Pénurie de maïs subventionné à Porto-Novo :Les populations crient leur ras-le- bol
16 mai 2008
Les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la cherté de la vie couvrent toute l’étendue du territoire national. Mais force est de constater qu’à Porto-Novo, les populations ont du mal à s’approvisionner en maïs subventionné. Les bonnes dames rencontrées sur place se plaignent et appellent de tous leurs vœux « le maïs de Yayi Boni ».
« Tout est cher sur le marché. Nous ne savons plus que faire. On nous a bien dit qu’il existait du maïs moins cher. Mais jusque là, je n’ai pas vu un seul grain de ce maïs » se lamente dame Fatima. C’est également l’avis de Mme Dossou rencontrée à Kandévié : « J’ai appris que les gens ont amené du maïs à Catchi sur le stand où se vendait le riz subventionné. Mais là-bas, il n’y a personne ». Le constat à Catchi, l’un des plus grands carrefours de la capitale, est saisissant. Le stand de vente de riz de 13.500 Fcfa le sac de 50kg est simplement inexistant. En lieu et place du stand,on ne trouve que des conducteurs de taxi-motos communément appelés « zémidjans ». Dame Bossi, vendeuse de pain sur la place Catchi nous renseigne : « le riz est fini depuis et les vendeurs sont partis ». Lorsqu’on l’interroge à propos du maïs, la réponse ne se fait pas attendre : « je n’ai jamais vu de maïs ici. A Porto-Novo, ici à Catchi, il n’y a pas eu vente de maïs. Dites à Boni Yayi que nous avons aussi besoin de maïs ici à Porto-Novo ». D’autres dames rencontrées informent que la pénurie de maïs est généralisée sur les autres stands de vente. Mme Jeanne B. qui travaille dans l’agriculture, quant à elle, affirme qu’une liste a circulé dans son service. Il s’agissait de s’inscrire afin de bénéficier du maïs subventionné. Elle déclare attendre impatiemment pour recevoir sa part de maïs. En dehors de ce cas isolé, les femmes rencontrées, pour la plupart vendeuses dans le secteur informel, lancent un Sos en direction du chef de l’Etat afin que Porto-Novo soit approvisionné en maïs. Car, affirment-elles, le maïs est hors de prix au marché, et cette denrée constitue la base de l’alimentation à Porto-Novo. Rappelons qu’en sa séance extraordinaire du samedi 12 avril dernier, le conseil des ministres a décidé de mettre 235 millions de Fcfa à disposition de l’Office national de la sécurité alimentaire (Onasa) en vue de la constitution d’un stock tampon de 1000 tonnes de maïs. Cette céréale est collectée puis distribuée aux populations au tarif préférentiel de 165 F le kilogramme.
Carmen Fifamè Toudonou (Coll)
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