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  Assemblée nationale:Une majorité de 54 députés pour l’opposition

 

8 avril 2008


La rentrée parlementaire au titre de la première session ordinaire de l’année 2008 n’a pu avoir lieu hier, lundi 07 avril comme initialement annoncée. 29 députés sur les 83 étaient présents dans l’hémicycle. Et par défaut de quorum, le président de l’Assemblée nationale très déçu, a dû reporter la réunion à jeudi conformément au Règlement intérieur de l’institution.

Le nombre de députés favorables aux forces de l’opposition commence par se renforcer à l’Assemblée Nationale. De 48, ce nombre est passé déjà à 54 et certaines sources parlementaires très crédibles expliquent même que cette majorité qui vient de changer de camp, n’a pas encore pris en compte plusieurs députés mécontents du changement. C’est en tout cas la situation qui s’est nettement dessinée hier au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Depuis 08 heures 30 minutes environ hier matin, on chuchotait dans certains bureaux de l’Assemblée nationale qu’un groupe de députés de l’opposition préparait un coup. Mais rien jusqu’au delà de 09 heures quand on a remarqué les déplacements incessants du deuxième questeur, les petites réunions entre certains membres du cabinet, les coups de fils qui se succédaient et les petits attroupements par endroits. C’est alors qu’un député membre du bureau du président Mathurin Nago annonce à certains de ses collègues de la liste Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) que les parlementaires de l’opposition se préparaient pour boycotter la cérémonie solennelle d’ouverture de la session. On précise que ces députés ont déjà même réussi à enrôler des collègues de la mouvance pour atteindre une certaine majorité favorable au report de la séance. Les appels en cascade pour prendre des conseils depuis Cotonou semblent n’avoir pas permis de trouver les bonnes solutions pour renverser la tendance. Et on a dû continuer à multiplier plusieurs autres coups de téléphone sans avoir gain de cause. Au même moment de l’autre côté de Cotonou, les proches du président Mathurin Nago ne cessent d’appeler pour savoir la conduite à tenir. Mais vers 09 heures 45 minutes, on commence par faire le point des présences favorables au pouvoir depuis le bureau de l’honorable Karimou Chabi Sika. La tendance se confirme. Le quorum ne sera pas atteint et plusieurs députés de la mouvance sur qui on pouvait compter semblent être déjà acquis à la cause de l’opposition. Certains d’entre eux qui voulaient s’éviter des débats autour du sujet ont carrément coupé leurs téléphones portables.

Nago se décide néanmoins à faire le constat

Un peu après 09 heures 45 minutes, le cortège du président de l’Assemblée nationale s’annonce, sirène hurlante, de l’autre côté du pont de Porto-Novo. Les éléments de la garde d’honneur qui semblaient s’ennuyer depuis la crise et les autres qui faisaient les 100 pas pour tuer le temps, reprennent leur position dans les rangs. Idem du côté des membres du cabinet qui ont commencé par prendre position pour accueillir le président Mathurin Nago. Ils ont été rejoints quelques secondes plus tard par le Directeur des services législatifs, le Directeur de la questure, quelques chefs de services, l’attaché de presse, la deuxième secrétaire parlementaire, l’honorable Amissétou Affo Djobo et son collègue de la deuxième questure, le député Mama Djibril Débourou. Pendant ce temps où on semblait très embrouiller, on a entendu, le président Mathurin Nago qui présentait un air très déçu, faisait déjà la revue des troupes. On a entendu quelques minutes avant, le député Amissétou Affo Djobo qui demandait à un fonctionnaire parlementaire d’aller chercher le premier secrétaire parlementaire, l’honorable Joachim Dahissiho dans son bureau. Mais, le président Nago avait déjà fini les cérémonies protocolaires et était à leur niveau pour les saluer.

29 députés pour la cérémonie d’ouverture avortée

Le président de l’Assemblée nationale Mathurin Nago n’était pas donc surpris de voir les chaises vides dans l’hémicycle. Après avoir félicité ceux d’entre ses collègues qui ont honoré de leur présence cette cérémonie, le président Mathurin Nago demande cependant à sa deuxième secrétaire parlementaire de faire le point des présences pour mieux y voir claire. Alors qu’il n’y avait que 25 députés dans l’hémicycle, on lui annonce 29. Toutefois, il constate que le quorum n’est pas atteint. Il se réfère à la constitution du 11 décembre 1990 en ses articles 85 et 87 puis au Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale en son article 04. Une lecture conjointe des différentes dispositions, renvoie les députés dans une situation pareille à 72 heures après. La cérémonie d’ouverture dans ces conditions a lieu quelqu’en soit le nombre de députés présents. Il faut préciser qu’entre temps et quelques minutes avant l’arrivée du président Mathurin Nago, le député du Parti du Renouveau Démocratique (Prd), l’honorable Ismaël Tidjani Serpos avait fait irruption dans l’hémicycle, a discuté avec certains de ses collègues assis avant de disparaître. On saura plus tard qu’il était envoyé pour faire le point de la situation pour, dit-on, revoir en cas de nécessité leur stratégie pour réussir le boycott.

Les rebelles en réunion chez Sacca Fikara

Alors que les autres multipliaient les coups de fils et cherchaient des moyens pour les contourner dans leur tentative de perturber la cérémonie d’ouverture de la session, le camp des députés rebelles étaient en concertation dans le bureau du premier questeur. Selon des sources parlementaires souvent crédibles, c’est depuis 07 heures 30 minutes que certains députés étaient dans la salle pour travailler pour le boycott de la cérémonie. Ils ont été rejoints par les autres et à 09 heures déjà, c’était le plein et des équipes ont été éparpillées dans la cour de l’Assemblée nationale pour suivre les agissements de l’autre camp et rendre compte au fur et à mesure pour aider le groupe rebelle à mieux contrôler la situation. Entre groupes politiques absents à la cérémonie d’ouverture d’hier, on peut citer les députés du Prd, ceux du Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (Madep), leurs collègues de la Renaissance du Bénin (Rb), les éléments du groupe qu’on appelle désormais le G 5 que composent les quatre députés de la liste Force Clé et le parlementaire Valentin Aditi Houdé, ceux du G13 sans compter l’honorable Vénance Gnigla et quelques députés de la Fcbe y compris certains du groupe parlementaire Consensus national. C’est en réalité 57 députés très mécontents de la manière dont la victoire de mars 2006 se gère jusque là. Il faut préciser qu’aucun député du groupe des cinq n’était à Porto-Novo hier. Ils semblaient avoir été déjà informés du mot d’ordre de boycott et ont dû mettre leur temps à profit pour autre chose.

Quatre concertations Fcbe après le report

Après le départ en catastrophe du président Mathurin Nago de Porto-Novo, ses collègues Fcbe se sont rapidement retrouvés de la salle de réunion de l’annexe de l’Assemblée nationale pour faire le point. Rien n’a filtré de la concertation qui a duré au moins 45 minutes. Aussitôt après, un autre groupe s’est retrouvé dans le bureau de la deuxième secrétaire parlementaire. Entre temps, un débat très chaud s’est engagé entre la deuxième secrétaire et le premier vice président de l’Assemblée nationale, l’honorable André Dassoundo qui avait aussi opté pour le boycott de la cérémonie. Le ton a vraiment monté et le second qui a semblé prendre son mal en patience, est allé calmement s’enfermer dans son bureau. D’autres rencontres isolées se sont tenues entre des députés de la mouvance présidentielle jusqu’au-delà de 15 heures. Après le renvoie de la séance à jeudi prochain, les députés Fcbe présents ont exprimé leur amertume au sujet de la situation. Dans la colère, certains n’ont pas hésité à montrer que ce sont les intérêts qui divisent la classe politique nationale. Pour le député Amissétou Affo Djobo, c’est parce que son collègue Joachim Dahissiho a été séquestré par les rebelles qu’il n’a pas pu prendre part à l’accueil du président Nago. Pour le moment, le bureau de l’Assemblée nationale est réduit à trois membres favorables au président Yayi Boni.

Jean-Christophe Houngbo (Br. Ouémé/Plateau)


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Tag(s) : #Politique Béninoise
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