panique : l’ambassade de France détruit toutes ses archives sur ordre de l’ambassadeur Jean-Michel Marlaud.
Dans le même temps , les ressortissants français et les principaux tenants hutus de l’idéologie génocidaire sont exfiltrés via Bangui, en Centre Afrique : notamment la propre femme du président assassiné, Agathe Habyarimana, ses frères Séraphin Rwabukumba et Protais Zigiranyirazo, et l’idéologue du régime Ferdinand Nahimana.
Contrairement à ce qu’affirme aujourd’hui la diplomatie française, les livraisons d’armes se poursuivent pendant le génocide. Le gouvernement intérimaire, composé des éléments les plus extrémistes de l’ancienne garde rapprochée d’Habyarimana, est reçu à plusieurs reprises par les responsables français à Paris.
François Mitterrand, dont nous connaissons tous le talent de dissimulateur, devant sa propre famille, son pays, sous Vichy et pendant la guerre d’Algérie, nous disait sans sourciller que :
<< dans ces pays-là, un génocide, c’est pas trop important >>
Si on se réfère au rapport de la commission française d’enquête parlementaire sur le Génocide du Rwanda entre mars et décembre 1998, qui avait constaté un certain nombre d’irrégularités que le rapporteur de la commission, Pierre Brana, commente ainsi :
notre aide se basait sur un traité de 1975 qui ne concernait que la gendarmerie, mais en réalité les français entraînaient une armée mono ethnique hutue dans un contexte de développement de racisme ethnique.
La coopération militaire était beaucoup trop engagée, jusqu’à participer aux décisions , tandis que les diplomates et les services de renseignements français ont dramatiquement sous-estimé ce qui ce préparait.
Une autre erreur : garder des relations avec le gouvernement intérimaire rwandais alors que le génocide se déroulait. Le chef du CDR, parti des extrémistes hutus les plus radicaux, était reçu à l’Elysée, de même que le ministre des affaires étrangères. L’opération turquoise a été également l’occasion de commettre de nouvelles aberrations, comme celle d’y faire participer les militaires français engagés précédemment aux côtés des forces rwandaises.
Nous citons ici un document officiel du parlement français que personne ne conteste. Dans les relations franco-africaines, l’arrogance, la brutalité, la combine et les incohérences françaises ont si souvent alimenté notre quotidien que lorsque la France fait aujourd’hui un don de médicaments à un petit dispensaire de la brousse africaine, on se demande tout de suite où est l’arnaque.
Car la France, est perçue chez nous comme un pays racketteur et profiteur, qui s’accrochera toujours de manière désespérée à ses dictateurs clients et à ses petits intérêts sordides et mesquins. La France et ses dirigeants politiques n’ont jamais envisagé le long terme dans leur relations avec l’Afrique. Il sont tous frappé d’une sorte de malédiction congénitale, qui fait qu’il ne changeront jamais de regard sur l’Afrique et ses habitants.
C’est justement ce qui sera fatal à la construction de la confiance entre l’Afrique et la France. Voilà la toile de fond qui caractérise l’état des relations franco-africaines aujourd’hui. Les ivoiriens n’oublieront pas la visite de Dominique de Villepin à Bouaké dans le fief des rebelles, ses amitiés avec cette rébellion qui de facto était fréquentable, les facilités que cette même rébellion avait auprès des médias français.
Dans cette crise ivoirienne, si la presse française avait fait son travail en toute objectivité, elle aurait eu la reconnaissance de tous les africains. Cette crise ivoirienne a aussi montré au grand jour les relations de connivences entre le palais de l’Elysée, le quai d’Orsay, les milieux économiques, industriels français et le monde de la presse en France.
N’oublions pas que la crise ivoirienne était à l’origine un coup d’Etat qui s’est mué en rébellion armée avec le soutien des réseaux françafrique et du palais de l’Elysée sous l’administration du président Jacques Chirac, qui veulent mettre à la tête de la Côte d’Ivoire un chef d’Etat de la nature de ceux que nous voyons aujourd’hui en Afrique centrale, qui sont littéralement à plat ventre devant la France et ses réseaux mafieux.
Evidemment, ce n’est pas ainsi que la presse française nous présente la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire. Comme d’habitude sur ce continent, lit-on ici et là, ce pays est en proie à une guerre civile atroce entre tribus rivales. La France éternelle fée protectrice de l’Afrique et de ses sauvages, pas encore mûrs pour la démocratie, joue son rôle humanitaire en n’y envoyant ses soldats.
Le Journalisme de Connivence
La presse française nous avait enseigné, le journalisme de révérence qui consiste à passer la pommade à un dirigeant politique, à un capitaine d’industrie ou à taire une information gênante pour un homme politique, par exemple :
Toutes les rédactions connaissaient le passé trouble de François Mitterrand, sous Vichy, toutes les rédactions savaient que le président de la République entretenait une double vie, avec une second famille habitant dans une dépendance de l’Elysée au frais du contribuable français. Mais cela n’a jamais dérangé la presse française.
Le fondateur du journal « le Monde », Hubert Beuve-Méry, expliquait il y a fort longtemps que :
( le journalisme, c’est le contact
Qu’il avait un cancer depuis le début de son de son premier mandat. Que Maurice Papon, qui fut Préfet de Police de Paris sous l’administration du Général de Gaulle, trésorier de l’UDR député, maire et ministre du budget dans plusieurs gouvernements de 1978 à 1981 dans l’administration Giscard d’Estaing, était un vulgaire criminel et un collabo patenté, cela ne dérangeait personne.
Tant d’enquêteurs et tant de journaux se prétendant libres et concurrents pour arriver à un résultat aussi minable qui cache une monumentale faillite que nous avons remarqué chez nous depuis nos petits villages de la savane africaine.
Les journalistes africains qui ont exercé leur métier en jouant leur vie au quotidien sous les dictatures criminelles soutenues par la France et sa connivence habituelle avec les Bongo, Houphouët, Mobutu, d’Eyadema, d’Ahidjo, les Moussa Traoré, Habyarimana et autres Bokassa, avaient plus de mérite que cette presse française d’aujourd’hui, libre et couchée sur le dos se roulant dans le sable de la combine comme un chien dans l’attente d’une caresse de ses maîtres que sont : les puissants et l’argent.
Cette presse française, qui se dit libre a beaucoup de mal à se débarrasser du manteau puant de la soumission, de la révérence et de la connivence bon marché, qu’elle porte aujourd’hui sans vergogne, pour s’afficher en donneuse de leçons. Cette presse ne sait pas que malgré notre pauvreté, nous les africains, la portons en pitié, avec ses grands airs de matamore et de tigre en carton.
N’évoquons même pas ici, leurs experts et autres prétendus spécialistes des questions du Maghreb, d’Afrique de l’ouest. d’Afrique centrale et australe dont l’ignorance et la cécité sociale nous font dire ici qu’ils ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour comprendre la juste dimension de l’évolution des sociétés africaines.
Rappelons simplement à cette presse amnésique, son manque de zèle et d’esprit critique et surtout son silence coupable en septembre 1986, quand le gouvernement français, appuyé par une batterie d’experts du commissariat à l’énergie atomique, a affirmé que le nuage radioactif de Tchernobyl avait épargné le sol français malgré la contamination de la Belgique, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Italie.
Comme si les vents avaient mystérieusement respecté le tracé des frontières. Les mesures postérieures ont démenti cette assertion, mais il était alors plus important, aux yeux de l’administration, de protéger l’image de l’atome que d’informer le citoyens français. Voilà jusqu’où le journalisme de connivence peut allé par sa soumission et son silence devant des questions aussi graves de santé publique, dans un pays démocratique.
Dans le cadre de l’affaire Elf, le juge Eva Joly nous dit dans un document public que lors d’une perquisition, son équipe a trouvé la trace du versement par certains établissements douteux, de sommes importantes en espèce à des journalistes très en vue, comme tel rédacteur en chef ou tel prétendu expert en terrorisme. Ces pièces figurent au dossier de l’affaire Elf. C’est ahurissant, mais c’est ainsi en France.
L’affaire Botton nous enseigne, que des journalistes peuvent recevoir de l’argent et autres avantages en nature pour promouvoir telle ou telle carrière. La France est en outre l’un des rares pays européens où un journaliste condamné en appel pour recel d’abus de biens sociaux, a 20 000f d’amende et a 15 mois de prison avec sursis, présente toujours le journal télévisé et devient par la suite l’un des deux journalistes arbitres du débat télévisé de l’élection présidentielle française de 2007.
Concernant la crise ivoirienne
Il faudrait que nos amis français comprennent une bonne fois pour toute que les milliers d’ivoiriens qui étaient hier dans les rues face aux chars de l’armée française d’occupation, n’étaient tous pas des partisans du président Laurent Gbagbo.
C’est l’idée que la France veut décider de qui doit diriger la Côte d’Ivoire, de qui est convenable pour la France à la tête de la Côte d’Ivoire qui est insupportable et agace profondement les ivoiriens, qui sont aujourd’hui parmi les africains les plus allergiques à toutes formes d’ingérences de l’ogre français, dont le but est et demeure la reconquête coloniale de leur pays.
C’est aussi tout simplement au nom de l’idée d’indépendance de la Côte d’Ivoire. L’idée que ce pays existe et que ce n’est pas à la France de décider de qui doit diriger la Côte d’Ivoire. Comme disent les patriotes d’Abidjanais :
<< Nous préférons un mauvais gouvernement choisi par nous, qu’un bon gouvernement imposé par la France>>.
ou << nous préférons mourir avec le diable en enfer que de suivre la France au Paradis >>. Ou encorela situation est telle que la classe politique Française ne s’attendait pas à une telle radicalisation de la société civile africaine à son endroit. C’est justement pourquoi elle doit changer de méthode, pour retrouver la confiance des africains.
<< c’est la France qui est le problème et non la solution >>
Dans la presse française, il n’ y a aucun mot sur le soutien des gouvernements français de Jacques Chirac au putsch du 19 septembre 2002 contre le président Laurent Gbagbo, aucun mot sur l’équipement, le financement et l’armement des rebelles, qui occupent depuis plusieurs années la moitié nord du pays, sous la protection de l’armée française sous le manteau de l’ONU.
C’est en cela que la force Licorne ressemble étrangement à l’opération turquoise au Rwanda. A lire ce qui s’écrit en France sur la Côte d’Ivoire, les malheurs de ce pays sont dus non pas aux initiatives stupides de Chirac, de la droite française affairiste et de ses pantins locaux mais exclusivement du manichéisme de Laurent Gbagbo, qui ne veut décidément pas entendre raison avec son ivoirité, ce concept débile dont la paternité revient pourtant à l’insignifiant ami de la France, Henri Konan Bedié.
La tentative de putsch, la guerre civile, les humiliants accords de Marcoussis, le concours des voisins de la Côte d’Ivoire, des potentats africains à la botte de la France, l’instrumentalisation des organisations internationales derrière lesquelles la France avance masquées.
L’embargo sur l’armement de la Côte d’Ivoire présenté par la France à l’ONU contre un pays ami qui a été agressé de nuit par une rébellion. Le pillage honteux et indigne des banques par les soldats français dans la zone occupée par la rébellion.
L’image pitoyable des soldats français cambrioleurs de banques, est pour nous le vrais visage de la France. Sous le couvert d’une force de paix, c’est en réalité une armée de voleurs, de violeurs et de pilleurs de Banques. Nous comprenons aujourd’hui pourquoi elle s’était liquéfiée le 22 juin 1940, faisant de la France un pays de capitulards.
À l’armée française, qui en novembre 2004 tirait sur les ivoiriens devant l’esplanade de l’hôtel Ivoire, nous lui rappelons simplement que c’est sont incohérence, son manque d’esprit prospective et sa passivité qui a fait que la France occupée, avait eu recours aux africains par la France durant les deux grandes guerres mondiales.
Pour l’aider à la défendre de l’occupation allemande. Les français ont aujourd’hui honte de cette partie de leur propre histoire, ils n’aiment pas entendre que leur patrie occupée, la queue entre les jambes avait appelé désespérément les Africains à son secours.
Nous avons eu la chance de voir l’armée française au Rwanda et en Côte d’Ivoire, une armée au service de la combine, de la barbouzerie et de la truanderie,elle ne sera jamais capable de défendre ce pays en cas de conflit armée. Histoire et l’évolution du monde confirmeront demain cette assertion.
Ne parlons même pas des armes française toutes neuves avec les munitions retrouvées au début de la guerre sur les lieux de combat à l’ouest de la Côte d’Ivoire, dans la région de Daloa. Que va encore inventer la françafrique pour parvenir à ses fins et nous imposer un de ses valets en Côte d’Ivoire ?
Bref il est particulièrement terrifiant que la plupart d’entre nous ne l’aient pas encore compris, intoxiqués que nous sommes par l’immense propagande des gouvernements français et de leur presse de connivence sur la xénophobie et la guerre tribale de Gbagbo.
Un des principes fondamentaux de Paul joseph Goebbels, ministre de l’éducation du peuple, de la propagande et de l’information du
IIIème Reich, il suffisait de répéter un argument, vrais ou faux, pour que les gens y croient et que cette affirmation devienne la nouvelle vérité.
Les médias ont pourtant l’obligation de vérifier et le devoir de vérifier l’exactitude de leurs informations. Ce principe a-t-il un sens quand il s’agit des africains ? Bokassa fut traité d’anthropophage, Laurent Gbagbo de commanditaire des escadrons de la mort, Paul Kagamé a tiré le missile sur l’avion d’Habyarimana, Gamal Abdel Nasser était hier encore qualifié de Hitler pour avoir nationalisé le canal de Suez etc.. quel est le but et le sérieux de telles informations ?
Dans l’affaire de l’arche de Zoé, les coupables avaient plus de temps d’antenne aux micros de RFI et devant les cameras des télévisions françaises, que les familles des victimes. Nous savons tous que les truands et menteurs de l’arche de Zoé, recevaient de l’armée française au Tchad chaque matin, le petit déjeuner, composé de jus d’orange, de croissants chauds, du thé ou du café, avec du pain, du beurre et de la confiture.
L’importance de la vérité et surtout de la vérité des faits a complètement échappé à la France dont les principaux organes de presse appartiennent à des groupes industriels, économiques et financiers, comme Bouygues, Lagardère, Dassault, Bolloré etc..
Certains d’entre eux sont dans les travaux publics, dans l’armement et les ventes d’armes qui dépendent tous en grande partie des commandes de l’Etat français. C’est pourquoi ils financent massivement les campagnes électorales françaises.
Il est donc dans ce cas difficile d’imaginer tous ces journaux, les radios et les télévisons appartenants à ces groupes industriels qui sont en positions dominantes d’être indépendants sur des questions concernant un pays où ils ont des intérêts économiques aussi énormes comme la Côte d’Ivoire.
En France chaque homme politique à son journaliste de service, son ami, pour ne pas dire un courtisant qui est en attente du scoop journalistique. Un tel système favorise l’abaissement d’une profession dont l’exercice nécessite la distance. Ce n’est qu’un constat.
Le combat aujourd’hui pour nos peuples africains de l’espace, dit francophone, c’est celui d’avoir simplement le droit de choisir librement, comme au Mexique, au Pérou, au Brésil, en Bolivie, au Sénégal, au Mozambique, au Ghana, en France et en Afrique du sud, qui nous voulons pour diriger nos pays.
De dire non aux dictateurs kleptomanes que la France nous a toujours imposés depuis bientôt cinquante ans avec toutes les conséquences que nous connaissons, nous voulons décider librement à qui nous voulons vendre nos matières premières.
Nous voulons placer le peu d’argent que nous avons où nous voulons, de voir nos pays ériger au rang des nations adultes au lieu d’être condamné à vivre sous la tutelle d’une puissance étrangère qui, grâce à ses bases militaires sur nos territoires, nous tient en joue et nous interdit de bouger sur notre propre terre.
Il ne s’agit pas ici d’être pour ou contre la France, il s’agit de refuser ce qu’un chien n’accepterait même pas, à plus forte raison les peuples d’un continent différent de la France. Il s’agit de dire ici et maintenant basta au parrain français pour qui nous ne sommes qu’une source de matières premières bonne à enrichir les amis des présidents français successifs, leurs partis et leurs multinationales, comme aux bons vieux temps des compagnies concessionnaires.
Ce n’est un secret pour personne, que dans la période douloureuse de la guerre du Biafra, il y a eu des journalistes et des humanitaires en connivences avec les service secrets français. Le représentant de RFI en Côte d’Ivoire, le journaliste français Jean Hélène, fut tué à Abidjan le mardi 21 octobre 2003, par un policier ivoirien du nom de Dago Séry Théodore.
Il a été condamné à 17 ans de prison par la justice de son pays. Cet assassinat fut condamné par le président Gbagbo et toute la classe politique ivoirienne. Le directeur général de la police ivoirienne fut relevé de ses fonctions.
Dans un journal ivoirien nous avons retrouvé ces lignes concernant Jean Hélène : ( - Barbouze de son état, sous le manteau de journaliste, oeuvrait secrètement au triomphe de la rébellion. Une perfidie qu’il a payé cash, refroidi qu’il a été par le sergent Dago Séry.) nous ne partageons pas ce genre de délire.
C’est pourquoi nous demandons à la presse française de travailler sur elle-même pour se réformer, afin que les africains ne fasse plus ce genre d’amalgame qui existe déjà dans le monde arabe, entre le mot journaliste occidental qui est égal à l’espion au service du sionisme et des intérêts judéo-chrétiens.
Si elle ne le fait pas aujourd’hui et maintenant, elle mettra pour l’avenir en grand danger tous les journalistes français opérant dans nos pays africains. Nous voulons clore ce chapitre en faisant un modeste don à la presse française.
Au canard enchaîné, qui avait mis à nu l’affaire des diamants de Bokassa, à la chaîne de télévision Canal plus, qui nous a permis de voir les patriotes ivoiriens aux mains nues mitraillés par l’armée française devant l’Hôtel Ivoire, ne parlons même pas de cet hélicoptère français qui jetait des grenades offensives sur une foule qui manifestait sa colère devant la destruction de la totalité des aéronefs de l’armée ivoirienne.
Nous voulons évoquer une scène burlesque et dantesque qui se déroula dans le cabinet du juge d’instruction Eva Joly, magistrate au pôle financier du palais de justice de Paris.
Lors d’une confrontation pathétique entre Alfred Sirven et André Tarallo, les magistrats instructeurs suspendent l’Audition pendant quelques minutes, le temps de rechercher une pièce dans les archives du dossier ELF-Aquitaine. C’est alors qu’ils sont témoins de ce dialogue stupéfiant à haute voix entre Alfred Sirven et son avocat :
Me Turcon
Alfred Sirven
Me Turcon
Les magistrats, les greffiers, les mis en examen et conseils, se regardent stupéfiés et sidérés par la vulgarité du propos qui est rarissime dans un cabinet d’instruction.
Mais c’est surtout l’arrogance dont-il témoigne qui choque profondément tous ceux qui sont présents. Cette manière d’agir au vu et au su de tous, comme si la presse française se limitait à une affaire de réseaux et d’intimidation mutuelles.
La presse française est aujourd’hui dans la position du serpent qui se mord la queue, elle est plongée en grande partie dans un cercle vicieux, à force de dîner à la table du diable, elle a fini par croire à la sincérité des diables de la politique et du monde des affaires, les journalistes sont aux yeux des multinationales et de leurs conseils, que des vulgaires salopards.
La presse française pendant la guerre d’Algérie, avait eu des positions courageuses, elle dénonça avec force, la sale guerre et l’usage de la torture. Elle était dans sa grande partie avec nous dans la lutte contre le régime monstrueux et criminel de l’apartheid en Afrique du Sud. Dans le génocide rwandais, certains journalistes ont bien fait leur travail, ils ne sont donc pas tous pourris, ils apprécieront donc à sa juste valeur, l’usage du mot salopard à leur endroit.
Salopard est un terme de mépris, qui vient du mot salaud, qui signifie, truand, canaille, combinard, lâche, fumier ou vaurien. C’est l’équivalent du mot italien, stronzo, utilisé par le Duce Benito Mussolini, pour s’adresser à Edouard Daladier, après les scandaleux accords de Munich du 30 septembre 1936.
Ce mot français n’a pas été utilisé par un habitant de Tombouctou, de Cotonou, de Bongouanou , de Mamou, Kédougou, de Ouagadougou, Nouadhibou où de Guélémou, mais sur le sol Français, dans un cabinet d’instruction par Alfred Sirven et son conseil à l’endroit d’un journaliste français qui a encouragé la justice de son pays à faire son travail. C’est de cela qu’il s’agit.
Les journalistes français doivent reconquérir la confiance et la dignité perdue de leur métier dans les yeux de leurs amis africains et de leurs compatriotes en sortant de la courtisanerie, et de l’unanimisme fabriqué, pour renforcer la démocratie française en la sortant de l’immaturité journalistique dans laquelle elle se trouve plongé par les salopards de journalistes, le terme est du conseil d’Alfred Sirven dans un cabinet judiciaire au palais de justice de Paris pendant l’instruction de l’affaire Elf. Vous pouvez le vérifier.
Observez comment les juges qui travaillent sur les dossiers sensibles sont attaqués par la presse française. Observez comment les chefs d’Etats africains qui ne sont pas dans les manches de la France sont traités, par les journaux, les radios et le télévisions des multinationales françaises. Regardez la révérence et les facilités, dont les dictateurs africains amis, comme Bongo, Paul Bya et autres Sassou Nguesso, bénéficient auprès de média français.
Observez le mépris de ces mêmes médias pour nos opposants politiques qui luttent contre des dictatures amis et vous comprendrez tous que la presse française, joue sans le savoir un rôle néfaste qui conduit chaque jours à l’abaissement de la démocratie dans ce pays, comme le firent hier, la presse soviétique, roumaine, ou zaïroise sous les partis uniques, omniscients, et omnipotents de la guerre froide.
Conclusion générale
Nous avons examiné le contenu des accords de 1961, dits de coopération qui lient la France aux anciennes colonies africaines. En réalité ces accords vident l’indépendance nationale de nos pays de son contenu. Il faut que les gaullistes, les néo-gaullistes, les giscardiens diamantaires, les mitterrandiens cyniques, les chiraquiens médiocres, les sarkozystes arrogants, et tous les français qui pensent perpétuer l’anti-repentance et la domination française sur nos malheureux pays africains se ressaisissent.
Car ce sera une erreur désastreuse, les exemples cités plus haut montrent les limites d’un tel choix. Nos pays souhaitent un partenariat loyal et une amitié sincère avec la France, mais nos pays africains ne veulent plus être une chasse gardée de la France ou des partenaires exclusifs et inconditionnels de la France, encore moins des agents français, des laquais comme le furent Mobutu et le Shah d’Iran pour la France et les USA, avec l’errance, la fin malheureuse et minable que nous avons retenu d’eux.
Observez bien les anglais, ils coopèrent avec tous nos pays africains, sans vouloir décider pour nous. Ils ne cherchent pas à mettre un homme de leur choix à la tête de la Zambie, du Ghana, du Malawi ou du Nigeria. Un tel comportement serait perçu comme du racket par l’opinion anglaise. C’est vers cette voie que la France doit revenir pour reconstruire la confiance avec l’Afrique.
La grande difficulté pour la France et les français c’est qu’il y a un aveuglement chez eux qui fait qu’ils ne perçoivent pas le danger qui avance pour engloutir la démocratie française. Les multinationales du pétrole, du béton, des travaux publics, de l’aviation, de la marine, des télécomunications et de l’arment, qui sont propriétaires des journaux, des radios et des télévisions en France rêvent comme MEDIASET en Italie avec Silvio Berlusconi ou Gazprom en Russie avec Dimitri Medvedev de prendre le contrôle de l’Etat à moyen terme.
En ce qui nous concerne, notre conception des rapports franco-africains à évolué suivant les deux lignes crêtes que nous livrons aujourd’hui à la droite française pleine d’arrogance, affairistes et aux néo-gaullistes pour que la francophobie, qui couve aujourd’hui et qui risque de s’installer durablement entre nous, s’atténue et cède le pas à une coopération au bénéfice de nos pays africains et de la France et non au profit exclusif de la France, dans l’humiliation continue de nos peuples africains.
La première est une ligne idéaliste, philosophique, sentimentale qui correspondait à la phase euphorique des indépendances. Nous étions pourtant pas aveugle sur la nature des relations définies par les « accords de communauté, ou de coopération » et qui recelaient structurellement des risques perceptibles de domination et de satellisation de nos pays africains.
La France , nation aînée, détenait les centres de décisions, occupait la position de leader du groupe. Mais on espérait, malgré tout, que l’amitié fraternelle qui était à la base de nos rapports l’emporterait sur les effets d’emprise des structures, sur l’instinct de puissance et les tentations de l’ex-colonisateur à imposer ses lois et ses volontés comme normes de coopération.
Faute d’analyse objective, nous avons confondu le domaine de la science politique avec celui de la métaphysique, frayant ainsi le chemin à d’amères désillusions. C’est là que nous sommes passé à une seconde ligne qui consacre notre phase de désillusion .
2) c’est la découverte du réalisme politique fondé sur une analyse objective des rapports internationaux. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre les combats de nos pères et de nos frères d’hier : de Kwamé Nkrumah à Patrice Lumumba, du Colonel Gamal Abdel Nasser à Sylvanus Olympio, de Ruben Um Nyobé à d’Amilcar Cabral, du Commandant Marien Ngouabi, au Capitaine Thomas Sankara.
Les combats qu’ils ont mené nous enseignent : qu’il n’y a pas d’exemple dans l’histoire de pays dominés qui ont réussi leur développement, ou dont le plein épanouissement national à été l’œuvre d’un autre pays. C’est grâce au pouvoir d’autodétermination conféré par l’indépendance qu’un peuple retrouve la libre disposition de lui même et peut alors s’organiser de manière à bâtir une économie, une culture, une nation à son service.
Voilà pourquoi nous revendiquons la deuxième indépendance de nos pays africains issus de la colonisation française afin de briser le carcan étouffant des séquelles du gaullisme, du néo-gaullisme ringard, du chiraquisme et du sarkozysme de cette classe politique hautaine et médiocre qui continuent de vicier nos rapports avec la France profonde.
Nous pouvons choisir dans cette voie l’épreuve de force à la manière du Colonel Nasser, avec la certitude de gagner à long terme, ou la voie du dialogue constructif dans une renégociation qui prend en compte les intérêts des deux parties.
Car en définitif, nous considérons d’une manière générale que la souveraineté d’un pays ne doit s’accommoder d’aucune allégeance quelle qu’elle soit, et que la coexistence des Etats a besoin, pour être durable et profitable à tous, doit être établie sur le respect et la considération réciproque et non sur des rapports entre tuteur et mineur. Elle doit être exempte de toute contrainte et laisser intacte, chez chacun, la capacité de choisir et de refuser.
La situation de monopole des entreprises françaises dans nos pays, leurs tendances à la surfacturation et à l’ingérence dans nos affaires, leur volonté de vouloir décider pour nous sans notre avis et cela avec le soutien des gouvernants français dont les campagnes électorales sont financées par ces entreprises et les régimes fantoches d’Afrique, nous font dire ici :
Que la vraie coopération franco-africaine doit prendre à bras le corps la lutte contre la pauvreté, pour que nous puissions avoir chez nous aussi des routes praticables en toutes saisons, des hôpitaux pour nous soigner, des écoles pour éduquer et former notre jeunesse, bref, faire en sorte que des choses simples comme se loger, mettre son fils à l’école et se nourrir convenablement, ne soient plus un rêve pour notre génération.
Que la gestion du francs CFA sorte complètement de l’opacité actuelle pour ne pas faire de nos pays des éternels pourvoyeurs de devises du trésor français. C’est un immense scandale qui s’apparente à du vol, nous demandons aux dirigeants politiques français d’ouvrir simplement leurs yeux, si longtemps fermés, sur la réalité africaine.
Pour constater que tous les pays anglophones d’Afrique, disposent de leur propre monnaie, il n’y a pas de souveraineté sans monnaie. Une monnaie sur laquelle on a aucune emprise, une monnaie téléguidée de l’étranger n’a jamais dans l’histoire assurer le développement économique d’un peuple, encore moins d’un continent. Que les dirigeants politiques Français, y prennent garde.
Car ce sera la source du prochain grand contentieux franco-africain. Avec l’armée française tirant à balles réelles sur des foules africaines et des contingents de rapatriés français fuyant l’Afrique en perdant tous leurs biens devant la colère des peuples trahis par la France officielle. Cette réalité risque de se répéter dans de nombreux pays africains.
Comme nous le montrent si bien les images des évacuations en catastrophe des français d’Abidjan en novembre 2004, la crise ivoirienne deviendra un vrai cas d’école pour tous les pays africains qui étouffent sur l’emprise de l’ogre français.
Devant de telles images nous sommes tous saisi par un profond dégoût vis-à-vis du gaullisme, du chiraquisme, du sarkozysme méprisant et de ses séquelles profondément enracinées dans la coopérations franco-africaine.
Bref, dépoussiérer les accords de coopération avec la France de ses séquelles coloniales et néo-coloniales hérités du gaullisme et du foccartisme pour que naisse enfin, après la mort du général De Gaulle et de son sinistre homme de main Jacques Foccart, une coopération franco- africaine, accoucheuse de la deuxième indépendance de nos pays africains de l’espace francophone.
Un tel changement de cap sera bénéfique à la France et lui donnera plus de poids et de crédibilité dans les relations internationales, nous permettant de dire qu’elle a humanisé le foccartisme, c'est-à-dire la barbouzerie. En tournant le dos à la combine aux réseaux mafieux et affairistes pour que nous soyons tout simplement libre chez nous comme le résume si bien cette vieille chanson paysanne des montagnes du Venezuela :
<< Se Puede matar el hombre
Pero no mataran la forma
En que se alegraba su alma
Cuando sonaba ser libre >>
Ils peuvent tuer l’homme
Mais il ne peuvent tuer la façon
Dont son âme se réjouit
Lorsqu’elle rêve d’être libre.
: « Ne t’inquiète pas. On s’est occupé de lui. Sa carrière est terminée. » : « Mais comment se fait-il qu’il y ait encore des journalistes pro juges? je croyais que le problème était réglé..» : « Il y a encore un salopard de journaliste pro juges qui a fait un article contre nous dans le point » et la distance) il a cependant fallu attendre la fin du second septennat de François Mitterrand pour découvrir que l’ancien président de la République avait, sciemment et longtemps après la guerre, continué de fréquenter un haut dignitaire de Vichy impliqué dans les basses œuvres les plus sordides de ce Régime.
Dr Serge-Nicolas NZI
Phone. 004179.246.53.53
nzinicolas@yahoo.fr
Chercheur en communication
Directeur du Centre Africain d’Etudes Stratégiques
CP. 66 VEZIA
CH-6943 SUISSE
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