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Hebdomadaire Catholique de Doctrine et d'Information


A qui confier le destin de notre Nation?

 

Il est urgent et impérieux de doter notre pays d'une haute école politique pour former à une meilleur gestion des affaires d'Etat.

 

L'histoire nous enseigne que de nombreux rois ont régné sur le trône du Danxom è avant la période coloniale. Serait-il inutile de rappeler que le pouvoir se transmettait de père en fils suivant un choix minutieux et d'après les prescriptions des oracles ? L'intronisation s'en suivait après de sérieux rites initiatiques et des cérémonies spéciales.

En effet, au cours de la colonisation, l'ordre social a été bouleversé avec pour corollaire le choix des leaders politiques par la puissance colonisatrice qui imposait un homme qui devrait gérer les affaires de l'Etat.

Ainsi, au Bénin, d'éminentes personnalités se sont succédé à la tête de l'Etat (intellectuels, militaires, technocrates) avec des fortunes diverses.

Depuis le 28 fevrier 1990, la Conférence nationale a consacré la démocratie de forme (le multipartisme intégral, la liberté d'expression, de presse, d'association, un exécutif, un parlement, une cour suprême, la cour constitutionnelle, la Céna, la haute cour de justice...)

En outre, dans les pays occidentaux que nous aimons tant et tant copier en Afrique, quand on parle de démocratie, il s'agit de la démocratie de forme et de la démocratie de fond ; chaînon qui manque cruellement à nos démocraties en Afrique et au Bénin, en particulier.

Précisons que la démocratie de fond est celle-là qui a pour souci majeur la résolution des problèmes sociaux et économiques qui se posent avec acuité aux populations. Pour y aboutir, il suffit de s'attaquer à rendre performante l'économie nationale par la productivité, la compétitivité, la satisfaction des besoins fondamentaux de nos laborieux concitoyens béninois et compatriotes africains, voire le calcul sans biais du taux de croissance économique.

Qu'à cela ne tienne, nos parents installés au village travaillent jour et nuit, s'échinent sous le soleil et la pluie pour nourrir les populations citadines à longueur d'année. En dépit de cette débauche d'énergie, de l'abnégation et de nombreux sacrifices, ils sont relégués au rang d'indigents, incapables de subvenir correctement aux besoins de leurs progénitures. Dans le même temps, leurs homologues du Nord (pays occidentaux) détiennent paradoxalement un pouvoir d'achat élevé.

La décentralisation qui aurait pu permettre au monde rural de se prendre en charge, balbutie. Les agronomes qui devraient être présents dans cette partie de l'économie, préfèrent les bureaux climatisés au lieu de jouer leur rôle d'encadreurs et d'entrepreneurs agricoles. Dans les économies occidentales, les paysans s'organisent grâce à la présence de cette couche d'intellectuels dans les champs et les campagnes.

Désormais, compte tenu des enjeux du 21 e siècle, de la mondialisation et des intérêts stratégiques des puissances (USA, Chine, Europe, Japon), il paraît urgent et impérieux que notre pays puisse se doter d'une haute école politique africaine où nos futurs leaders pourraient acquérir les connaissances utiles au management des affaires d'Etat. Il s'agit, par exemple, des cours sur les vraies histoires nationales et africaines, la géopolitique, l'économie monétaire, le panafricanisme, les notions militaires (en vue d'acquérir les fondements de la discipline, du civisme, de la morale et du patriotisme).

Depuis l'indépendance, le Bénin est un pays de tolérance et de paix où cohabitent et se côtoient sans heurts les religions traditionnelles, celles de la Bible et du Coran.

A cet effet, ne serait-il pas indispensable que les personnes qui auront l'honneur d'être choisies pour évoluer dans ce creuset puissent recevoir, au cours des initiations, les connaissances endogènes pouvant leur permettre de discerner les interdits et les richesses contenus dans nos valeurs culturelles ?

Dans le cas d'espèce, de nombreuses personnalités, des étudiants, des fonctionnaires prennent d'assaut, chaque année à partir du 1 er août, l'Institut de développement et d'échanges endogènes (IDEE) à Ouidah pour suivre les cours à l'université de la pertinence. C'est une expérience inspirée par l'im-mense, intrépide et émérite professeur Honorat Aguessy.

Les cours de théologie (Bible, Tora, Evangile, Coran), de philosophie (sagesse béninoise et africaine) et d'indicamétrie doivent respec-tivement amener cette élite à la crainte de Dieu, à mieux appréhender les problèmes contemporains, puis à prendre aisément les décisions qui engagent la Nation et la postérité, à choisir sans risque de se tromper les collaborateurs honnêtes et patriotes qui aideront dans les tâches absorbantes de la vie publique.

In fine, je ne crois pas qu'il serait exagéré de demander à tout prétendant à un mandat électif, la maîtrise d'au moins deux langues nationales (ceci a pour but de renforcer l'unité nationale), puis obligatoire-ment le Swahili, langue d'intégration africaine.

 

Charles Raoul Kassoudao

 

Chercheur à IPA MPAD

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Tag(s) : #Politique Béninoise
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